19/02/2020

Des mini-drones pour la Suisse !

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Armasuisse vient de choisir le fournisseur des futurs mini-drones destinés aux Forces terrestres suisses dans le cadre du programme MUAS (Mini-UAV). Le gagnant est le groupe français Parrot. L’occasion dans cet article de revenir sur les trois programmes de drones actuels qui vont progressivement venir équiper l’armée suisse.

Mini-drones pour l’infanterie :

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Dans le cadre des Forces terrestres, l’infanterie devait renforcer sa capacité de détection à courte distance, SRR (Short Range Reconnaissance) notamment dans le cadre de combat de localité. Pour ce faire, celle-ci avait besoin d’un mini-drone capable d’appuyer de manière très rapide une unité en déplacement dans des ruelles et des maisons.

Armasuisse a lancé en 2019 un programme d’essais des différents mini-drones disponibles sur le marché. C’est le français Parrot qui emporte le contrat. Le type, les capacités et la quantité de micro-drones commandés n’ont pas été précisés pour l’instant. Par ailleurs, la filiale du groupe français senseFly, dont le siège est situé près de Lausanne, sera chargée de l’accompagnement opérationnel en Suisse. 

Drone portable de moyenne reconnaissance :

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Toujours dans le cadre des Forces terrestres, en février 2019, c’est le drone israélien Orbiter 2B qui a été choisi. Ce système renseignera directement l’infanterie et les unités blindées à proximité directe des zones de combat.

L’Orbiter 2B d’Aeronautics Defense Systems (ADS) dispose d'un mode de navigation indépendant qui, permet à un opérateur d'effectuer une mission même si le GPS est bloqué ou s'il y a une perte de liaison avec sa suite de communications cryptée. Un système d'alerte automatique peut également envoyer des alertes concernant tout écart par rapport aux objectifs prévus d'une mission dans des conditions normales. L’Orbiter 2B dispose d’une autonomie de fonctionnement de 4 heures, il peut transporter une charge utile de 1,5 kg et pour un rayon d’action de 100 km. Il emporte un capteur électro-optique / infrarouge avec un pointeur laser. Il dispose du logiciel MOAV qui est conçu pour servir une gamme de plates-formes UAV compatible avec les interfaces OTAN, telles que le STANAG 4609. Le système numérique est équipé d'une liaison de données. Le déploiement se fait en 7 minutes.

L’Orbiter 2B, peut notamment, être activé depuis un véhicule en mouvement, permettant ainsi un suivi continu de la cible en mouvement, l’appareil permet des sauts de fréquence pour augmenter le cryptage. L’Orbiter 2B a la capacité unique de naviguer indépendamment, ce qui permet d’achever la mission même si le GPS est bloqué ou en absence de communication. La liaison de données numériques de l'Orbiteur 2B est ajustée pour prendre en charge les bandes C et S avec une communication en duplex intégral, permettant des capacités de renseignement uniques et un traitement de l'information de haut niveau.

Facile à utiliser, il est lancé à partir d'une catapulte et atterrit à l'aide d'un parachute et d'un airbag. Opérationnel même dans les conditions météorologiques les plus difficiles, il est stabilisé par gyroscope avec une charge utile à trois capteurs et à zoom. Offrant un traitement d'image avancé, une navigation précise et une capacité d'atterrissage précise, il est facilement contrôlé à partir d'un GCS personnel.

Drone MALE pour les Forces aériennes :

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Présenté en grande première le 9 décembre dernier à Emmen, le premier drone de nouvelle génération de l’israélien Elbit Systems Hermes 900 HFE « StarLiner » (ADS15) débute sa carrière dans notre pays.

L’Hermes 900 HFE (Heavy Fuel Engine) « StarLiner »

L’Hermes 900 a été conçu comme un dérivé de la famille Hermès d’Elbit Systems, il a effectué son premier vol en décembre 2009. Il est un dérivé de la famille « Hermes » 450.  Le « 900 » hérite de blocs de construction fiable, de l'équipement de soutien au sol, des charges utiles et des contrôles de mission au sol, tout en élargissant l'enveloppe de vol et de l'endurance à des niveaux supérieurs. Le décollage et l’atterrissage sont entièrement automatiques. L'UAS a été spécialement conçu pour le renseignement, la surveillance, l'acquisition et la reconnaissance d'objectifs (ISTAR), la sécurité intérieure, la patrouille maritime, la sécurité aux frontières et les enquêtes post-catastrophe.
L’Hermes 900 « StarLiner » choisi par notre pays est également connu sous le nom de Hermes 900 (HFE) utilisant du carburant lourd (Diesel).  Il s’agit de la plus grande variante de la gamme « 900 » du système d'avion sans pilote (MALE) moyenne altitude et longue endurance développée par Elbit Systems.


