13/01/2020

Finlande : essais de l’Eurofighter !

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Comme notre pays, la Finlande est engagée dans un processus d’évaluation d’un nouvel avion de combat. Dans le cadre du programme HX Challenge, les cinq types d’avions vont être soumis à une série d'essais sur la base aérienne de Pirkkala. Chaque série de tests durera une période de sept jours.

Cadre des essais :

Des missions air-air seront effectuées contre des avions finlandais Hornet et Hawk. La planification et l'exécution du HX Challenge sont gérées par le Air Combat Center du Satakunta Air Command. Les agences de l'armée et de la marine participent également à l'évaluation de la capacité des candidats à soutenir les opérations terrestres et maritimes. Les exigences spécifiques du HX exigent que l'avion soit capable de mener des missions air-air, air-sol, air-mer et à longue portée, ainsi que des services de renseignement, de surveillance, de reconnaissance et d'acquisition d'objectifs.

Baser l'évaluation en Finlande permet non seulement au ministère de la Défense de concevoir les tests de manière équitable pour tous les soumissionnaires, mais évalue également les performances et les capacités de chaque candidat dans l'environnement hivernal finlandais. Bien que l'avion lui-même ait tous été prouvé pour des opérations par temps froid, des activités soutenues dans des combinaisons de températures glaciales, de neige, de pluie et de grésil ont inévitablement des effets néfastes et peuvent également affecter les performances des capteurs électro-optiques et autres.

Des tests supplémentaires peuvent être effectués ultérieurement par les fabricants dans leur propre pays, et d'autres mesures seront évaluées à l'aide de simulateurs. Dans l'ensemble, le HX Challenge est conçu pour vérifier les performances déclarées de chaque candidat, plutôt que de les opposer les uns aux autres dans un vol à cinq voies.

Le défi HX représente la première phase du processus d'évaluation des performances. La deuxième phase sera menée dans des simulateurs pour évaluer le succès des vols de quatre avions dans les missions clés énoncées dans l'exigence, sur la base des valeurs de performance vérifiées dans l'évaluation de vol. Une troisième phase verra comment les prétendants s'en sortent dans une évaluation de « wargaming » à long terme.

Essais de l’Airbus DS Eurofighter « Typhoon II » :

Le 9 janvier dernier, les essais ont débuté avec le premier candidat. Deux Eurofighter Typhoon, soit un FGR.Mk 4 monoplace et un T.Mk 3 biplace en provenance de l'escadron n ° 41 de la RAF basé à Conningsby. Il s’agit de l’unité d'essai et d'évaluation de la RAF. BAE Systems est le principal partenaire d'Eurofighter pour la campagne en Finlande. La période de test de l’Eurofighter doit se terminer le 17 janvier.

Le choix :

À la fin de 2021, le ministère finlandais de la Défense devrait avoir sélectionné un nouvel avion de combat polyvalent pour remplacer le F/A-18C/D « Hornet » en service au sein de force aérienne finlandaise d'ici 2030.

Rappel :

Le gouvernement finlandais a publié une première demande de renseignements en avril 2016, suivie d'une demande de devis (RFQ) en octobre 2019. Une meilleure et dernière offre devrait être présentée plus tard cette année suite aux réponses à la RFQ. Bien que la capacité et les performances des chasseurs soient un facteur extrêmement important dans la décision de sélection, les coûts d'approvisionnement et de cycle de vie, la sécurité d'approvisionnement, les avantages pour l'industrie nationale et l'impact sur la politique de sécurité / défense nationale sont également des considérations majeures.

Note : Les Eurofighter à l’essais sont de la même unité que ceux qui étaient engagés en Suisse au printemps derniers.  

