13/11/2019

Australie : le F-35 serait-il une erreur de casting ?

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La question a de quoi surprendre, mais vient d’être rendue publique par le très sérieux Lowy Institute* australien. La question fait suite à l’intervention deux hauts responsables de l’Armée de l’air australienne (RAAF) qui affirment que le nouvel avion interarmées, Lockheed-Martin F-35A, qui entre actuellement en service est inadéquat pour les futures opérations d'attaque.

Décision trop rapide ?

Cette affirmation faisant suite au fait que l'Australie avait commis de graves erreurs dans la structure de ses forces et la réflexion de ses besoins futurs. Si, l’on se remémore l’historique de l’achat du F-35 par l’Australie, on se rappellera que le pays a rapidement rejoint le programme F-35 en 2002. Il n'y a pas eu d'appel d'offres ni d'évaluation formelle. D’ailleurs à l’époque, il ne pourrait pas y en avoir, car l’avion existait sur catalogue avec un calendrier de livraison et un coût inconnus et ceci alors même qu’il était considéré comme l’achat d’équipement de défense le plus coûteux jamais engagé par l’Australie.

La décision d’opter pour le F-35 de manière rapide et soudaine  a surpris beaucoup de monde. Il faut savoir qu’à l’époque un Livre blanc sur la défense avait été publié par le gouvernement Howard en 2000. Celui-ci  prévoyait un processus décisionnel exhaustif qui examinerait diverses options en matière de structure de la force, notamment des avions de combat à rôle unique, des avions à rôles multiples, des missiles à longue portée et des avions sans pilote.

Le chef de l'armée de l'air de l'époque avait expliqué publiquement la raison de la précipitation inattendue d'acheter des F-35. Malheureusement, peu après la décision, le F-35 a commencé à souffrir de problèmes techniques, d’une croissance des coûts et de longs retards.

Surcoûts et  normes différentes :

Les deux premiers F-35A australiens ont été livrés à la fin de 2018, les neuf derniers étant prévus pour le milieu de 2023. Ces derniers devraient être la version du Lot 15 du Bloc 4, la norme entièrement développée largement envisagée dès 2002. Les autres, comprenant six normes différentes de construction provisoire, seront ensuite progressivement modernisées pour adopter cette configuration définitive.

Les appareils du  Lot 15 ont subi des modifications matérielles et logicielles importantes. Le système complet de maintenance et de support, les simulateurs et les centres de formation devront également être modernisés. Cela prendra du temps et de l'argent supplémentaire, mais il n'y a pas d'autre choix. S’ils ne sont pas modernisés, les anciens F-35, soit : la quasi-totalité de la toute nouvelle flotte de la RAAF deviendront difficiles à maintenir ou à mettre à jour avec les futurs logiciels et deviendront progressivement déficients sur le plan opérationnel.

L’arrivée des neuf appareils du lot 15 permettra à la RAAF de déclarer sa capacité opérationnelle finale et de commencer à boucler le projet d’acquisition. Mais cela veut dire qu’en 20 ans, le projet a glissé de 10 ans.

Ce retard a rendu nécessaire la mise en service d'un autre avion de combat, le « Super Hornet » de Boeing, afin de combler le vide. En finançant cela, le projet global de capacité de combat aérien présentait le plus grand dépassement de coûts de toutes les acquisitions de défense australienne de l'histoire, en termes absolus.

Le F-35 un faux pas stratégique ?

En 2017, l'US Air Force a examiné ses programmes de combat aérien et a déterminé que, tout bien considéré, le F-35 serait incapable de pénétrer dans un espace aérien défendu après 2030. La structure des forces de la RAAF serait donc déjà dépassée, incapable de stopper une puissance hostile dans la région indopacifique. Les officiers australiens appellent maintenant à une «réinitialisation», avec de nouvelles dépenses importantes et éventuellement à l’acquisition de bombardiers avancés, de missiles de croisière et d’avions sans pilote,  une liste exhaustive qui rappelle le Livre blanc du gouvernement Howard de 2000.

