03/02/2019

Choisir un avion de combat, c’est définir une ligne stratégique !

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Le choix d’un avion de combat n’est en rien une mince affaire. Un programme d’acquisition peut s’étendre sur plusieurs années, être retardé mainte fois pour plusieurs raisons (politique, financière) avant de pouvoir enfin toucher son but. Le choix lui-même peut être motivé par plusieurs éléments comme les coûts  à l’achat et à l’heure de vol, les considérations politiques du moment, d’un éventuel embargo pour certains pays et de l’intérêt des compensations industrielles (offsets) si celles-ci font partie du contrat. Autrement dit le choix d’un système d’arme complexe comme avion de combat requière pleinement d’une ligne stratégique définie à l’avance par le pays acheteur.

Le cas belge :

Preuve en est le choix en début de semaine du Lockheed-Martin F-35A « Lightning II » par la Belgique pour venir remplacer la flotte actuelle de F-16 du même avionneur. Un choix qui fait grincer les dents des pays européens producteurs d’avions. Comment Bruxelles, ce cœur de l’Union Européenne peut-il une nouvelle fois tourner le dos à un élément de la défense européenne pour ouvrir ses bras aux Etats-Unis ? Pour beaucoup dans les capitales européennes, il s’agit-là d’une trahison.

Les belges sont-ils des traîtres pour autant ?

Le cas belge n’est pas une exception et démontre qu’une fois de plus il n’y a pas de « culture militaire pro-européenne ». Les intérêts de chacun en matière de défense prennent le pas sur les considérations d’une défense européenne unique.  Dans le cas de la Belgique, on connaissait depuis le début de la compétition que certains signes prédestinaient une décision en faveur du F-35. En effet, le choix belge est motivé, depuis le début par le choix d'emporter la bombe nucléaire américaine B61. En choisissant le F-35, la Belgique garde ainsi ses prérogatives déjà obtenues avec le F-16. Certes, la B61 est sous contrôle de l’US Air Force et les belges se retrouvent sous les ordres de ceux-ci. Mais, il semble bien que Bruxelles y trouve son compte, notamment au sein de l’Alliance Atlantique.Et puis, il y a une raison complémentaire dans le choix belge, elle concerne la possibilité de travailler directement avec la force aérienne néerlandaise qui a également choisi le F-35. Sachant que l’aviation militaire belge est aux mains des flamands, un rapprochement avec le voisin est particulièrement avantageux en terme de formation et de partage des armements par exemple. Pour le reste de ses acquisitions la Belgique achète européen comme des véhicules blindés du franco-allemand Nexter-Reinmetall.

L’exemple du Qatar :

Dans un tout autre ordre d’idée, mais pour bien comprendre les intérêts qui peuvent motiver un ou plusieurs choix en matière d’équipement militaire et à plus forte raison en matière d’avions prenons celui du Qatar. Ce petit pays est actuellement très controversé et se retrouve isolé du point de vue diplomatique face à l’Arabie Saoudite qui l’accuse de soutenir le terrorisme. En arrière plan le soutien du Qatar à l’Iran a fortement déplus aux Emirats voisins. Mais derrière la guerre des frères ennemis du wahhabisme, c’est l’avenir économique de la région qui se joue.

Pour adoucir son image, le pays à lancer un vaste programme d’acquisition d’équipement militaire de plus de 100 milliards de dollars avec l’achat non pas d’un type d’avion, mais de trois ! Le pays a lancé un programme d’achat portant sur :

Une première commande de 24 avions de combat Rafale de Dassault Aviation en 2015 avec un ajout de 12 appareils en 2017 pour un total de 7,4 milliards d’euros.

En 2016, c’est l’achat de 36 Boeing F-15E « Strike Eagle » pour 4,7 milliards de dollars avec la possibilité d’en obtenir sur étagère 72.

Et pour terminer en 2017, c’est une commande portant sur 24 avions de combat Airbus DS Eurofighter T3 pour un prix non communiqué, mais qui se chiffre en milliards d’euros sans compter les options d’avions supplémentaires.

Sans parler des autres équipements, le pays tente ici de renforcer son image et de se montrer comme un allié des puissances Occidentales.

