01/08/2019

Les données des F-35 norvégiens transmises aux USA !

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Les autorités norvégiennes de la défense ont surpris l'un de leurs nouveaux avions furtifs F-35A « Lightning II » Block 3F renvoyant des données sensibles à son fabricant américain Lockheed Martin. 

La Norvège est le premier utilisateur non américain du F-35 à disposer d'un logiciel essentiel à la mission, rendu possible par la fourniture de fichiers de données de mission.

C’est une base de données et un logiciel essentiel qui sont censés fournir la «prise de conscience révolutionnaire de la situation». Mais voilà, cette «conscience de la situation» va dans les deux sens. Cela veut dire que l’avionneur américain Lockheed Martin et l’armée américaine reçoivent une télémétrie détaillée sur tout ce que les pilotes norvégiens font avec les F-35A.  

Un problème connu :  

La transmission d’informations propres aux utilisateurs du F-35 est connue depuis un certain temps. Révélée à l’époque par les israéliens qui ont été les premiers à suspecter cette possibilité. Ceux-ci ont été les seuls à prendre la mesure du problème. Les industriels israéliens à travers la société Israël Aerospace Industry (IAI) disposent d’un service de maintenance complet. Israël a mis en place sont propres pare-feu pour s'assurer que l'information privilégiée ne passe pas entre les Etats-Unis et israël via un système externe, tel que le système Autonomic Logistics information (ALIS). Les données ALIS sont téléchargées sur un serveur isolé. Ayant obtenu les codes sources, les informaticiens de Tsahal sécurisent les données, les testes et c’est seulement ensuite que ceux-ci, les téléchargent sur les F-35A « Adir » évitant ainsi toute fuite de données. Cette façon de faire permet également d’éviter d’être « online » et donc d’être éventuellement victime de hackeurs.

On peut donc s’étonner que de nombreux pays ayant délibérement choisi le F-35 semblent tout-à-coup surpris de ce qu’ils découvrent.

Blocage du retour de données :

Lors de la présentation du F-35A en Suisse à Payerne, Lockheed Martin a reconnu qu’il était possible de recevoir en retour des données des utilisateurs. Pour Lockheed Martin, si notre pays devait opter pour le F-35, nous recevrions une version d’ALIS qui permettrait de bloquer tout retour d’information en direction des USA. Quelles garanties aurrions-nous réellement que ce système fonctionne ? Sans parlez d’une erreur humaine qui rendrait nos données visibles. Des nombreuse questions subsistent à ce sujet.

Photo : F-35A norwégiens @ Erik Moen

 

Commentaires

Israël a mis en place sont propres pare-feu pour vous assurer que l'information privilégiée ne passe pas entre les Etats-Unis et israël via un système externe..,.
Le français suisse semble s'éloigner du français normal.

Ceci étant soit les décideurs norvégiens sont de grands naifs, soit ils sont corrompus. Je crains que d'autres pays aient le même genre de décideurs.

Écrit par : Roy | 01/08/2019

@Roy,
Qu'entendez-vous avec ce commentaire: "Le français suisse semble s'éloigner du français normal."?

Écrit par : Fab | 01/08/2019

Le système ALIS transmet les informations d’utilisation de l’avion, mais ALIS s’arrête-t-il là ?
Le système ne pourrais t’il pas avoir d’autre usage comme ? cloué l’avion au sol par brouillage via satellite, awacs, internet.
Rendre l’armement inutilisable lors d’un combat aérien contre un avion USA ?

Écrit par : Jean | 01/08/2019

Parfois on dirait que la naïveté du bon et gentil public est sans limite ... Les gens pensent sincèrement qu’un système d’information centralisé sous contrôle US était conçu pour surtout ne pas regarder certaines données sensibles des utilisateurs ?
Mieux encore il y a des gens pour croire que les militaires norvégiens ou israéliens ont découvert subitement ce risque ?? Avec l’historique avéré des USA dans le domaine ??