Il est intéressant de lire l’analyse du Lowy Institute qui précise que la décision d'acquisition du F-35 a été prise indépendamment de la structure globale de la force aérienne australienne. A l’époque, la RAAF s'est concentrée sur l'acquisition de F-35, plutôt que sur la création d'une capacité de défense des bases aériennes à partir desquelles ils pourraient opérer. Les capacités de la Chine en matière d’attaques de missiles à longue portée signifient désormais qu’en temps de crise, la RAAF pourrait être mal avisée de déployer des F-35 sur les bases aériennes de l’Asie du Sud-Est. Avec le temps, cette vulnérabilité pourrait également s’appliquer aux bases septentrionales de l’Australie.

Certains ont estimé que la décision concernant les F-35 était urgente en 2002. Cette perception parait moins évidente rétrospectivement. Un rapport sur les structures et la composition de la Force aérienne devrait apparemment être mis en place au début de 2020. Une nouvelle prise de décision précipitée aujourd'hui peut produire des résultats médiocres et de longs retards en aval. Une répétition de l'acquisition du F-35 devrait être évitée.

Pour explique ce qui ne va pas, la RAAF, tout comme l’US Navy expliquent que le radar du F-35 ne peut effectuer que des recherches à faisceau étroit, plutôt que des recherches à grande distance de navires en mer ou au sol, par exemple. La capacité de frappe en profondeur s’en rescent cruellement, De plus, l’avion ne peut effectuer de frappes longues distance, laissant ainsi l’avantage à l’adversaire.

Autre contrariété, le F-35 est conçu pour être avant tout un avion de frappe air-sol, cependant limité en terme d’emport de charge et de rayon d’action, mais capable de se défense. Le F-35 a été conçu pour être furtif, en réseau et doté de capteurs exceptionnels, mais avec des performances aérodynamiques qui le rende moins  bon qu’un F-16 ou F/A-18 « Hornet ». La réponse est que le F-35 ne peut pas rivaliser avec le F-22 en tant que chasseur de supériorité aérienne, il n'a jamais été conçu comme tel. Au sein de l’USAF, le F-22 apporte furtivité, conscience de la situation et performance au combat tandis que le F-15C dégage une énorme charge de missiles combinée à un radar incroyablement puissant, les deux systèmes se complète en multiplicateur de puissance. Hors, le F-35 n’apportent pas cette complémentarité en profondeur au sein de la RAAF ni de l’US Navy d’ailleurs. La faiblesse de la RAAF repose donc sur la mauvaise redondance du F-35 dans son organisation.

D’autres critiques montrent du doigt les problèmes rencontrés par l’utilisation récente du F-35 au sein de la RAAF. Et notamment les problèmes de fonctionnalité, de cybersécurité (des données de F-35 australiens ayant étés hackées l’année dernière**) et de souveraineté des données associés aux systèmes logistiques ALIS. Et pour terminer, la chaleur produite par les gaz d'échappement de la tuyère, lors de l’utilisation de la postcombustion provoque des «bulles d'eau» sur les matériaux absorbant les radars (RAM), les surfaces de la queue et des dérives horizontales. Ces dommages causés par la chaleur compromettent l'intégrité structurelle de l’arrière de l’avion. Les capteurs sensibles enfouis dans la peau des surfaces de la queue arrière peuvent également s’avérer susceptibles d’être endommagés. Depuis ce type d’incident, les pilotes de F-35 ne peuvent plus utiliser de postcombustion pendant plus de quatre-vingts secondes à Mach 1,3, et quarante secondes à Mach 1,4. Pour réinitialiser l'usage de la postcombustion, les pilotes doivent attendre ensuite trois minutes de vol pour laisser refroidir l’arrière de l’avion.

Réfléchir à l’avenir :

Avant d'entreprendre un examen «urgent» ou de se précipiter pour acheter un nouvel avion de combat, il est essentiel de se pencher sur la méthodologie utilisée, lors de la conception de la future force. L’Australie va se plonger dans une profonde réflexion en vue du recadrage de l’organisation et de l’acquisition de matériel pour l’avenir.