La stratégie du choix

Europe ou pays du Moyent-Orient, Asie-Pacifique, les choix des gouvernements en matière d’équipement militaire de pointe s’expliquent avant tout par les facteurs politiques et industrielles avec comme objectif une base industrielle nationale pour certain capable de produire du matériel comme un avion de combat ou pour d’autre de venir participer en tant que sous-traitant par exemple. Pourvoir fabriquer en  sous-traitance un avion de combat peut permettre à terme d’obtenir une certaine autonomie (L’Inde par exemple). Mais tout cela est intimement lié au tissu industriel du pays.

Un gouvernement choisira l’avion national : c’est le cas de la France et de la Suède. Pour autant l’Angleterre et l’Italie qui produise au sein du consortium Airbus DS l’Eurofighter se sont également tournés en direction du F-35. Les anglais pour remplacer les BAe Sea Harrier et les italiens pour devenir la plateforme de production et de maintenance unique du F-35 en Europe.

Le facteur industriel joue également un rôle pour les États dénués d’industrie nationale : la question sera alors davantage celle du prix des appareils et des compensations qu’un gouvernement recevra d’une entreprise en contrepartie du contrat (offset). En ce sens, la question des négociations autour du prix et des avantages pour les industries nationales existe également pour ces pays.

Pour comprendre un choix de l’avion X, il est important de comprendre le rôle des facteurs industriels et stratégiques dans les choix des gouvernements en matière d’avions de combat. Chaque pays fait face à des pressions adaptatives liées au coût important et croissant des avions de combat, les élites stratégiques de certains pays sont portées soit vers une solution américaine (le plus souvent) soit vers une solution à bas prix alors qu’ailleurs, comme en France, des acteurs industriels s’opposent à leur propre marginalisation. Dans les deux cas, certains acteurs au sommet de l’État exercent un veto qui rend impensable l’achat d’un avion « européen ». Sur le plan industriel, on observe une capture de la décision par les entreprises nationales qui, soit indépendantes soit enrôlées par Lockheed-Martin, réussissent à vendre leur produit à un prix qui échappe aux prévisions budgétaires initiales. De fait, une décision nationale ne s’inscrit pas forcément pas dans une dynamique européenne. C’est le cas en Belgique, Norvège et Danemark, soit des pays ayant optés pour le F-35, mais reflètent plutôt la superposition de logiques nationales, européennes et transatlantiques.

Et la Suisse  :

Le projet de modernisation des Forces Aériennes « Air2030 » qui prévoit le remplacement des types d’avions de combat Northrop F-5 E/F et Boeing F/A-18 C/D, ainsi que les systèmes de défense sol-air missiles BAe Rapier et canons Oerlikon de 35mm pour un montant maximum de 8 milliards n’échappe pas à la règle.

La politique d’armement constitue ainsi aussi la base des affaires compensatoires liées aux acquisitions de biens d’armement à l’étranger. Le Conseil fédéral a décidé que le 100% du prix d’achat devait en principe être compensé en Suisse. Les décisions prises jusqu’ici par le Conseil fédéral dans le cadre du projet d’acquisition du prochain avion de combat et d’un nouveau système de défense sol-air s’inscrivent dans cette ligne. Le Conseil fédéral est convaincu que les affaires compensatoires permettent aux entreprises suisses d’accéder à un savoir-faire et aux marchés pertinents. Afin de garantir la transparence autant que possible, ces affaires compensatoires seront répertoriées dans un registre consultable par le public.

Autrement dit, nous aurons une limitation de choix principalement due au montant total qui nous impose un nombre d’équipement limité et certainement pas les plus onéreux. Par contre, la provenance des futures systèmes aura un double impact. D’une part, il aura une influence sur les partenariats en matière d’entraînement de nos soldats en Europe et/ou aux USA voir Israël et le second concernera les rapports industriels et le développment du marché pour notre industrie civiles. En effet, la résultante du choix ne sera pas la même, si nous choississons le tout européen ou américain ou bien, si nous optons pour un mixte USA/Europe/Israël. Dernier point, choisirons-nous un aéronef certifié biofuel ? Là encore, le choix aura une raison stratégique.