Le F-35 est une mise sous tutelle stratégique et technologique des alliés des USA vis à vis de l’Oncle Sam... c’est une évidence depuis l’origine du programme en 1999. Et les acheteurs l’acceptent en connaissance de cause, bien qu’ils ne l’admettront jamais publiquement... en même temps quel pays en Europe de l’Ouest avait publiquement admis être inféodé aux USA durant la guerre froide ?? Aucun non plus ... l’illusion de l'indépendance stratégique est un mirage que les gouvernements se payant sur les dividendes de la paix n’ont pas envie de dissoudre face à leurs opinions publiques... fierté nationale oblige .

Plutôt que tenter d’imaginer un échec opérationnel qui n’existera pas pour le F-35, les observateurs seraient plus avisés de regarder l’impact géostratégique majeur du F-35.

Écrit par : Dany40 | 01/08/2019

@Jean : oui celà est possible. Sans remise à jour tout les 30 jours via ALIS, votre F-35 devient inutilisable.

Écrit par : PK | 01/08/2019

@dany40
"Le F-35 est une mise sous tutelle stratégique et technologique des alliés des USA vis à vis de l’Oncle Sam"
Je suis complètement d'accord avec toi là-dessus. Et c'est aussi pour cette raison que l'OTAN est la courroie de transmission de la politique US en la matière.
Mais concernant la Finlande et la Suisse cette courroie est moins sensible car c'est bien de leur neutralité dont on parle. Accepter que leur défense puisse être arbitrée depuis Washington serait quand même un changement majeur de paradigme. Sans parler de LM qui aurait en la matière les mêmes pouvoirs que Washington.
Sur le plan technique le F-35 ne donne plus autant d'avantages qu'auparavant. D'abord parce que les moyens de détection opérationnelle des objets furtifs se sont multipliés (dans l'infrarouge ou dans les grandes longueurs d'onde). Ensuite certe la furtivité de l'adversaire doit être prise en compte mais l'hypervélocité inquiète actuellement plus les états-majors que la furtivité.
Les annonces récentes de lasers dans la stratosphère par le gouvernement français en est l'illustration. Je pense même que ce bouclier stratosphérique est l'initiative française permettant de cimenter une défense européenne et proposable à la Finlande et à la Suisse pour contrer les efforts US de ce présenter comme l'allié ultime.
La stratosphère était un lieu vierge d'ambition stratégique jusqu'à maintenant. Par nature associer la Suisse et la Finlande à son utilisation militaire ne peut que les intéresser. La plateforme STRATOBUS est aussi suffisamment simple pour être vendable et équipable de lasers sans condition par la France.

Écrit par : herciv | 02/08/2019

@Dany40 : Heu... L'Allemagne se savait inféodée, partitionnée, amputée et de façon très visible, la Belgique savait qu'elle n'avait pas les mains libre mais sa position entre le RU, la France et l'Allemagne faisait qu'elle n'avait déjà pas les mains libres auparavant. L'Espagne et la Grèce avaient autre chose à penser que l'OTAN... Restaient surtout la France et le RU. Les deux pays ont eu des politiques exactement opposées vis à vis des USA.
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La France De Gaulle, jusqu'à Mitterrand a cultivé un ni-ni salutaire et qui lui a permis d'être proche des deux blocs et a passer outre les politiques américaines et russes, alors qu'elle avait payé très cher son alliance bancale à Suez ou en Indochine et qui ne s'est pas reproduit une fois qu'elle a eu l'arme atomique alors que ce n'ont pas été les occasions qui ont manqué.
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Avec la réunification allemande et donc la fin de la guerre froide commence la politique des dividendes de la paix, jusqu'en 2001 en gros. Et l'alliance bancale revient sur le tapis.

Écrit par : v_atekor | 02/08/2019

Il faut savoir que l’ »affaire « de ces connexions informatiques a bloqué la vente du F-35 à Israël pendant près de 4 ans....
Merci Obama toujours plus proche de Téhéran que d Washington.....
Mais nous, nous sommes en guerre et la prise en compte de la menace vitale passe avant tout.
Les Américains et les autres utilisateurs du « ADIR «  { le puissant en Hébreu} seront bien heureux de recevoir des infos du seul pays qui utilise cet avion en vraie grandeur......