(Source: Lowy Institute; publié le 10 novembre 2019)

Notes :

*le Lowy Institute est un groupe de réflexion indépendant qui travaille sur les questions politiques, économiques et stratégiques internationales du point de vue de l'Australie.

**la valeur des données hackées n’est pas connue officiellement.

Photo : F-35A de la RAAF @ RAAF

 

Commentaires

Paradoxalement cet article me fait surtout penser qu'il y a une énorme pression sur la Suisse pour le F35... qui est sûrement le moins adapté à l'usage que peut en avoir raisonnablement la Suisse.
.
Un rien me fait penser que l'attaque en première intention d'un lieu fortement défendu dans un rayon de 500km de Payerne n'est pas l'usage le plus attendu. (Ou alors les Suisses nous cachent une attaque surprise de Bruxelles à 480km, les cachottiers )

Écrit par : v_atekor | 13/11/2019

Article et étude intéressante sur le F-35 le feuilleton qui n’en finit pas. Mais que penser de l’expert indépendant qui prétend dans le journal 24 heures que la Suisse n’a pas besoin de 30 avions de chasse lourd mais peut faire mieux pour moins cher. Étrange cet article, certains membres de notre gauche politique ne serait-il pas derrière cette prise de position? Merci Pascal de votre future analyse

Écrit par : Jacques Rimaz | 13/11/2019

@Jacques Rimaz: Oui, cet expert a été mandaté par le PS pour cette étude.

Écrit par : Pk | 13/11/2019

@ V_atekor:

SI l'on en croie certains suisses ici, l'attaque viendrait plutôt de France.... Et donc pour y répondre, plutôt que d'acheter un rafale ou même un SH, ils recommandent un M346 encore moins performant que le Gripen C "justement" refusé lors de la dernière votation.

À la limite, je me moque royalement que ce soit un rafale ou un SH qui "gagne" ce nouveau concours,tant qu'il correspond aux besoins de la Suisse (et pourtant je suis français !).

Mon intérêt pour votre sélection, est de pouvoir jauger les capacités RÉELLES des concurrents grâce à une sélection IMPARTIALE (Contrairement à d'autres), tout en regrettant que SAAB ne fût pas prêt avec son Gripen E

Écrit par : Grosminet | 13/11/2019

@JAcques : Chasseur lourds ? Voilà qui est intéressant... Car si en effet la Suisse n'en a pas besoin, aucun chasseur lourd du moment n'est en compétition (F15, F22, Mig35), ceux qui ont tenté leur chance sont plutôt des chasseurs légers (Gripen) à moyens (F18, Rafale).
.
Plus sérieusement, avec l'optique proposée, lorsqu'un liner ne répondra plus aux sollicitations du contrôle au sol, la suisse aura le choix entre l'abattre (dommage si c'est un problème de radio sur un avion en détresse) et le laisser faire (dommage si c'est un détournement pour le planter sur Zurich).
.
Ou alors la Suisse s'allie à ses voisins qui se chargeront d'envoyer des intercepteurs, mais le service ne sera probablement pas gratuit.

Écrit par : v_atekor | 13/11/2019

... et même dans le cas d'une alliance avec un voisin pour envoyer des intercepteurs, si c'est un détournement, qui donne la décision d'abattre l'avion avec 200pax à bord ? La Suisse ? Le pays tiers ?

Écrit par : v_atekor | 13/11/2019

C'est amusant de voir les uns après les autres regretter leurs achats de F-35 ou constater que l'avions est très loin de ce qui avait été espéré. Le plus surprenant c'est que cela n'empeche pas cet avion de continuer à bien se vendre, comme quoi la pression politico-industrielle américaine est d'une puissance énorme.

