18/02/2020

Plus de Pilatus PC-21 pour l’armée de l’Air !

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Le Pilatus PC-21 a séduit l’armée de l’armée de l’Air française, arrivé en service en août 2018, l’avion école polyvalent de nouvelle génération ne cesse de recevoir les éloges de ses utilisateurs français. Avec la mise en service du PC-21 au sein de l’armée de l’Air dans le cadre du programme FOMEDEC, celui-ci a permis de fusionner les phases de formation du TB-30 Epsilon avec l’Alphajet.

Nouvelle phase en vue :

Le Pilatus PC-21 est conçu pour aller plus loin. Le général Philippe Lavigne, le chef d’état-major de l’armée de l’Air l’a bien compris. Ce dernier travaille sur la mise en place du projet « MENTOR ». Ce dernier doit permettre de supprimer définitivement la phase 4, c’est à dire la transition opérationnelle des jeunes pilotes qui se fait actuellement avec des Alphajet, à Cazaux, et la remplacer par une phase complémentaire à Cognac. Ce qui supposerait la mise en oeuvre de 8 PC-21 supplémentaires et l’acquisition d’un autre simulateur complet. Cette vision rejoint complètement ce qui se fait déjà en Suisse, depuis 2008, avec une transition direct sur avion de combat de type F/A-18 « Hornet ».

Demande de marché :

De son côté, la Direction générale de l’armement (DGA) a publié un avis de marché pour des prestations de mise à disposition et de soutien d’aéronefs PC 21, de leurs matériels d’environnement, travaux d’infrastructure et prestations associés, pour la formation des pilotes de chasse en phase de transition opérationnelle. « Dans le cadre de la refonte de la formation des pilotes de chasse de l’armée de l’Air, le présent marché contribuera à la phase de transition opérationnelle phase 4 de la formation, actuellement sur Alphajet. Le titulaire mettra à disposition au titre du présent marché : avions PC-21, leurs systèmes d’environnement [systèmes de préparation et de restitution de mission] et certains matériels spécifiques. Il mettra en oeuvre l’ensemble de ces moyens », précise l’avis de la DGA.

8 à 10 PC-21 supplémentaires :

Il n’est pas encore précisé combien de Pilatus PC-21 devront être acquis pour venir compléter la flotte actuelle de 17 appareils. Actuellement on parle uniquement en heures de vol, soit une activité annuelle de 5’000 heures de vol et que la flotte des appareils concernés devra être « dimensionnée en conséquence ». Le marché prévoit par ailleurs un volume maximal de 3’000 heures de vol supplémentaires. Pour l’instant, les estimations concerneraient 8 à 10 PC-21 additionnels.

Le Pilatus PC-21 sera donc configuré grâce à un système de simulation interne unique au monde en configuration Rafale. Ce système permet notamment de simuler le comportement d’un réacteur d’avion de combat et de simuler l’ensemble des armements de bord spécifique actuels et avenir du Rafale. Bien que plus lent, le PC-21 offre une grande maniabilité avec des accélération de l’ordre de -4G/+8G.

pc-21-cockpit.jpg

Rappel :

La France cherchait un remplaçant à son avion école Dassault Alphajet, une demande de pré-sollicitation initiale a été publiée en avril 2015 par la DGA. Elle a été suivie d'une demande de propositions (DP) en septembre de la même année. Sous le nom de FOMEDEC (Formation modernisée et entraînement différencié des équipages de chasse) le programme poursuit deux objectifs : Remplacer le système actuel (avions et moyens sol) de formation (phase basique) des équipages des avions de chasse (pilotes et navigateurs officiers systèmes d’armes) à Tours et Cognac. Et de permettre une activité aérienne sur avion de formation en complément d’une activité sur avion d’arme pour les pilotes du « second cercle » qui ont vocation à renforcer et à soutenir les unités opérationnelles quand elles sont engagées. Le programme porte sur l’acquisition d’une flotte d’avions, de moyens de simulation au sol et des infrastructures associées. Une prestation de soutien est également prévue. Il s’agit de former une cinquantaine de personnels navigants par an et d’entraîner une cinquantaine de pilotes de chasse expérimentés. Le volume horaire annuel prévu est de l’ordre de 11’000 à 13’500 heures de vol.