Écrit par : Mefaresh01 | 02/08/2019

Je pense que STRATOBUS est un projet qui est vivement porté par le gouvernement actuel car il va permettre de crédibiliser une défense européenne à la fois sur la détection et sur l'engagement de cibles hypervéloces. Ce projet n'a pas de sens à l'échelle de petit pays ni même à l'échelle de la France. En effet envoyer des moyens d'observation et d'engagement dans le stratosphère (70 000 pieds au minimum) implique un horizon visuel de détection d'objets volants à 8000 pieds de prêt de 1000 km. Avec une telle valeur on voit bien qu'un système efficient de détection et d'engagement doit/peut être pensé à l'échelle européenne.
Un projet de satellites n'aurait pas les mêmes avantages opérationnels surtout pour l'engagement avec des lasers car il implique des portée encore hors d'atteinte pour les lasers et l'identification des cibles hypervéloces. De plus la mise en oeuvre des plateformes Stratobus peut se faire sans spatioport.
Les US ne peuvent donc pas proposer un projet similaire aussi facilement que les français. Puisque la constellation STRATOBUS ne serait déployable que dans le ciel souverain de chaque état européen et donc resterait sous maitrise complète de chacun de ses participants au contraire d'une constellation de satellites.

Écrit par : herciv | 02/08/2019

@Mefaresh01 : C’est bien vous n’avez rien compris ! Faut peut-être relire ! Non seulement les F-35 israéliens ne transmettent pas les infos aux USA et aux autres utilisateurs mais ils sont les seuls dans ce cas.

Écrit par : Marco | 02/08/2019

En attendant, si l'on revient un peu sur terre et si une troisième guerre mondiale ne redessine pas les cartes d'ici à ce que les rêves française ne redeviennent des litotes pour nos descendants, Israël semble avoir mené une mission en Irak il n'y a pas une semaine et certainement qu'Israël ne voulait pas laisser des traces dans le beurre et personne ne pourra, sans doute, attester ou infirmer l'origine de l'opération. Ne pas oublier que les services américains ne sont pas si fiables, surtout après qu'Obama ait placé des pions souvent tournés vers l'Est ou quelques intérêts pas si loin des iraniens, donc tsahal se méfie comme de la peste de ses alliés. Cependant, il en faut des alliés, et ne vaut-il pas mieux s'allier avec le diable lorsque l'on parle de sécurité aérienne ?

Écrit par : Martin | 02/08/2019

@marco
A mon avis le problème c'est de bien choisir son diable. Et jusqu'à maintenant le diable américain était sacrément tentant. Mais voilà la menace des missiles hyperveloces à le potentiel de rebattre les cartes parce que les us pour une fois ne peuvent pas offrir aussi bien en Europe que les européens eux-mêmes.

Écrit par : Herciv | 02/08/2019

Herciv, les missiles hypervéloces ou pas suivent une trajectoire et plus ils vont vite et plus leur trajectoire est linéaire, donc plus elle est linéaire et plus elle est prédictible, ne pas croire qu'un missile hypervéloce est plus compliqué à abattre, c'est tout le contraire, mais si nous restions sur le sujet, c'est à dire : les transmissions de données entre les avions et les commandements ?

Ce sera certainement le gros sujet concernant l'aviation militaire pour les 30 prochaines années.

Écrit par : Martin | 02/08/2019

Autre détail, plus un missile doit se déplacer vite et plus il dépense d'énergie, et plus il dépense de l'énergie et plus il est détectable.

Écrit par : Martin | 02/08/2019

@martin
Le sujet c'est f-35 ou pas pour la suisse. Sachant que le critère dans le choix du f-35 est toujours le même : inféoder ou pas sa défense au US. Pourquoi un politique ferait le choix délibéré d'inféoder sa défense ? Parce qu'il n'a pas d'alternative face à une menace.
Là moi je vous dit que ce projet de STRATOBUS est une alternative très crédible.
Vous pouvez toujours dire que les hypervéloces (et hypermanoeuvrant)ne sont pas compliqués à abattre. Mais pour avoir discuter avec des officiers Français je peux vous dire que cette menace là est prise très au sérieux dans les états-majors. Et comme je ne vois pas pourquoi ce serait différent dans les états-Majors suisses je vous dis que le STRATOBUS est une alternative très crédible à l'allié US qui ne sera pas en mesure d'offrir aussi bien dans le ciel européen pour des problèmes de souveraineté de l'espace stratosphérique.

