02/10/2019

La Corée du Sud débute l'assemblage du prototype du KFX !

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Séoul, l’agence coréenne d’achat d’armes (DAPA), a achevé la semaine dernière, son examen critique de la conception du futur avion de combat coréen biréacteur et l’a approuvé vendredi dernier. La production d'un prototype va débuter avant la fin du mois d’octobre.

 Korea Aerospace Industries (KAI) prépare activement la conception du KFX (Korean Fighter Experimental). Dans les usines de KAI à Sacheon, dans le Gyeongsang du Sud, environ 1’250 chercheurs et ingénieurs travaillent d'arrache-pied au développement du KFX depuis 2001.

Le projet est actuellement devisé à environ 15 milliards de dollars. Selon le poste parole de l’avionneur 78% du projet, y compris les composants clés qui sont déjà prêts pour la production du prototype. En tant que projet national majeur, le développement du KFX est dirigé par l’Agence gouvernementale pour le développement de la défense (ADD) et l’avionneur KAI, mais environ 225 entreprises privées font également partie du processus, y compris tous les principaux sous-traitants de la défense du pays. Parmi les intervenants étrangers dans le projet figurent  la société Indonésien Aéronautique l’américain Lockheed Martin, qui ont fourniront une assistance technique.

A terme le KFX doit venir remplacer la flotte de chasseurs F-4 et F-5 de l’armée de l’air achetée dans les années 1960.  Au départ du programme, le KFX est classé comme un chasseur de la génération 4++ doté de capacités avioniques et de frappe améliorées. Mais, il va disposer de plusieurs caractéristiques de furtivité et des performances supérieures qui pourraient le rendre comparable avec un avion furtif de cinquième génération.

KAI a hésité à révéler avec précision le type de mécanisme de furtivité dont dispose le jet, mais sa section efficace radar (RCS) soit la principale mesure de furtivité sur les aéronefs militaires, ne mesure que 0,5 mètre carré (5,4 pieds carrés).

KAI a conçu le fuselage du KFX pour qu’il ressemble à un jet furtif semblable au F-22 de Lockheed Martin. La plupart des capteurs sont situés à l'intérieur de l'avion, tandis que les quatre missiles air-air installés sur le KFX sont à moitié enfouis dans la partie centrale du fuselage. Il reste ainsi de la place dans l'avion pour l'installation d'une soute d'armes interne, élément caractéristique des chasseurs furtifs.

Mais KAI ne veut pas sacrifier la maniabilité de l’avion, il sera capable d'effectuer des manœuvres serrées pour se comporter comme les meilleurs avions actuels. L’une des grandes difficultés de la Corée du Sud tient dans le développement d’un radar AESA pour le KFX. En effet, le pays n’a pas d’expérience dans ce domaine. Près de 800 millions de dollars ont été investis dans le développement du radar AESA jusqu'en 2026. Un prototype du radar sera testé en Israël d'ici le printemps prochain, suivi d'un autre vol d'essai en Corée à partir de novembre prochain. À partir de 2023, il sera installé sur le prototype KFX pour une dernière série de tests qui devront mener le projet à maturité.

Le poids cible pour la KFX était de 13 tonnes au début de la conception du projet en 2001, mais les concepteurs ont dû réduire de 500 kg supplémentaires pour tenir compte des ajouts futurs.

Dans les usines de KAI à Sacheon dans le Gyeongsang du Sud, environ 1’250 chercheurs et ingénieurs travaillent d'arrache-pied au développement du KFX.

KAI prévoit de dévoiler le premier prototype d’ici avril 2021 et, après un nombre suffisant de vols d’essais, le premier lot de huit avions à réaction devrait être livré à l’armée de l’air d’ici 2026. Des inquiétudes demeurent toutefois, à savoir que la durée de quatre ans réservés aux tests en vol peut être insuffisante.

Différence de vision : 

La volonté du Parlement coréen a toujours été dirigée vers une modernisation au sens large de l’armée et moins dépendante du programme américain du F-35. Le Parlement coréen a toujours défendu la faisabilité d’un programme indigène, alors que le Ministère de Défense optait pour le tout « F-35 » et une totale dépendance aux Etats-Unis.

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Photos : Le KAI KFX @ KAI

Commentaires

Je vois que la photocopieuse coréenne marche bien.

Écrit par : Albert66 | 02/10/2019

Deux versions différentes : des plans canard sur l'illustration du haut et un empennage horizontal classique sur l'image du bas. Les coréens ont-ils fait leur choix à ce niveau ?
Quid des réacteurs ? US ou coréens ?