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Photos : Eurofighter TMK.3 / FGR.4 de la RAF à Pirkkala @ Finnish Air Force

Commentaires

Un éclairage intéressant apporté en mains propres en quelque sorte par ce blog finlandais :
(en préalable il a été souligné ,en faveur de l'Eurofighter , sa parfaite disponibilité sous climat froid et humide : Aux Malouines depuis des années avec la RAF , en Islande lors du détachement de l'Aeronautica militare pour la police aérienne . A été mis en avant aussi l'aspect paneuropéen de l'avion (présence des ambassadeurs des pays du programme) , un aspect qui jouera notamment en Finlande , l'un des rares pays européens réellement sensible à ce choix )
https://corporalfrisk.com/2020/01/11/hx-challenge-pt-1-complete-independence/

Écrit par : philbeau | 13/01/2020

Concernant l'Eurofighter une caractéristique structurelle pouvant paraître anodine , mais relevée par des observateurs finlandais : la position des surfaces canards . Celles-ci sont positionnées exactement au droit du cockpit ce qui masque la vue directe du sol au pilote . A la conception, cela n'avait pas d'importance semblait-il , l'appareil étant principalement un intercepteur
Pour un avion d'attaque , c'est plus ennuyeux , et les finlandais pensent aussi à la facilité d'approche et d'évolution en cas de mise en oeuvre à partir de routes ...
Les Suédois ne s'y sont pas trompés , les surfaces canards du Gripen ont été reculées en arrière du cockpit ; pour le Rafale aussi , et en ce qui le concerne il offre la meilleure vue périphérique à son pilote , les entrées d'air elle-même étant positionnées sous le poste de pilotage . A noter que le Super Hornet n'est pas parfait non plus , l'emplanture de sa voilure débutant très en avant .

Écrit par : philbeau | 14/01/2020

Donc toujours pas de radar AESA pour les essais en vol !!

Écrit par : Martin | 14/01/2020

@Martin: Non pas pour l'instant en tant qu'avion opérationnel. Mais le premier Eurofighter doté de l'AESA de série est bien en vol : http://psk.blog.24heures.ch/archive/2019/12/23/vol-inaugural-pour-le-premier-eurofighter-koweitien%C2%A0-%C2%A0-868430.html

Écrit par : pk | 14/01/2020

@PK
Cela ne doit quand même pas être la panacée.
Sinon ils auraient eu monstre intérêt à le prouver lors des évaluations suisses et finlandaises.
D'autant plus qu'en air-sol il est assez loin des capacités de la concurrence (Super Hornet/Rafale,...)
la preuve : l’emploi de Tornado GR4 par les britts quand cela devient sérieux en avril 18 :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Bombardements_de_Barz%C3%A9_et_de_Him_Shinshar

Écrit par : Martin | 14/01/2020

@Martin: les Typhoon FGR4 de la RAF ont été mis à jour par BAE Systems via le projet Centurion afin de reprendre toutes les capacités d'attaque du Tornado GR4. Ce projet s'est terminé en 2019 et il permet l'utilisation du missile de croisière Storm Shadow / SCALP et du missile Brimstone v1/2. Donc la capacité d'attaque est bien assez bonne désormais. Le Typhoon opère en Syrie et en Iraq en remplacement du Tornado et celà sans problème.

Écrit par : Noth | 14/01/2020

C'est moi ou le temps mais il fait un peu 'sale' sur les photos pour une démo ?

Écrit par : bpapon60 | 15/01/2020

@Noth petite précision la capacité d'attaque du thypoon est encore très théorique car si les SCALP ou les autres armements air-sol sont bien qualifiés il reste que les problèmes de conception de l'appareil empêche un vrai déploiement sur le terrain.
En effet la configuration des point d'emport fait qu'à l'heure actuelle on peut embarquer soit des réservoirs de carburant soit des bombes lourde pas les 2 (soit on a une autonomie convenable soit un emport convenable mais pas les deux). Donc au Levant les typhoons ne pourrons utiliser les SCALP ou les bombes lourdes quand les réservoirs conformes seront en service (qui sont sur le dos de l'appareil libérant ainsi de la place sous l'avion) et si le planning est le même que pour le nouveau Radar c'est pas demain la veille qu'on les verra.