 Photo: Gérard Famerée

 

 

Commentaires

Les commentateurs critiquant le choix belge (et d'autres pays) pour le F35 me semblent ridicule.
Tous les avions européens sont les appareils de pointe pour les 20 prochaines années, et seront des avion secondaires d'ici 25 ans, car remplacés par une nouvelle génération.
De cette génération d'avions mis en service dès les années 2000-2010, pas un avion américain ou presque ne s'est vendu en Europe, car il s'agissait d'appareils dont l'origine datait des années 60-70-80....
Et aujourd'hui, le F35 est le seul avion totalement nouveau qui soit disponible à l'export ! La Belgique achète un appareil pour 40 ans de service (minimum). Soit jusqu'en 2065.
Or le SCAF entrera en service entre 2035 et 2040... Donc cela signifie tenir 25 ans avec un appareil qui sera secondaire dont les pays d'origine. Et ce n'est pas le cas du F35, il constituera la colonne vertébrale de l'USAF.
...
Quant à la disponibilité, beaucoup ont ricané car la Belgique réduira d'un tiers le nombre d'heures de vol de ses pilotes par rapport à la situation actuelle. L'hypothèse faite était que le F35 n'était pas capable de faire le même nombre d'heures de vol que le F16....
Or il se trouve que la flotte de F35 est un tiers plus petite que celle du F16... Un pays en général achète du matériel pour une certaine durée, en l'occurrence 40 ans. En divisant par 40 les 8000 (ou 8500) heures de vol potentielles, et en multipliant par le nombre d'appareils, vous atteignez exactement le nombre d'heures de vol annuelles données par la défense. Donc ce n'est pas le F35 qui ne permet pas de voler autant, mais la taille de la flotte qui est le problème et qui est critiquable. D'autant plus que contrairement à l'appel d'offre suisse qui demande de fournir le nombre d'appareil correspondant aux besoin technique n'était pas l'approche belge. L'appel d'offre précisait le nombre d'avions voulus. Donc peu importe l'appareil sélectionné pour cet élément...
.
Le F35 n'est pas une réussite au niveau de la conception est de l'industrialisation, et il est bien d'être critique. Mais il y a trop de personnes qui utilisent des informations qui ne disent rien quant à la qualité d'un avion, et qui extrapolent pour critiquer le F35. Et c'est une perte de crédibilité que de faire cela.
Et ce qui me fait rire, c'est les personnes qui d'une part critiques le problème de souveraineté dû à l'UE, et qui ensuite ne veulent pas que des pays européens achètent américains...

Écrit par : Fab | 03/02/2019

Très bien l’article! Il faudrait le faire passer dans la presse nationale avec pour but d’ »éduquer » le citpyen lambda qui va certainement de nouveau devoir voter sur un sujet complexe sans infos impartiales...

Écrit par : Al&X | 03/02/2019

@ AI&X
Je ne suis pas d’accord avec votre propos sur l’éducation du citoyen lambda … les chiens ne font pas des chats … vous pouvez prouver A + B qu’il faut un nouvel avion, mais on vous écoutera pas.
Le Suisse est tellement ignorant, il se croit à l’abri de tout danger et à chaque fois il estimera que cet argent serait mieux dans d’autres domaines ? santé – éducation – route - etc…
La seule façon le faire changer de comportement est qu’un conflit lui tombe dessus, mais la il comprendra qu’il est trop tard.

Écrit par : michel | 03/02/2019

@Fab :vos savants calculs prennent-ils en compte l'efficacité opérationnelle d'une flotte de F35 minimaliste ; et effectivement , on peut ricaner sur la réduction drastique du nombre d'heures de vol . Bon et puis après , allons droit au but : toutes ces ergoteries ne servent qu'à justifier ce que l'on sait en matière d'avions militaires : le choix politique .

Écrit par : philbeau | 03/02/2019

Un articles très clair, complet et instructif.
Il me semble que pour la Suisse la solución la moins onéreuse et encore l'une des plus efficace seraiti probablement une combinaison de Gripen et David's Sling.