Alors que les européens estiment indispensable de se regrouper pour la conception et la production d'un avion de chasse, voici qu'un pays asiatique au PIB situé entre celui de l'Italie et de l'Espagne, mais à l'expérience aéronautique bien moindre que les occidentaux, se lance seul ..

Écrit par : François | 02/10/2019

@François
D'une part, la motorisation du KFX sera probablement d'origine étrangère (US) donc moins de sous à dépenser et de temps.
D'autre part, c'est l'équivalent du NGF qui n'est qu'une brique de FCAS qui en comporte plusieurs.

Écrit par : James | 03/10/2019

Mais je penses que nous pouvons totalement faire notre avion en France.
A croire que les déboires de l'EUROFIGHTER n'ont servie de leçon à personne.
ces élites qui ne pensent qu'a couvrir leurs incompétences par la mutualisation de leurs bêtises au prétexte de l'Europe et de sa défense me font vomir!

Écrit par : Loïc | 03/10/2019

@ Loïc:

SI, effectivement, notre pays possède les technologies ET les compétences pour développer seule le NGF, il lui manque pourtant l'essentiel : le fric !


Hors, dans l'UE, seule l'Allemagne possède assez de "cash" pour investir dans un tel programme, surtout qu'à terme, outre leurs vieux Tornado, le SYSTÈME scaf remplacera aussi les EF2000....


Le fait que les espagnols nous rejoignent est un avantage, car le programme bénéficiera alors d'investissements de L'UE...

Donc, au final, si ce projet va jusqu'au bout, il nous coûtera moins cher que si on le fait seuls...



Hélas, le faire à plusieurs impose des contre-parties pour intéresser les investisseurs

Écrit par : Grosminet | 03/10/2019

Grosminet,

Je vous assure que les programmes mutualisés marcheront de moins en moins.
Il vaut mieux une petite équipe motivée, même, avec des moyens limités pour aboutir à un appareil fonctionnel et opérationnel. Un exemple: nous n'avons jamais eu autant de créateurs de lanceurs et micro lanceurs spatiaux avec des budgets ridicules. Je suis gestionnaire de patrimoine et je constate que l'argent ne fais pas tout. Même il peut devenir contre productif.

Écrit par : Loïc | 04/10/2019

@Loïc : attention, il y a eu de mauvais contre-exemples en France dans l'entre deux guerres avec de nombreuses petites équipes qui faisaient du bon matériel mais qui était difficile à faire fonctionner ensemble.
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Et les associations moteur/avion/cannons moteurs/tank/canons en a particulièrement souffert, même si ce n'est absolument pas le seul.
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Et l'exemple des microlanceurs est un peu particulier car on est arrivé dans ce domaine à assez de miniaturisation de composants grand public pour les réaliser, mais les systèmes armes ont ça de particulier qu'elles ne sont pas le besoin de base des particuliers.
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Celà étant, je vois, pour ma part, une disjonction en deux aspects différents. L'avion, qui restera ultra perfectionné et géré par de grosses équipes, et les drones qui lui seront soumis avec du matériel lowcost, jetable, voire même conçus pour ne jamais revenir, et qui pourront être réalisés en bricolant un rasberry pi.
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La seule limite aujourd'hui, c'est l'interface, puisque on imagine encore mal l'OTAN publier ses protocoles de com' entre avion et armes...

Écrit par : v_atekor | 04/10/2019

Bonjour à tous: Quelques points que j'aimerais éclaircir:

@ PK: "Le projet est actuellement devisé à environ 15 milliards de dollars..."
Dans cette somme, la part indonésienne est-elle comprise? Si c'est le cas, c'est (très) mal parti, car Djakarta n'a toujours RIEN déboursé.
En outre sur les 80 appareils prévus au départ, l'Indonésie ne prévoit plus d'honorer ce chiffre, on parle aujourd'hui de 70...

@ James
En fait la motorisation est actée: il s'agit du GE F414 construit localement sans tuyères vectorielles.

Aide de LM: cette aide est liée à l'achat de F-35, dans tous les cas elle ne devra pas dépasser 20% de la conception totale et prendra fin à la fin de cette année.

Radar ASEA: la coordination avec Israël est (très) difficile, non pas que ce pays ne maîtrise pas cette technologie, mais KAI veut toujours mettre son grain de sel, du style "make in Indonesia"...

Au plaisir de vous lire...

Écrit par : forêt10 | 04/10/2019

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