Système anti-collision : 

L'Hermes 900 « StarLiner » est conforme à l'exigence 4671 de l'Accord de normalisation de l'OTAN (STANAG) d'opérer dans l'espace aérien civil aux côtés des aéronefs pilotés. Il a effectué une série de vols certifiés par l'autorité israélienne de l'aviation civile au cours de la période 2017-2018 et a été déployé en juillet 2018. Il est le premier drone doté d’un système unique au monde de type anticollision « Sens & Avoid ».  Le drone doit en effet pouvoir être engagé dans tous les espaces aériens sans être escorté par un aéronef avec pilote. Si certains systèmes existent déjà en termes de protection d’abordage, ce nouveau système permet une totale identification des éventuelles menaces volantes. Le nouveau système qui équipe le drone Hermes 900 « StarLiner » permet grâce à des capteurs radars et électro-optique de repérer à 360° tous les aéronefs en rapprochement. 

Hermes 900 « StarLiner » design et caractéristiques :

L'avion sans pilote Hermes 900 « StarLiner » a une envergure de 17 mètres et une masse maximale au décollage de 1’600 kg. La capacité de décollage et d'atterrissage automatiques (ATOL) de l'avion lui permet de décoller et d'atterrir dans des environnements de visibilité proche de zéro. Un système de dégivrage actif est installé pour éliminer la glace sur les surfaces afin d'assurer un fonctionnement sûr dans des conditions de givrage.
Le drone a une capacité d'éclairage directe et indirecte de cible et peut effectuer des missions, selon les règles de vol aux instruments (IFR) dans toutes les conditions météorologiques.
Le drone Hermes 900 « StarLiner » peut transporter une gamme de charges utiles multi-capteurs pesant jusqu'à 450 kg pour de multiples applications. Il est compatible avec les charges utiles électro-optiques multispectrales (EO) telles que SPECTRO XR, Wescam MX15/20, la vidéosurveillance aéroportée persistante à grande échelle SkEye (WAPS), le système d'imagerie aéroportée MIST-G et le marqueur laser.

Le système SPECTRO XR (ISTAR) est installé sous le cône de nez pour fournir des capacités de surveillance, de contrôle des tirs et de ciblage. Le SkEye WAPS monté sur le ventre est utilisé à des fins de collecte de renseignements, d'observation et de surveillance.

Les capteurs d'imagerie embarqués capturent des images / vidéos en temps réel et assurent une surveillance persistante sur une large zone de jour comme de nuit.

Il dispose d’un plafond pratique de 30’000 pieds et offre une autonomie de vol allant jusqu'à 36 heures.
Le véhicule aérien Hermes 900 « StarLiner » est équipé d'un système d'avertissement et d'évitement de terrain (TAWS) pour la prédiction et l'évitement des obstacles. Un système coopératif et non coopératif de détection et d'évitement (D&A) avec des capteurs radar air-air est installé pour détecter les aéronefs coopératifs et non coopératifs.

Une liaison de données redondante avec une large bande passante est installée sur le cône avant de l’avion pour fournir des communications en visibilité directe (LOS) et au-delà des communications en visibilité directe (BLOS).

Il peut être doté d'un radar à synthèse d'ouverture (SAR), d'un radar à indicateur de déplacement du sol (GMTI) et d'un radar de patrouille maritime pour détecter, localiser et acquérir des cibles. Il peut également transporter des charges utiles de guerre électronique pour fournir une capacité d'attaque électronique aéroportée.

Et bientôt des véhicules autonomes :

L’équipement avec des capteurs volants est en plein développement au sein de l’armée et ce n’est pas terminé. Des essais chez armasuisse concernant des véhicules à roues ou avec chenilles destinés à la reconnaissance et à l’appuis logistique (transport autonome) sont à l’ordre du jour. Ceux-ci feront l’objet d’une acquisition prochaine.

Photos 1 & 2 mini-drone Parrot @ Parrot 3 Orbiter 2B @ ADS 4 Hermes 900 HFE @ P.Kümmerling

 

Commentaires

Belle récompense pour Parrot , qui dans son domaine fait preuve d'une belle détermination face à la concurrence chinoise notamment . Malheureusement , on n'est pas toujours prophète en son pays...

Écrit par : philbeau | 19/02/2020

@Philbeau: Vous avez raison, Parrot semble se profiler sur cette gamme de drones avec la Suisse et l'armée américaine, de belles références pour la suite.

Écrit par : Pk | 19/02/2020

Que de chemin parcouru en ce qui concerne l'équipement de notre infanterie ! Quand je pense ce qu'on avait au début des années 1990, il y a moins de 30 ans... ^^

Écrit par : Jo-ailes | 19/02/2020

Jo-ailes
Je peux vous garantir que si cette annonce est la bienvenue, de même que celle concernant le nouvel équipement du fantassin, l'infanterie ressemble aujourd'hui furieusement à celle de 1990, mis à part quelques changements mineurs.
Même les nouveaux véhicules ne sont finalement pas si nouveau, étant donné qu'ils sont pratiquement dénués de moyens modernes, comme souligné dans les articles et commentaires du site OPEX360.
Quand on voit que la France arrive à s'offrir un blindé de 25 tonnes, bardé d'électronique pour 1 million d'euro, et que nous, pour 1.7 millions de francs, on a un GMTF de 14 tonnes, avec seulement une mitrailleuse téléopérée et une radio plus vieille que moi, il y a de quoi se poser la question de la pertinence de notre industrie d'armement nationale...