Écrit par : herciv | 02/08/2019

Et quand on rappelait récemment que le peuple suisse devait pouvoir se prononcer non seulement sur la validité de l'acquisition d'un nouvel avion de combat mais aussi sur son modèle (car un tel achat implique bien souvent une sujétion stratégique au pays qui le produit), on se faisait insulter par des gens dirons-nous peu au fait de ces questions (tout en croyant être très avisés), pour rester, contrairement à eux, un minimum poli. Ou alors on liquide simplement la Suisse telle qu'elle existe encore un peu, c'est-à-dire libre et indépendante.
C'est un choix, mais si on fait ce choix, il doit être alors énoncé clairement.

Écrit par : UnOurs | 02/08/2019

@UnOurs: pourriez-vous préciser ?

Écrit par : Marco | 02/08/2019

Je doute très sérieusement qu’armaSuisse propose le F35 au Conseil fédéral en connaissance des risques de cette mise sous tutelle technologique dont seul Israël semble s’être détaché.

Écrit par : Gilles Bourquin | 02/08/2019

@Gilles Bourquin: entièrement d'accord avec vous. De plus avec les F-35 pas de codes source pourtatn indispensable pour fonctionner avec le système sol-air, et ajouter le fait que la maintenance ne pourra se faire ne Suisse , mais exclusivement chez Leoanrdo en Italie et que les coûts à l'heure de vol sont prohibitifs.

Le seul avion qui entrent dans tous les critères est l'Advanced Super Hornet de Boeing. En parallèle je vois bien le système eurosam SAMP/T pour ce qui est du sol-air.

Écrit par : Martin | 02/08/2019

Bonjour Martin, je suis aussi Martin alors je me place en 2.
Le F-35 n'est pas juste un avion, c'est un système et je crains que la Suisse ne soit pas équipée pour accueillir des flottes d'avions 5ème génération. Ces systèmes nécessitent des systèmes de communications qui pour le moment n'ont été développés que par les américains et les israéliens, en fait ce sont les israéliens qui ont initiés ces technologies depuis les années 80 afin de contrôler leurs drones sans être interceptés par les écoutes ennemies.

Écrit par : Martin2 | 02/08/2019

@herciv, il est évident qu'il faut choisir ses alliés en se fournissant en armements.
Comme je le disais, même si cela va jusqu'à s'allier avec le diable. Peut-être que le diable est parfois moins nuisible que certains anges prometteurs. Vous semblez ignorez que les avions 5ème générations sont d'une part furtifs aux radars mais ils le sont avant aux systèmes d'écoutes de communications, à quoi servirait-il de développer des avioniques furtives si c'est pour se faire repérer à cause des communications ?
Les israéliens possèdent plusieurs satellites traditionnels et des milliers de nano-satellites divisés en plusieurs familles, tous inter-connectés malgré leurs cahiers des charges, mais bon nombre sont dédiés aux communications avec les avions, les drones et le missiles de tsahal. Israël aurait déjà lancés plus de 3600 nano-satellites dans les couches extra-stratosphériques. Ces nano-satellites sont propulsés par des mini-fusées lancés depuis de F-15 transformés et capables d'atteindre des altitudes dépassant les 35'000 mètres d'altitude, à chaque lancement ce sont une dizaines de ces engins qui sont expédiés pour chaque fusée, ces F-15 transformés sont capable d'embarquer 4 fusées, soit environ une quarantaines de satellites.
Observation, les F-15 modifiés de tsahal ont reçu des autorisations de survoles de la part de la Jordanie et de l'Arabie-Saoudite afin de lancer leurs nano-satellites et cela depuis 1995, comme quoi le diable peut se rendre très utile.

Écrit par : Martin2 | 02/08/2019

@Martin2 : vous pouvez citer vos sources?

Écrit par : Al&X | 03/08/2019

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