Écrit par : Albert66 | 13/11/2019

Les critiques du F35 doivent être entendues, pourtant je m'étonne que les Australiens aient été persuadés de défendre leur ile continent avec 58 chasseurs! Ça parrait évident que ca n'allait pas suffire et que d'autres acquisitions étaient a prévoir.
L'artice aussi me fait sourire en parlant de décision trop rapide!! Comme si un allié aussi proche des USA aie put ou voulu acheter autre chose que du F35! Quelle mauvaise foi pas possible !
Quand a l'argument de l'obsolescence rapide, sur ce genre d'engins elle est plus que previsible!
Le F35 va bientot devoir endosser le manque de prévoyance de l'armée Australienne en plus du reste! Tiens ,les incendies du bush ne seraient pas aussi dûs au F35 ?

Écrit par : Robert | 13/11/2019

@Robert, on verra aussi si les australiens seront aussi sévères avec le F-35 qu'ils ne l'ont été avec le Tigre qu'ils ont fini par revendre rapidement. Mais vu le poids militaro-politique de l'amérique dans le pacifique, j'en doute.

Écrit par : Albert66 | 13/11/2019

Le titre de l'article est un peu trompeur je trouve...
Le F-35 en tant qu'appareil n'est pas le plus grand problème. La production de standards intermédiaires alors que beaucoup d'essais n'ont pas eu lieu est par contre le réel problème...
Le Rafale a été conçu intelligemment en ce sens. Chaque standard est au point et vendu comme tel. Et le Rafale en tant que base est considérée comme base solide. Donc d'un standard à l'autre, seuls les éléments considérés sont mis à jour.
L'Eurofighter a aujourd'hui le même problème que les F-35 australiens. L'Allemagne va remplacer les Eurofighter T1 qui ne peut être mis à jour de manière économique...
...
Donc il faut vraiment remettre en question le fait qu'en 15 lots de production avec x standards de production différents, les mises-à-jours nécessaires vont être un casse-tête.
...
Et en effet, comme l'explique PK, le F-35 doit être vu dans son contexte...
Les USA ont toute une flotte avec des caractéristiques qui se complètent... Donc pas de souci avec le F-35 pour eux.
Maintenant, certains pays ont besoin d'autres capacités. Et l'Australie voit la région Asie-Océanie devenir de plus en plus tendue avec la Chine et l'Inde qui montent en puissance.
L'Australie a besoin de supériorité aérienne maintenant. Par le passé, son rôle se limitait à être l'allié des USA et donc la complémentarité était assurée par ceux-ci lors de missions si nécessaire.
Mais maintenant, il s'agit de l'auto-défense... Mais peu importe l'appareil choisi, au vu du nombre acheté, un gros porte avion apporterait les mêmes capacités dans la région. Donc l'Australie n'est pas suffisamment ambitieuse ici.
Ma recommandation personnelle? S'allier au Japon qui voit les mêmes ennemis potentiels à ses portes et qui développe un avion de supériorité aérienne, furtif, et qui remplace le F15 (ou le F-22 qu'ils voulaient commander).
...
Et donc maintenant, posons nous les bonnes questions. De quoi la Suisse a besoin? De supériorité aérienne... Et la furtivité peut être obtenue dans la topographie. Donc à moins que les essais aient démontré autre chose que ce qui transparait dans les articles spécialisés, il n'est pas adapté à la Suisse (sans parler de dépendance en termes de maintenance, et de l'accès aux codes source).
...
Pour d'autres pays comme la Belgique, le rôle est clairement orienté attaque au sain d'une alliance. Donc le F-35 est un choix compréhensible et pas mauvais. Le choix idéal n'existe pas en ce moment pour l'Europe occidentale de toute manière.
...
@Robert,
L'Australie, cet allié si proche des USA achète européen pour la plupart de son équipement...
- Sous-marins, sacrément stratégique pourtant...
- 8x8 Boxer
- Les VCI chenillés seront allemands ou sud-coréens
- NH90 et tigre (face au blackhawk et apache...)
- A330 MRTT
- C27 Spartan (pas seulement des C130)
Une grande majorité des équipements modernes de l'armée de terre sont soit européens ou alors issus d'une entreprise européenne et construits en Australie...

