20/03/2019

Aviation et climat, des actions concrètes !

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Dans la série d’article que je vous propose depuis un certain temps, voici un nouvel exemple d’action concrètes qui ne sont pas le fruit de l’utopie, mais bien de réflexions réfléchies. Les biocarburants combinés à des avions moins gourmant sont « là » solution. 

Programme de décarbonisation 

La Suède a pour objectif ambitieux, celui de ne plus utiliser de combustibles fossiles d'ici 2045. Dans le cadre de cette initiative, une proposition de décarbonisation de l'aviation en Suède a été annoncée, le 4 mars dernier. La proposition suggère que la Suède introduise un mandat de réduction des gaz à effet de serre pour le carburant d'aviation vendu en Suède. Le niveau de réduction serait de 0,8% en 2021 et augmenterait progressivement pour atteindre 27% en 2030. Les niveaux de réduction seraient équivalents à 1% (11 000 tonnes) de carburant aviation durable en 2021 et à 5% (56 000 tonnes) en 2025 et 30% (340 000 tonnes) en 2030. Cela fera ainsi de la Suède un leader incontesté en matière de décarbonisation de l'aviation.

Volonté politique 

Les avions civils, mais également des avions militaires et jet privés sont tous concernés. Des vols à 100% verts d’un avion de combat Saab JAS-39D Gripen ont été effectué en Suède. Il s’agit du fruit d’une volonté politique associée à une détermination de l’avionneur suédois. En parallèle, cette stratégie vise à soutenir et à développer les conditions pour la technologie environnementale. La stratégie suédoise inclut le support pour l'innovation et la promotion des exportations. L'ambition du gouvernement est de créer les conditions pour le développement du secteur de la technologie suédoise en matière d’environnement et de contribuer ainsi à un meilleur environnement en Suède et dans le monde. Car, pour la Suède, il devient également possible de partager se savoir faire avec les futurs acquéreurs potentiels des avions de la famille Gripen. D’un point de vue stratégique il s’agit également de diminuer la dépendance vis-à-vis des énergies fossiles notamment en cas de crise pétrolière.Le carburant testé CHCJ-5 est constitué d'huile de colza. Par ailleurs, ce biocarburant satisfait aux mêmes exigences de combustion que le carburant fossile.

La Norvège également

La Norvège a annoncé son mandat de mélange de biocarburants à 0,5% en 2020. Le marché disposera de suffisamment de capacité pour fournir les volumes prévus de biocarburant renouvelable à la Suède et à la Norvège. 

Objectifs de l’industrie aéronautique 

L’industrie aéronautique mondiale a fixé des objectifs ambitieux pour réduire les émissions de gaz à effet de serre du transport aérien, notamment une croissance neutre en carbone à partir de 2020 et au-delà, ainsi qu’une réduction de 50% des émissions nettes de carbone de l’aviation d’ici 2050. L’aviation a besoin de nombreuses solutions pour réduire ses émissions. À l'heure actuelle, le carburant d'aviation durable constitue la seule alternative viable aux carburants liquides fossiles pour alimenter les avions.

Pour l’ICAO, soit l’Organisation de l’aviation civile internationale il faut : soutenir la production de biocarburants élaborés à partir de résidus biologiques, afin de réduire concrètement les émissions de CO2 et de protéger l’environnement. 

De recommander au Conseil de l’OACI de charger le CAEP de revoir la question de l’adoption rapide des biocarburants pour l’aviation civile internationale en raison de leur efficacité environnementale, de l’analyse coûts-avantages, y compris les coûts de certification, et des défis en matière de sécurité des vols, tout en prenant en compte les enjeux de sécurité alimentaire et de sécurité de l’approvisionnement en eau, conformément aux objectifs de développement durable des Nations Unies. 

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Origine des biofuels pour l’aviation 

Le kérosène habituel est obtenu à partir du pétrole brut, les biocombustibles durables pour l’aviation sont obtenus à partir de sources comme les huiles naturelles non alimentaires et les déchets agricoles. La Federal Aviation Administration (FAA) a indiqué que ce carburant est acceptable pour une utilisation dans un aéronef. Un système de normes et de certifications mondiales sur le développement durable reconnaissant les producteurs de biomasse et de biocombustible qui adhèrent à des critères environnementaux et de responsabilité sociale stricts est déjà en vigueur.