Écrit par : jp_perfect | 19/02/2020

@jp_perfect: Une chose après l'autre, l'arrivée de drones, des nouveaux moyens anti-chars polyvalent sotn en cours. Les radios dont vous parlez soit les Thomson PRG4 (Thales) dates des années 90 (les même qu'en France) et le remplaçant est déjà choisi soit les Elbits Systems Lynx. Les véhicules seront TOUS remplacer progressivement avec le programme de modernisation des Forces ces Terrestres.
La France remplace d enombreux véhicule dont le VAB vieux de plus de 50 ans, chaque armée doit faire des choix et l'argent est le nerf de la guerre. Souvent les modernisations attendent, on peut remercier nos politiques de traîner les pieds !

Écrit par : Marco | 19/02/2020

Mauvais timing pour cet achat, il y a des socialistes qui vont dire qu'on peut acheter des mini-drones au lieu des nouveaux avions de combat... OK je sors :-)

Écrit par : Norbert | 20/02/2020

30 ans de vie pour un système radio, c'est bien trop long. Elles ne sont pas devenues obsolètes l'année dernière, mais il y a 10 ans. Des systèmes pareils devraient être remplacés tous les 5, maximum 10 au, au vu de la rapidité de l'évolution technologique. Quand aux autres acquisitions que vous évoquez, elles ne suffisent pas à compenser une situation globale qui est largement mauvaise.
Les véhicules terrestres ne seront pas tous remplacés, non. Le GMTF dont je parle restera pour encore des années comme cela. Il serait d'ailleurs étrange que des véhicules achetés par le biais de programmes d'armement 2008, 2011 et 2013 soient déjà remplacés... Ce seront les piranhas qui seront modernisés, et ils le méritent effectivement.
Malgré tout, si la modernisation aboutit à des véhicules aussi dénués d'équipement que les GMTF ou les nouveau Eagle (qui n'auront eux aussi rien sinon une mitrailleuse téléopérée et une boule optronique, ce qui est à nouveau léger comparé à ce qui se fait à l'étranger, et notamment en France), alors ce sera vraiment du gaspillage.
En outre, on a appris hier que sur le budget 2019, 300 millions de francs destinés à l'armée n'avaient pas été dépensés... Alors que le parc immobilier de l'armée aurait besoin de 250 millions de francs supplémentaires par année pour enrayer sa dégradation (dixit le rapport du Contrôle fédéral des finances) et que les matériels obsolètes ne manquent pas.
On ne peut décemment pas être satisfait de la situation actuelle, ni des solutions qui sont proposées. Et ce ne sont malheureusement pas quelques jolies annonces qui inverseront la chose.

Écrit par : jp_perfect | 20/02/2020

@ jp_perfect : "Je peux vous garantir que si cette annonce est la bienvenue, de même que celle concernant le nouvel équipement du fantassin, l'infanterie ressemble aujourd'hui furieusement à celle de 1990, mis à part quelques changements mineurs."
J'ai déjà connu des améliorations durant mes cours de répèt, ne serait-ce que la tenue 90, le Fass 90 et les Panzerfaust. ;o) Il faut bien se dire qu'en 1992, la direction des combats sur le terrain se faisait encore par sifflet et petits drapeaux de couleurs, on en est loin Dieu merci... ^^


"Quand on voit que la France arrive à s'offrir un blindé de 25 tonnes, bardé d'électronique pour 1 million d'euro..."
La technologie c'est bien, mais il faut qu'elle soit adaptée. Je me souviens d'une anecdote de l'exercice "Léman 99" (une coopération militaire franco-suisse d'aide en cas de catastrophe), durant lequel la communication avait été mise à rude épreuve. Du côté suisse, d'anciennes radios, mais compatibles entre militaires et civils. Par contre, les français avaient beaucoup plus de problèmes, dus justement à des équipements trop disparates entre l'Armée, les pompiers et les civils : je me souviens d'un responsable qui était dans l'impossibilité de communiquer par radio avec un équipage d'un magnifique véhicule ultramoderne du genre VAB NRBC (sur lequel on bavait d'envie!). Les messages se sont fait par textes écrits sur papier lus à travers les vitres et ... oralement en ouvrant une des ouverture de l'engin.^^

Écrit par : Jo-ailes | 20/02/2020

@jp_perfect : Oups, ma réponse ci-dessus concerne le message du 19/2/2020...
Je vous rejoins dans ces problèmes de mise à jour et modernisation du matériel. Et les 300 millions de perdus, il y avait en effet beaucoup de chose à faire, que ce soit des achats ou de l'entretien de matériel et du parc immobilier.

Écrit par : Jo-ailes | 20/02/2020

@JP,
Il y a des choix à faire, acheter étranger et perdre les compétences dans la construction de blindé, risquer de perdre des contrats à l'export, et donc perdre des emplois.
Ou alors, accepter nos hauts salaires et acheter des véhicules plus chers...
La Suisse a relativement peu d'indépendance en matière de fournitures d'armement. Si au moins on peut garder les compétences des armes à feu et des blindés, c'est un bon point de départ.

Écrit par : Fab | 21/02/2020

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