Écrit par : Fab | 13/11/2019

FAB, L'australie acheter européen mais ne faible quantité, le gros des achats c'est du matos américains
F-18
F-18 Growler,
C17
C130
Boeing E7
P-8
Seahawk
Char Abrams M1Etc


coté européen
Le MH90 n'a été acheté qu'à 2 exemplaires
Les Tigre ont été revendu
Le C27 est mi italien mi américain

Le MRTT, oui bon le choix était évidement tel cet avion surpasse la concurrence de l'époque et meme actuel

Écrit par : Albert66 | 13/11/2019

"En 2017, l'US Air Force a examiné ses programmes de combat aérien et a déterminé que, tout bien considéré, le F-35 serait incapable de pénétrer dans un espace aérien défendu après 2030."

NO COMMENT ...

Écrit par : Laurent10 | 13/11/2019

@FAB
pour les sous-marins, il me semble les US n'ont plus vraiment l'expertise pour fournir des sous-marins non nucléaires (à la différence de l'Europe et du Japon). Pas tant au niveau de la coque et des équipements de combat que du système de propulsion, qui est très différent des systèmes nucléaires...
D'ailleurs, les sous-marins seront de conception française, mais il semblerait que le système de combat soit US ( AN/BYG-1), et c'est vraiment le système de combat qui est au coeur d'un sous-marin (même si la coque est essentielle aussi)

De plus, si des avions "auxiliaires" de la RAAF sont européens (KC-30 notamment), les avions avec les système de combat les plus pointus sont US. P-8 Poséidon, E-7A Wedgetail, FA-18F/G, F-35, etc.
Accessoirement les C-27J ont du être commandés via les US, et probablement produits aux USA.

Idem au niveau maritime. Les nouvelles frégates AA Hobart sont basées sur des navires espagnols, mais avec un système de combat et des radars US. Système AEGIS et missiles qui vont avec...

Bref, les systèmes électroniques de la RAAF et de la RAN sont plutôt US, même si certaines coques sont de conception européennes.

Finalement au niveau terrestre. Sans vouloir être méchant avec l'industrie US, ils sont un peu à la ramasse par rapport à d'autres pays, niveau renouvellement de leur matériel. Au niveau VCI il n'y a rien eu de nouveau depuis les M2 Bradley, malgré les nombreux programmes de remplacement lancés, au niveau 8x8, les Stryker sont basés sur les LAV III canadiens. Bref, pas grand chose à proposer...

La seule vraie exception c'est au niveau des hélicos (et encore, uniquement au niveau de l'armée de terre, la marine a acheté des MH-60R...). Mais les Tigre ARH sont loin d'avoir donnés vraiment satisfaction...

Écrit par : chris2002 | 13/11/2019

Quelqu'un a le fin mot de l'histoire des TIGRE Australien?

Écrit par : Loïc | 14/11/2019

Pourquoi personne ne mentionne ce qui semble pourtant evident. En realite le f35 n est pas principalement un chasseur du tout, ni un bombardier d ailleurs. C est essentiellement un awacs miniature, assez manœuvrable et furtif et agissant comme tel de maniere distribuee, qui est par ailleurs capable de servir de plate-forme modeste de lancement pour des missile air air ou eventuellement des SDB ou missile air sol. Mais la base du f35 est avant tout l idee de pouvoir alterner au cours d une mission entre le mode furtif et le mode surveillance/communication. Les awacs classique sont devenu affreusement vulnérable avec l apparition des missile anti aerien longue portée, et sans eux les autres moyens aerien sont lourdement handicapés ou en danger lors d operation dans des espaces aerien hostile. et le f35 a ete cree pour être en mesure d assurer en reseau les missions de surveillance air et sol et coordination des différents moyens aerien tout en etant distribue et potentiellement de redevenir furtifs (quand un autre f35 prends en charge la fonction de surveillance/coordination ). Il est surprenant que tout le monde parle du f35 comme d un chasseur alors que ce n est que un rôle subsidiaire en pratique. Leur rôle est donc principalement un rôle de surveillance et de coordination offensive (sans soutien d une defense aerienne "from the ground") .
En outre la furtivite offerte par cette plate-forme va progressivement être de moins en moins efficace avec le developpement rapide des systèmes IRST de longue portée en particulier sur des plate-forme de haute altitude.