Écrit par : Emixam | 15/01/2020

@ Emixam : d'accord avec vous . Le Typhoon est à la base un intercepteur , optimisé pour cette mission. Cela ressort d'ailleurs de son aspect extérieur (cellule affinée , train d'atterrissage , positionnement des surfaces canards etc). Faute d'un programme d'évolution commun à tous les participants, il est mis à niveau petit à petit , au prix de modifications onéreuses . Il n'offre toujours pas une version d'attaque comparable au Rafale , ou au Tornado qu'il est censé remplacer , avec navigateur opérateur systèmes d'armes en place arrière . Un avion qui aura essayé laborieusement toute sa carrière d'être au niveau de son rival direct européen . La satisfaction affichée des britanniques relève beaucoup de l'amour-propre national , toujours compréhensible en ce domaine .

Écrit par : philbeau | 15/01/2020

@philbeau,
Non, l'Eurofighter n'est pas conçu comme intercepteur...
Il a été conçu comme avion multi-rôle orienté supériorité aérienne.
La base de sa conception est bien multi-rôle, et comme pour le Rafale, ses capacités air-air ont été développées en premier, puis complétées par des capacités d'attaque au sol, mais prévues depuis le début.
Et au contraire, le Rafale est plutôt optimisé pour l'attaque au sol dans sa conception (vitesse plus faible, meilleure manœuvrabilité à basse vitesse, ...).
...
Factuellement, qu'est-ce qu'il manque à l'Eurofighter pour l'attaque au sol face au Rafale?
L'Eurofighter existe aussi en bi-place, mais les clients n'étaient intéressés que pour les entraînements. Il n'empêche qu'il est possible de l'acheter dans une version attaque au sol bi-place.
(P.S. les Rafale Marine n'ont pas de version bi-place, pour autant ils ne sont pas considérés comme étant pas bon pour ce rôle).
...
Et j'ai l'impression que c'est vous qui cherchez systématiquement à vous comparer aux autres pour vous sentir supérieur...
Non, l'Eurofighter ne s'est pas comparé au Rafale tout au long de sa carrière. Les pays développeurs ont développé les technologies dont ils avaient besoin. Si le radar AESA n'est pas encore utilisé parce que personne n'a voulu conclure un contrat pour cela. Le premier contrat pour ces radars datent de novembre.
Les capacités d'attaque au sol n'étaient pas une nécessité tant que le Tornado était en vol.
Et TOUS les pays du consortium Eurofighter ont vu leurs budgets militaires se réduire et ils ont fixé leurs priorités...
...
Mais arrêtez de représenter le cliché du Français. La France n'est pas le centre du monde. Le Rafale bien que très bon n'est pas une innovation. Il combine de très bonnes technologies, mais il n'y a rien de révolutionnaire qui n'existait pas sur d'autres appareils.
Donc penser que l'Eurofighter cherche à atteindre le niveau du Rafale, c'est une fiction...

Écrit par : Fab | 16/01/2020

Si quelqu’un peux me le confirmer, mais il me semble que les TORNADO sont toujours en activité. L’état major ne semble pas convaincu de la capacité des TYPHOON à remplir la même charge de travail. Ils semble que leur calcul de charge est de 2 THYPOON pour un TORNADO et que les économies budgétaires attendu n'y sont pas, voir en hausse.
Informations a confirmer, argumenter et étayer bien-sur!

Écrit par : Loïc | 17/01/2020

@Loïc,
De quel pays parlez-vous?
Et de quelle version de l'Eurofighter parlez-vous?

