05/02/2020

La RAF réceptionne son premier MRA1 « Poseidon » !

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Le premier des neuf Boeing P-8A « Poseidon » (MRA1 dénomination pour la RAF) multimissions de patrouille maritimes (MMA) de la Royal Air Force (RAF) est arrivé au Royaume-Uni le 4 janvier.

L'avion n° ZP801 est arrivée sur les installations de base Navale de Kinloss en Écosse depuis la Naval Air Station (NAS) de Jacksonville en Floride, où il était utilisé pour la formation des équipages depuis sa livraison officielle au ministère britannique de la Défense (MoD) en juillet 2019.

L'appareil, nommé « Pride of Moray », sera transféré sur la base de la RAF à Lossiemouth lorsque la construction de nouvelles installations sera terminée plus tard dans l'année. Les opérations des neuf appareils devraient commencer à cet endroit au début du quatrième trimestre 2020. Les « Poseidon » britanniques seront regroupés au sein du 120ème Escadron.

La livraison du premier Poseidon MRA1 marque une étape importante dans la reconstitution de la capacité de patrouille maritime aéroportée du Royaume-Uni qui a été interrompue en 2010 avec le retrait du BAE Systems Nimrod MR2 et l'annulation de son remplacement Nimrod MRA4.

 Le P-8A « Poseidon » :

Le P-8A « Poseidon » est un avion de longue portée de lutte anti-sous-marine (ASM) et antisurface (LAN), renseignement, surveillance et reconnaissance (RSR). Le P-8A est capable de longues patrouilles proche et loin des côtes.

Le P-8A « Poseidon » est conçu pour assurer l'avenir de la Marine à long rayon d'action dans les missions de patrouille maritime. Le P-8A offre une plus grande capacité de combat et demandera moins d'infrastructure tout en se concentrant sur la réactivité et l'interopérabilité avec les forces traditionnelles. L’avion pourra échanger ses informations avec l’ensemble des bâtiments de surface, sous-marins, avions et drones en service.

Pour Boeing, le choix de base d’une cellule de B737 NG permet une réduction des coûts importante, le constructeur estime cette base permettra de décliner d’autres versions du P-8A afin de remplacer plusieurs appareils actuellement en services et destinés à des opérations spéciales. Pour Boeing, il sera possible par exemple de remplacer les B707 et autres C-130 spécialisés dans les domaines de l’écoute électronique, commandement volant, guerre psychologique (PsyOps), brouillage. Cet avion équipé des liaisons 11 et 16 et de systèmes internet, il doit agir dans un concept de guerre en réseau en collaboration les autre aéronefs et bâtiments de surface.

Boeing a dû faire plus de 50 modifications coûtant un milliard de dollars pour adapter simplement la cellule de base du B737 pour satisfaire aux exigences de certification plus exigeante de la marine américaine. Le coût du développement est estimé à 5,5 milliards de dollars américain, tandis que le coût total (développement + appareils) est lui estimé à 20 milliards de dollars.

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Intégration du LRASM :

De son côté, l’US Navy avance avec l'intégration du missile antinavire à longue portée Lockheed Martin AGM-158C (LRASM) sur le Boeing P-8A « Poseidon ».

Dans un avis de pré-sollicitation publié le 28 janvier, le bureau du programme des avions de patrouille et de reconnaissance maritimes du Naval Air Systems Command (NAVAIR) (PMA-290) a déclaré qu'il demandait des informations à l'industrie pour "déterminer les entrepreneurs potentiels qui ont les compétences, l'expérience, les qualifications et les connaissances requises pour effectuer l'intégration aéromécanique et logicielle du missile LRASM sur le P-8A.

Le LRASM (Long Range Anti-Ship Missile) est un missile antinavire à guidage de précision et à longue portée tirant parti du succès de JASSM-ER et est conçu pour répondre aux besoins des combattants de la marine et de l’armée de l’air américaine. Armé d'une tête pénétrante à fragmentation et d'explosion, LRASM utilise un routage et un guidage de précision, de jour comme de nuit, quelles que soient les conditions météorologiques. Le missile utilise une suite de capteurs multimodaux, une liaison de données d’armes et un système de positionnement global antiblocage numérique amélioré pour détecter et détruire des cibles spécifiques au sein d’un groupe de nombreux navires en mer. 

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La technologie LRASM réduira la dépendance aux plates-formes ISR, aux liaisons réseau et à la navigation GPS dans des environnements de guerre électronique agressifs. Cette opération de guidage avancée signifie que l'arme peut utiliser des données de repère de cible brutes pour trouver et détruire sa cible prédéfinie dans des environnements refusés. La précision de la létalité sur les cibles de surface et au sol fait en sorte que le système deviendra un ajout important à l'arsenal du combattant de la marine américaine. LRASM offre une portée, une capacité de survie et une létalité qu'aucun autre système actuel ne fournit.