Écrit par : GBU | 04/02/2019

"une des plus efficace serait probablement une combinaison de Gripen et David's Sling." Ah, enfin qqn de raisonnable !

Écrit par : Géo | 04/02/2019

@Géo
En ce qui concerne le Gripen E, à mon avis ce sera le gagnant comme vous le disiez, par contre le système antiaérien ? Le David's Sling ça je ne pense pas ? Je verrais plus tôt un système made in USA.

Système antiaérien européen je ne vois pas ça d’un bon œil … je pense que les problèmes Europe – Suisse ne donnera rien de favorable sur le choix avion ou DCA et pourquoi.

La Suisse ne veut pas un bombardier comme le rafale qui a un fort tôt de charge, la suisse veut un avion d’attaque au sol plus faible.

Rafale : trop cher, emport charge lourde inutile pour notre aviation, coût à l’entretien, coût à l’heure, taux de disponibilité, problème UE.
Eurofighter : trop cher, coût à l’entretien, coût à l’heure, taux de disponibilité attaquent au sol néant.
F35 : trop cher, taux de disponibilité, série de défauts.
F18E : prix intéressant, coût à l’entretien, coût à l’heure, taille très grande risque problème pour les hangars.
Gripen : prix intéressant, coût bas à l’entretien, coût bas à l’heure, pas de modification hangars, avion multi-rôle air-air ou air-sol.

David's Sling : système israélien donc mauvaise image de marque en Suisse … y a cas voir avec le drone.
Système USA : Suisse et USA bon partenaire, bonne entente.
Système européen : conflit avec UE.

Écrit par : michel | 04/02/2019

Je pense qu’il est un peu tôt pour se prononcer mais il me semble que deux avions devraient avoir de bonnes chances soit le Super Hornet(Advanced Super Hornet) et le Gripen E MS22. Au niveau des systèmes sol-air je penche pour le Samp-T modernisé ou le David’s Sling vie que ce dernier semble avoir eu quelques soucis d’interception. A voir donc...

Écrit par : Martin | 04/02/2019

"par contre le système antiaérien ? Le David's Sling ça je ne pense pas ?"
Scusez-moi, je n'y connais rien dans ce domaine. Par contre, le refus du Gripen a été pour moi une sorte de démonstration des limites de la démocratie, et dieu sait si je tiens à ce système. A mon avis, mais qui pourrait le prouver, ce refus du Gripen a été dû non à ce groupuscule minable dit GssA, (une Suisse sans armée n'existant pas : si elle n'est pas suisse, elle sera étrangère...) mais à une partie de la droite qui a saboté cette option. J'ai des noms...

Écrit par : Géo | 04/02/2019

@Philibeau,
C'est exactement ce genre d'ironie que je trouve inutile !
Savant calcul? Non, calculs de base pour interpréter une situation, et ne pas faire de conclusions hâtives.
Le problème de l'efficacité opérationnelle est principalement dû à la taille de la flotte... Et comme je le dis, cela est critiquable.
Et avec un Rafale, avec exactement le même nombre d'avions, et le même potentiel en heures de vol, le résultat aurait été le même. 1/3 d'heures de vol en moins pour les pilotes ! Car ici, il s'agit de préserver la cellule sur 40 ans! Donc chaque année, la flotte doit voler 1/40e de la capacité de la cellule...
.
Et non, l'avion de chasse n'est pas qu'un choix politique !
L'Allemagne a pu renoncer au F35 car d'ici 20 ans, elle aura son SCAF...
Quand vous regardez les pays choisissant le F35 en Europe, il y a ceux qui ont des portes-avions (et qui pourraient vouloir en reconstruire). Et il y a les pays qui sont basés sur une flotte unique !
Les pays ayant une flotte composés de 2 appareils, excepté l'allié le plus proche, préfèrent attendre 20 ans pour avoir un avion mieux abouti. Mais ceux qui ont une flotte unique ont plus de peine à faire ce choix, car cela signifie travailler 40 ans avec des appareils qui en ont déjà 20...
Donc c'est malheureusement un non choix.
Et l'Europe qui critique ce choix pourrait aussi faire une auto-critique, celle du manque de coordination. Avec 3 avions de la même génération à peu de choses près, avec un design très similaire, ils se tirent forcément dans les pattes. Les pays européens qui ont tous lancés leurs projets au même moment ont été mauvais ! Aujourd'hui, les ventes de F35 en sont le résultat.
Avec un nouveau design, le F35 n'aurait pas vendu ou que très peu en Europe, car le volume de compromis nécessaires aux opérations américaines ont rendu l'avion moins performant. L'Europe n'aurait pas fait cela, et forcément le résultat aurait été plus simple, plus sain et plus performant !