Pour des pays dont la doctrine est plus classiquement defensive (contre un agresseur exterieur) ces appareils tres coûteux et qui sont un compromis mediocre entre la suite d outil radar et communication, la furtivite et l agilite offre une capacité inferieur par rapport a une combinaison d intercepteur et de système de defense antiaerienne "from the ground", beaucoup moins contraints donc plus capable. Pour l australie cet appareil n as pas d utilité claire en defense et une utilite limitée pour des missions offensive en territoire exterieur. En effet la definition des missions doit preceder toute decision d acquisition...

Écrit par : James | 14/11/2019

@James

Votre commentaire fait plaisir à lire car vous allez dans le bon sens de réflexion : celui de regarder le contexte opérationnel global qui a présidé aux choix sur le F-35. Je nuancerais juste deux ou trois points :

- La furtivité : Bien sûr que des technologies vont venir concurrencer la Furtivité passive ... mais 1) ils sont loin d’être aussi « magiques » que certains le disent .. ils ont les limites d’usage et de fiabilité qui maintien un intérêt fort à être furtif par rapport à un non furtif . 2) Les moyens qui doivent être déployés pour ces contre mesures contre la furtivité sont bien pour lourdes et complexes que celles permettant de fortement menacer un non furtif. La conséquence sur l’échelle opérationnelle globale est lourde : ces moyens anti furtivité sont donc beaucoup plus facile à tracer et identifier pour le renseignement militaire, améliorant de fait l’estimation des menaces.
- Le F-35 un chasseur , un bombardier ? : Clairement le F-35 est configuré pour l’attaque au sol en totale autonomie ... il est censé traquer, identifier ses cibles seul, pénétrer la zone grâce à sa bulle défensive et traiter la cible. Tout ça sans besoin du soutien habituel.
C’est une configuration spécifique qui répond aux besoins des guerres asymétriques modernes ... et qui dans un ensemble plus large est configuré pour un conflit potentiel de haute intensité.

Tout cela n’empêche pas que cet avion n’est toujours pas achevé ... en tout cas il n’est pas à la version suffisante pour un plein usage

Écrit par : Dany40 | 15/11/2019

Russian Tu-160 Supersonic Bomber Outrun Two U.S. F-35 Fighter Jets

On Nov. 3, 2019, an unusual incident took place in the skies over the Japanese Sea when Russian Tu-160 supersonic bomber outran two U.S. F-35 fighter jets that try to intercept bomber performing a surveillance mission.

According to the Russian newspaper Vzglyad, with reference to the Chinese edition Sina, wrote that the American fighters “lost sight” of the Russian Aerospace Force bomber, who easily moved away from them.
D'accord et pas d'accord. Là clairement le problème qui est posé est est-ce qu'on peut mener des missions de police du ciel avec des f-35 ou avec une alternative comme un rafale, un gripen ou un Typhoon.

Tout d'abord la vitesse max est un facteur mais pas le seul. Concernant ce facteur il y a quand même une net différence de 0.5mach entre les chasseurs "4gen" et le "0.5gen". Donc même si le tu160 se serait fait la malle avec des 4gen il ne l'aurait pas fait dans les mêmes conditions.

Ensuite le second facteur est le temps pendant lequel cette vitesse max peut être tenu. Là encore le f-35 ne tient pas la comparaison avec les 4gen.

Ensuite il y a l'aspect collaboratif des tu-160. Là clairement ils aiment bien se laisser approcher ce qui nous donnent des photos sympa avec des Rafale en vol avec les tu-160 ou des gripen ou des typhoon. A un moment il faut bien que la formation soit rompue. DOnc dire que le f-35 s'est fait laisser sur place à ce moment est une interprétation mais pas la seule.