Oui le Tornado vole encore mais pas partout.
Le Royaume Uni l'a retiré en 2019, il était une des versions les plus modernes (standard GR4).
L'Allemagne, l'Italie et l'Arabie Saoudite l'utilisent encore. Il est utilisé comme chasseur bombardier, guerre électronique, reconnaissance et frappe nucléaire tactique (emporte la B61 pour l'Allemagne, et l'Italie, et emportait la WE 177 britannique).
...
Et donc, pour être précis, de quel état major parlez vous?
Oui, l'Eurofighter n'est pas qualifié pour emporter la B61, et je doute que les USA acceptent cette possibilité, dans l'espoir de vendre des appareils américains.
Que l'Allemagne collabore avec les Pays Bas pourrait résoudre cette question. Des pilotes hollandais formés sur Eurofighter gèrent la QRA pour la protection de l'espace aérien du Benelux, et en échange, qques F-35 gèrent la QRA nucléaire en Allemagne.
...
Quoi qu'il en soit, les économies budgétaires, c'est une question complexe.
Le Tornado commence à vieillir et n'emporte plus les technologies les plus récentes. Les moteurs n'ont pas de capacité de supercroisière et donc consomment plus.
L'Eurofighter a l'avantage d'avoir l'IRST, bientôt un radar AESA en service (entre en service tard parce que les utilisateurs n'ont pas voulu investir plus tôt), la fusion des données, etc...
L'armement de l'Eurofighter est très très complet, tous les missiles les plus modernes autant en air-air que air-sol avec des bombes guidées laser, des missiles de croisière, les missiles anti-navires...

Et pour la charge de travail, ce chiffre est aberrent pour plusieurs raisons.
- Le Tornado ne s'occupait pas du rôle de la supériorité aérienne, or l'Eurofighter le fait. Le F-4 s'occupait de la défense aérienne de l'Allemagne après le retrait du F104, et le F-4 a été utilisé jusqu'en 2013.
Donc ici on peut parler d'un Eurofighter qui remplace 2 types d'avions.
- Pour les capacités de reconnaissance, pas besoin de plus d'appareils
- Meilleur rapport poids / puissance

Mais bien évidemment, en passant d'un avion spécifiquement conçu pour l'attaque et pas la chasse, le Tornado avait des avantages sur l'Eurofighter:
- meilleure capacités en Close Air Support, les ailes à géométrie variable permettent des passages à basse vitesse
- la protection anti balistique du cockpit est me semble-t-il meilleure
- pas de capacité de guerre électronique sur l'Eurofighter

Mais il faut noter une chose. Les capacités manquant à l'Eurofighter sont des choix des pays partenaires sur ce projet. Ce n'est pas dû à une mauvaise plateforme.

Pour les économies budgétaires, c'est difficile d'en faire. Regardez le coût à l'heure de vol de chaque appareil... Il ne fait que monter de génération en génération.
Ce qu'il faut voir, c'est dans l'ensemble, sachant que les avions multi-rôle remplacent plusieurs types d'appareils, est-ce qu'une flotte complète d'Eurofighter en nombre plus faible que 2-3 flottes est plus économique? C'est difficile à mesurer.
Le seul appareil qui a pour objectif de réduire le coût à l'heure de vol avec une version totalement refaite, c'est le Gripen.
On verra bien si ils y arrivent, mais c'est une exception. Même les F-16 produits actuellement sont très chers à l'emploi.

Écrit par : Fab | 17/01/2020

@ Fab je cite :
"Non, l'Eurofighter n'est pas conçu comme intercepteur..."
À ce niveau là, on peut dire que vous atteignez des plafonds.
Si la France s'est désengagée de l'avion Européen, c'était pour faire uniquement du franco-français selon vous ? Et les caractéristiques techniques vous les oubliez ?
Dès le début le Rafale à été conçu pour le standard F3 et le développement logique est de passer par le F1 puis le F2.
Là où l'Eurofighter était optimisé intercepteur. Son couplage delta-canard typé pour la manœuvrabilité à haute vitesse. Son aile basse ne lui permettant pas d'être optimum en mode air-sol par ailleurs.
À ce stade, il y a de quoi s'interroger sur vos interventions. Plus que de faire de la communication, arriver après la bataille, rebattre les cartes à découvert et les redistribuer selon vos désidératas relève de la révision.
Notons bien la problématique que cela pose : il y aurait besoin de dix fois plus de texte et d'énergie pour répondre à votre logique. C'est ce que l'on appelle une asymétrie de Brandolini autrement appelée asymétrie du baratin.

Écrit par : Gian | 18/01/2020

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