Écrit par : Fab | 04/02/2019

@fab : Pour l'Allemagne (surtout pour elle) c'est un choix politique, et strictement. C'est le choix, au pif, de refuser la B61.

Écrit par : v_atekor | 04/02/2019

@Fab
"Et non, l'avion de chasse n'est pas qu'un choix politique !"
J'ai l'impression que vous êtes le seul à affirmer cela...

Écrit par : James | 04/02/2019

@ Michel: Ca ne vous dérange,pas trop,la mauvaise foi?

Bien que,en simple citoyen Français,je trouve le Rafale "over-size" pour les missions demandées à votre futur avion,je n'apprécie pas spécialement vos "arguments" contre l'avion de Dassaut....

Depuis quand,sa capacité d'emport est-elle un défaut?????
Surtout sur un avion "omni-rôle",dont le but est justement de pouvoir éviter d'avoir 2 avions spécialisés (chasse et attaque au sol) ...

Bizarrement donc,ce que vous reprochez au Rafale,vous ne le faites pas aux autres ...qui sont pourtant omni-role aussi et ont sensiblement les mêmes capacités d'emport (6 missiles air-air + reservoirs largables pour le gripen,par exemple...autant que le rafale)

Rafale trop cher? son prix est sensiblement équivalent au Super-hornet! si le super hornet possède un prix "interressant" selon vous,alors le rafale aussi,non????

Taux de disponibilité???? et selon quels critères,s'il vous plaît??
Les sources???? parce qu'en France,sauf matériels anciens,notre taux de disponibilité global est faible à cause du budget (misérable,au passage! ) de notre défense....qui fait que nos militaires doivent "attendre le fric" pour commander les pièces de rechange ....

Problème UE???? pardon???? le Rafale est certes un avion FRANCAIS (pas europeen! francais!!!! ),mais construit par un industriel PRIVE...en aucun cas par un état!
donc en quoi y aurait il des problèmes "UE" ,problèmes que vous ne reprochez pas au gripen,soit dit au passage....alors que le cas de celui ci est encore pire,vu qu'il est construit avec des pièces américaines (donc soumis à autorisation des Etats Unis...et je croie me souvenirs qu'ils ont étés bien plus méchants avec vous que ce crétin de Sarkozy que nous avions comme président)



la taille du Rafale est moindre que celle de vos F18 actuels (F18: 16.8m de long,13.5m d'envergure,4.66m de haut....contre 15.3m de long/10.8m d'envergure et certes,5.3m de haut pour le rafale....mais je doute sérieusement que vos ingénieurs se soient contentés de construire des casemates de "seulement" 5m de haut...) ,le super honet etant "à peine" plus grand que le F18 (18.3m de long,13.6 d'envergure,4.88m de haut) ,sachant que,la encore,je doute que les casemates actuelles soient construites "collé-sérré" pour ce "frêle" F18...
le gripen E étant un poil plus grand que que "39-gripen",qu'est ce qui vous garantit que sa hauteur n'est pas supérieure aussi aux 4.5m du gripen?




et pour finir: selon vous,le gripen serait le seul multi-rôle? c'est encore pire que de lire qu'un rafale "n'est PAS furtif" ....




seulement,quand on lit ensuite votre avis sur les systèmes de défense AA,on comprend vite pour qui vous "roulez" ....

Écrit par : grosminet | 04/02/2019

@James

Et bien non moi je soutiens le propos de @Fab qui est très réaliste .

Que la politique influe sur un choix d’avion de combat est une réalité ... mais en faire le critère principal est extraordinairement réducteur et inexact.
Les capacités opérationnelles des avions comptent lourdement, ne serait ce que parce que les militaires exigent de leurs politiques les moyens d’agir. Vous semblez ignorer l’influence des militaires dans les décisions politiques...