Le contrat signé a été signé le 30 décembre 2016 par l'armée de l'air française avec Babcock Mission Critical Services France (BMCSF) et Pilatus. Le contrat comprend la location des PC-21 par la société Babcock Mission Critical Services France ainsi que du matériel connexe de formation, l’avionneur suisse assurera la logistique.

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Photos : 1 PC-21 aux couleurs de l’armée de l’Air 2 Cockpit @ Pilatus 3 PC-21 à Cognac@ armée de l’Air

 

Commentaires

@François-01: Navré pour votre post, mais il aurait fait doublon avec l'article en préparation. bien à vous.

Écrit par : Pk | 18/02/2020

Bonjour,
Pilatus pour le matériel, groupe Suisse je veux bien, mais Babcock, groupe Anglais ?

Du coup Babcock et Pilatus ont accès à tous les 'secrets' du Rafale pour pouvoir le simuler ? Et les ingénieurs de Babcock déjeunent avec ceux chargés du projet Tempest.

Babcock fournit juste le matériel ou bien aussi les formateurs ?
Dans ce cas ce n'est pas une perte de compétences ?

Écrit par : bpapon60 | 18/02/2020

cet avion est splendide dans cette livrée bleu .
Quel succès que ce pilatus.
Bravo

Écrit par : Romain | 18/02/2020

@bpapon : intéressante remarque , même si le Tempest ne concurrence pas directement le Rafale ; l'environnement Dassault peut être intéressant à connaître .

Écrit par : philbeau | 18/02/2020

Merci PK pour l'information !

Si (je dis bien "Si"...) la Suisse devait acheter des Rafale, est-ce qu'il serait envisageable de modifier la configuration ou certains équipements installés sur nos PC-21 pour qu'ils soient, comme ceux de cet article, plus proches de l'avion français ?

Écrit par : Jo-ailes | 18/02/2020

@pbapon60
Babcock ne fournit pas les formateurs.
C'est une filiale française de Babcock qui est propriétaire des PC-21.

Ce dernier n'imite pas précisément le comportement du Rafale.
Il peut gommer partiellement l'effet de l'hélice pour se rapprocher du comportement d'un avion à réaction.
C'est surtout au niveau de son instrumentation que le PC-21 peux imiter l'avionique du Rafale. Mais que partiellement. Il n'y a aucun secret de trahis.

Pour info l'US Air Force et la Navy externalisent complètement leur formation à des entreprises privées et il n'y a aucune perte de compétence. D'ailleurs la quasi totalité des formateurs privés sont d'ancien pilotes de chasse.

Écrit par : François-01 | 18/02/2020

@bpapon60 : "Babcock, groupe Anglais ? Du coup Babcock et Pilatus ont accès à tous les 'secrets' du Rafale pour pouvoir le simuler ? Et les ingénieurs de Babcock déjeunent avec ceux chargés du projet Tempest."

Non ce n'est pas si simple. Les contrats liés à l'armement sont régis par des règles de confidentialité strictes qui engagent la société ET ses intervenants. Pour travailler avec l'armée, il faut être "habilité". Le niveau d'habilitation dépens de la sensibilité de l'information et/ou de l'environnement dans lequel vous travaillez.

Ce faisant, si vous divulguez des informations classifiées au détour d'un repas à la cantine. Vous risquez, à titre personnel, de sérieux ennuis avec la justice. Dans le même temps, votre société peut perdre le marché et, de ce fait, se trouver discréditée aux yeux de tout client existant ou à venir.