Le missile peut être armé d'une ogive à fragmentation d'explosion pénétrante de 454,5 kg (1 000 lb). Le LRASM est furtif et aurait une portée supérieure à 500 nm, basée sur la portée non classifiée du missile air-sol à distance interarmées - portée étendue. La capacité à longue portée du LRASM permet au B-1B de tirer sur des cibles extérieures à la portée des armes à tir direct.

Le missile a été intégré à bord du bombardier Boeing B-1B de l’US Air Force. Le LRASM devrait atteindre la capacité opérationnelle précoce de la flotte de F/A-18E/F « Super Hornet » de la US Navy en 2019. 

 

Photos : 1 MRA1 Poseidon de la RAF@ Boeing 2 Soute du Poseidon  USN 3 le LRASM @ LM

 

Commentaires

Bonjour,
Les Poseidon ne sont-ils pas basés à Lossiemouth? La RAF Kinloss, toute proche, est fermée depuis quelques années.
Bonne soirée

Écrit par : David Bourgeois | 05/02/2020

Il serait intéressant de disposer d'une évaluation précise des capacités comparatives entre le Poseidon et un appareil typé PatMar comme l'Atlantique 2 ou le Lockheed Orion. Le premier se rapproche davantage des avions d'écoute électronique , quand le second représente le type même de ce que les marins appellent un "croiseur volant" . Sans rentrer dans le détail des senseurs disponibles , je ne suis pas persuadé que , à part sur la vitesse de transit liée à une cellule de jet commercial , le Poseidon , ait la même efficacité sur zone , notamment en termes d'évolutions basse altitude / basse vitesse , toujours déterminantes dans la traque d'un sous-marin . Et bien sûr pour tout ce qui est patrouille de surveillance et reconnaissance à vue . Même le Nimrod avait préservé autant que faire se peut ces capacités. Mais il n'y a plus vraiment en ce moment sur étagère ce genre d'appareil , à l'exception peut-être du Kawasaki japonais .

Écrit par : philbeau | 05/02/2020

Question peut être idiote, mais quel est l'intérêt de ce genre d'appareil pour la chasse sous marine par rapport au coût que doit avoir l'heure de vol sur site par rapport à un hélico embarqué?

Écrit par : bluesmartini | 06/02/2020

@philbeau : le P-8 est prévu pour opérer en conjonction avec les MQ-4C Triton et des drones anti-sous-marins équipés d'une perche MAD et qui pourraient être lancés depuis les P-8 (après comment seraient-ils récupérés, j'en ai aucune idée). Du coup la doctrine d'emploi ne sera pas forcément la même...
D'ailleurs face au P-8, Lockheed Martin a proposé une version lourdement améliorée et construite à partir de cellules neuves du P-3 Orion, l'Orion 21. Ils ont perdus.
Et il en faut pas oublier les différents projets de missiles AA déployés à partir de sous-marins, du style le projet IDAS allemand, peuvent représenter une menace sérieuse pour les moyens AA s'ils restent à basse altitude. Du coup, l'idée de laisser l'appareil à haute altitude et d'envoyer des drones à plus basse altitude peut se défendre.

Après niveau plateforme, l'ATR-72 pourrait faire l'affaire, même s'il est peut-être un peu petit (encore que différents pays l'ont choisis en version ASW il me semble), ou des plateformes du type C-130 ou A400M.

@bluesmartini : simple : le jour où un hélicoptère pourra couvrir une zone aussi grande et aussi éloignée de la base, et y rester aussi longtemps sur zone qu'un avion de patrouille maritime, on en reparlera.
Sans compter qu'un hélico type SH-60 comprend un seul opérateur ASW. Un P-8 doit en avoir 5.
Ce qui ne veut pas dire que l'hélico est inutile, bien au contraire, car il dispose d'équipements et de capacités complémentaires. Un hélico peut rester immobile, et donc déployer un sonar actif, ou rester au dessus d'un sous-marin qui serait immobile. Et, le jour où un P-8 Poséidon pourra protéger efficacement un groupe aéronaval naviguant au large d'une zone hostile sans qu'il n'y ait aucune base alliée à plusieurs centaines voir milliers de kilomètres, on en reparlera aussi. D'ailleurs l'abandon des S-3 Viking à bord des porte-avions US n'a pas forcément été apprécié par tous, car ils offraient une capacité unique qui a été perdue avec leur retrait.

Écrit par : chris2002 | 06/02/2020

@ chris2002 : merci pour cet échange intéressant ! Je reste convaincu quand même de la pertinence d'un avion PatMar natif , ou du moins fortement adapté à ces missions spécifiquement maritimes , le Poséidon étant plus couteux avec l'environnement nécessaire que vous décrivez . Après , les décisions des amirautés ont leur logique propre...

Écrit par : philbeau | 06/02/2020

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