Emprunte du cycle des biocarburants 

Les biocombustibles durables pour l’aviation ont un effet positif pour l’environnement en réduisant significativement le volume des émissions de CO2 produites au cours du « cycle de vie » de ce type de carburant par rapport au kérosène conventionnel. Le « cycle de vie » se réfère à toutes les émissions produites au cours de l’ensemble du processus, depuis l’extraction ou la collecte de la matière première jusqu’au raffinage, au transport et à l’utilisation du carburant 

Des actions réalistes :

Les nombreux vols réalisés avec du biocarburant, les certifications déjà obtenues ou en cours des moteurs d’avions et les efforts au quotidien de l’industrie de l’aviation sont autant d’actions réalistes et déjà actives. Nous sommes bien loin de certaines prises de positions idéalistes proposées à l’approche de élections fédérales qui n’ont qu’un but « électoraliste ». Mettre des avertissements sur les publicités de certains transporteurs aériens, alors que ceux-là mêmes, sont les acteurs actifs sur le développement d’une aviation toujours plus propre montre l’amateurisme de certain. 

Sources : Neste Corporation, ICAO, EASA, FAA

 

Commentaires

@PK: N'idéalise pas l'industrie non plus.
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La seule raison pour laquelle ces projets existent c'est que les avionneurs et motoristes anticipent une pression accrue pour des carburants "verts" (Dans le militaire c'est de la franche rigolade, mais je n'y reviendrai pas).
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La seule et unique pression à laquelle une industrie est sensible est la pression économique. Le reste c'est du greenwashing. Si les menaces de pressions économiques ne se transforment jamais en pression réelles, elles seront considérées comme de l’esbroufe et ces efforts seront abandonnés.
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Il est d'ailleurs révélateur que ce soient (justement) les pays scandinaves qui soient les plus en pointe, sans doute car les objectifs de décarbonatation de l'industrie sont doublés de menaces de pressions économique accrue.
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En l'état, je ne vois pas Airbus ou Dassault spécialement motivés par le sujet : ils savent très bien qu'ils ne sont pas prioritaires pour la la France maintienne son avance relative dans l'UE (4e pays le plus décarbonné après la Suède, la Finlande et la Lettonie, merci au nucléaire).
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Ils savent qu'ils n'auront à subir de pression économique qu'après les usagers des transports routiers, des chauffages à mazout, l'agriculture et l'industrie de la construction... Dans 20 ans. Alors oui, il y a des essais de temps à autre, pour la forme, et pour ne pas perdre pied "au cas où", mais ce qui les occupe c'est la réduction de la consommation spécifique car ça a un impact direct sur l'économie des passagers et des compagnies.
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Quant à Boeing, idem. Trump au pouvoir, les USA pomperont. Pas de pression économique, même conclusion : ils se concentrent sur la réduction spécifique, et non sur les carburants renouvelables.
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Ton article est gentil, mais il faudrait qu'il analyse les raisons économiques de ces "actions réalistes" et du pourquoi de ce positionnement...

Écrit par : v_atekor | 20/03/2019

Je pense que c’est qu’une question de trouver de l’argent a volé sur quelque chose.
Bon d’un côté c’est logique que l’aviation paie aussi les taxes CO2, chaque année c’est des milliers d’avions qui vol ou survol le ciel Suisse, même les avions qui font que passé l’espace aérien devrait payer une taxe, tout est possible en simplement taxé l’entreprise et a elle de taxée ses clients sur le prix des billets.
On trouve aberrant que l’aviation paie ? mais pensez-vous qu’il y en a pas un peu marre que c’est toujours l’automobiliste le dindon de la farce ?
Une majorité qui prenne l’avion sont des touristes, ils ont l’argent pour les vacances et pourquoi pas un peu pour une taxe ? ? ?
Au lieu de toujours s’en prendre à l’automobiliste, on devrait plus taxé tous ces camions de transport tout confondu.
J’habite une région ou il y a une gravière, chaque jour ce sont des centaines qui passent sur la route.
Nous devrions taxer toutes ces entreprises qui ont des véhicules lourds, ce sont eux qui polluent le plus et non les voitures équipées de pot cataleptique.
Mais au lieu de sa c’est a nouveau monsieur et madame tout le monde qui paie, car on ne touche pas au gros et entreprise, car eux sont intouchables, qui ont le bras long, les plus grands pollueurs, mais y sont riche donc ???

Écrit par : michel | 21/03/2019

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