Dans l'absolu, le domaine de vol du Rafale ne sont pas un "secret" puisqu'ils sont indiqués à tout prospect et connus par tous les clients.

Écrit par : FredericA | 18/02/2020

@JO-ailes

Les PC-21 des suisses et des français sont les mêmes.
Cet avion est doté à l'origine d'une avionique reconfigurable, qui peut imiter plus ou moins divers types d'avions de chasse.

Écrit par : François-01 | 18/02/2020

@bpapon: Pour confirmer ce qu'explique très justement FredericA, je vous précise que bien que Babcock est aussi un groupe d'investisseurs internationaux et qui jouent dans beaucoup de cours critiques intéressant la défense de nombreux pays. Il sn'auraient pas intérét à se tirer une balle dans le pied , en terme de confidentialité.
En outre, en suisse vous avez la REGA qui tourne depuis des lustres et qui fait un beau boulot, et Babcock s'est intéressé aussi à ce marché des EVASAN depuis les hélistations de nos hôpitaux. Et avec le bordel ambiant qui régne en France en ce moment en matière de transports de malades et d'urgence … je peux vous dire que c'est une activité qu'ils ne sont pas prêts de lacher.en +.

Écrit par : lotser68 | 19/02/2020

@François-01 : "Les PC-21 des suisses et des français sont les mêmes."
Presque, oui. Bientôt ce seront vraiment les mêmes.

http://psk.blog.24heures.ch/archive/2020/02/20/modernisation-des-pc-21-florako%C2%A0-868666.html

Écrit par : Jo-ailes | 21/02/2020

@Jo-ailes
Certes il y a des différences dues aux mises à niveaux.
Et je suppose que chaque client demande tel ou tel équipement spécifique.

Mais mon propos était d'expliquer qu'il n'y a pas un PC-21 pour imiter le comportement du F-18, au autre pour imiter le Rafale, et au autre pour imiter le F-35. Ce sont tous fondamentalement les même appareils qui, à la base, on une avionique reconfigurable, pour imiter différents types d'appareils.

Écrit par : François-01 | 21/02/2020

@François 01
De ce que j'ai lu, c'est bien cela. Le PC-21 n'a qu'une seule configuration (bien qu'il ait évolué depuis le premier modèle comme l'indique l'article sur la mise-à-jour des PC-21 suisses).
Et grâce aux écrans larges, le PC-21 peut imiter tel ou tel appareil. Cela signifie qu'il peut afficher les mêmes informations, le design peut être le même.
Quant au système de simulateur de combat, il doit probablement être adaptable aux divers appareils, et à leurs instruments. Ainsi, il est possible qu'une forme de fusion des données simulée puisse apparaître, et que certaines simulations de combat ne se font que sous IRST, etc... Ou encore que le système SPECTRA des Rafale français soit simulé.

Le mot simulation est important ici.
Les PC-21 n'ont pas les équipements pour repérer des appareils. Par contre, avec le système de simulation, la position relative des appareils est connue, et peut donc simuler une situation réelle.
Cela signifie que si un appareil allume son radar simulé, il verra la position de l'autre appareil ou non en fonction de la furtivité de celui-ci. Par contre il indiquera à l'autre appareil sa position grâce au radar passif simulé. Si un missile équipé de radar (simulé) se verrouille sur un adversaire, l'adversaire obtiendra l'information.
Et en gros, le PC-21 est configurable pour simuler le comportement en avionique des appareils divers et prend en compte les diverses compétences.
Potentiellement, les PC-21 australiens sont peut-être configurés de manière à avoir un semblant de quadruo de F-35 travaillant en réseau.
D'où aussi le fait que le PC-21 est utilisé seul pour transitionner au F-35, il est configuré pour simuler cet appareil, alors que pour les F-18, une autre transition existe pour les élèves pilotes avec le Hawk.

Écrit par : Fab | 21/02/2020

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