Au final le f-35 ne peut en aucun cas être considéré comme un intercepteur il est trop lent sauf à parvenir à le placer sur une trajectoire d'interception sans que la cible ne le voit venir. Mais il a surtout des jambes très courtes, ce qui force à multiplier les aéroports. On est au coeur du problème australien et de toute nation qui considère le f-35 comme un intercepteur potentiel pour un espace aérien important.

https://fighterjetsworld.com/latest-news/russian-tu-160-supersonic-bomber-outrun-two-u-s-f-35-fighter-jets/19117/
Mon point de vue :

Écrit par : Herciv | 18/11/2019

La question visant à déterminer « intercepteur ou pas ? » quand on parle d’un avion de combat doit être un peu nuancée. La question c’est surtout intercepter quoi et dans quel contexte ?

Le F-35 n’est pas un intercepteur « Old School » caractérisé par une vitesse air + un plafond opérationnel + une vitesse ascensionnelle... le tout optimisé. Mais attention le Rafale aussi est lent et lui en plus contrairement au F-35 il est pour l’instant limité en plafond opérationnel ... et pourtant je peux vous assurer que le Rafale est dès aujourd’hui capable de faire de l’interception (il vaut mieux puisque les 2000 vont pas durer éternellement).

Il faut surtout repenser les principes fondamentaux de l’interception... et donc la question exprimée ci dessus : Intercepter quoi et dans quel contexte ?

Prenons le cas australien... l’Australie est entouré d’océans et géographiquement ses centres stratégiques sont hors de portée de tout appareil de type chasseur à grande vitesse sans soutien de ravitaillements ou possibilités de s’appuyer sur une aéronavale.
Ce qui compte c’est le délai de détection (distance de la cible), le temps disponible d’interception (vitesse de la cible et localisation de la zone à interdire) et la portée à laquelle vous pouvez valider l’interception (portée des armes).

Si demain un bombardier russe tente d’entrer dans l’espace aérien australien, les radars actuels et à venir dont on aime tant nous parler concernant la furtivité le détecteront d’extrêmement loin. Ces appareils restent lent , le F-35 possède une vitesse ascensionnelle et un plafond opérationnel élevés lui permettant de monter rapidement jusqu’à lui. Et en terme de portée étant optimisé BVR il peut éclairer radar voire brouiller l’intrus d’assez loin... et le bombardier risque même de ne pas détecter le furtif qui vient sur lui ...

Que l’on s’y trompe pas ... un F-22 fera bien sûr nettement mieux car c’est un avion spécialisé alors que le F-35 n’est pas optimisé pour ça . De la même manière un 2000 est encore meilleur qu’un Rafale à ce petit jeu.

Ensuite il faut comprendre qu’il y a un élément stratégique qui dépasse l’aviation de combat. Si des chasseurs russes parvenaient à être déployés à portée de l’Australie est ce que le F-35 fournirait une réponse ? Bien sûr que oui car chaque avion apporte ses points forts et ses faiblesses.

Le F-35 est un mini AWACS furtif travaillant en réseau ... le principe est déjà l’incertitude car le radar embarqué d’un chasseur russe aura une capacité de détection de ces défenseurs furtifs qu’à une portée réduite ... le F-35 lui possède d’énorme capacités de détection et pour 1 F-35 éclairant avec son radar il peut y en avoir 4 autres en passif mais profitant du radar de leur copain.
Cela n’est pas absolu ... les russes pourraient avoir des reconnaissances satellites permettant une localisation approximative par exemple ...

Mais l’idée est toujours la même : procédure et outil se réfléchissent de concert

Écrit par : Dany40 | 19/11/2019

@Dany4o, Robert: Oui, le F-35 est bon en matière d'électronique, mais c'est aussi son point faible à travers ALIS par exemple. Petit incident révélé il y a quelques jours: Deux F-35 japonais qui tentaient d'intercepter un bombardier russe Tu-160 ont été laissé sur place par l'accélération de ce dernier. Pas brillant, le truc ! Source : fighterjetworld.com

Écrit par : Mathieu | 19/11/2019

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