En plus vous en avez une démonstration par les actes : La grande reculade de Trudeau au Canada n’est rien d’autre qu’un abandon d’une décision politique face aux exigences opérationnelles des militaires !!

La grande difficulté en Europe, confirmée par les concepteurs du SCAF comme par l’ancien CEMAA Lanata, c’est que les avions dispos exports en 2019 sont en RETARD en terme de capacités opérationnelles par rapport au F-35.
L’absence totale de capacités satisfaisantes de furtivité et de connectivité chez Les Typhoon, Rafale et autre Gripen laissent le champ libre au F-35 ... car s’il est encore immature sur certains points , le F-35 est par contre totalement prêt et opérationnel sur ses capacités de furtivité et de connectivité.

Les allemands décident donc d’attendre le SCAF et l’avion franco allemand... c’est courageux mais en même temps les allemands ne vont que peu en OPEX. De ce fait ils pensent pouvoir attendre et rester sur la génération actuelle puisque l’idée est de rester sur de la police du ciel ... ou d’être en second couteau dans des opérations extérieures.
Par contre les pays comme la Norvège , La GB, le Japon etc ... sont soit en zone de tension soit ambitieux sur leur capacité à agir à travers le monde .... pour eux attendre 20 ans pour un autre avion pouvant se comparer au F-35 n’était pas envisageable .

La France de son côté va combler ce vide de 20 ans en faisant évoluer le Rafale... mais du propre aveu des concepteurs du SCAF le Rafale posera problème car ses faiblesses en furtivité et en énergie disponible ne pourront être rectifiées par aucun nouveau standard ...
On peut s’attendre à une solution par drone basé sur le NEURON pour combler ces lacunes.

Ces éléments opérationnels pèsent extrêmement lourds dans les choix car les militaires pèsent de tout leur poids ...

Écrit par : Dany40 | 04/02/2019

Les américains envisagent le remplacent du missile du Patriot PAC-3 par le missile Stunner du David's Sling. Ils ont proposé à la Pologne un Patriot amélioré intégrant les deux missiles et un nouveau radar. Si le David's Sling était interdit de vendre à la suisse, ça serait peut-être une option.

Écrit par : GBU | 04/02/2019

@GBU: Ce n’est pas tout fait exact, le Patriot peut être doté de deux types de missiles l’actuel et le Stunner israélien. La Pologne a choisi le système Patriot mais avec le missile israélien, car moins cher. En ce qui concerne la Suisse il n’a pas d’interdiction d’exportation pour le David’S Sling.

Écrit par : Pk | 04/02/2019

@Fab : Le choix récent de l'Allemagne est l'exemple même d'un choix politique , en privilégiant sans détour sa production nationale , l'Eurofighter malgré sa mise à niveau laborieuse( le Rafale français -et donc européen- ne figurant même pas dans la liste ) .
@Dany40 et Fab : vous avez décidément la foi du charbonnier dans le F35(et sans doute une crédulité un peu feinte à faire confiance dans la politique commerciale en mode bulldozer de LM )Il ne vous effleure jamais l'hypothèse d'un magnifique scandale du complexe militaro politique américain ; non , les dysfonctionnements à répétition dans la mise au point de cet avion décidément mal-né , de part notamment son programme aberrant de mix chasseur classique/adav et l'achèvement toujours reporté de ses capacités de connectivité ne vous interrogent pas ? Citons également les derniers avatars en date sur le vieillissement prématuré de la cellule , information proprement stupéfiante à notre époque , où ces questions sont maîtrisées depuis longtemps par n'importe quel constructeur...En attendant la suite du feuilleton ,dont on aura l'occasion de reparler .

Écrit par : philbeau | 04/02/2019

@ grominet oups désolé si j’ai écrasé 2 a 3 puces au passage.
En ce qui concerne le rafale c’est un bon avion parmi les meilleurs, mais pas le meilleur avion au monde …
Comme je le disais, le rafale ne sert a rien pour la Suisse, il est comme ses concurrents trop chers à l’entretien, et le coût de l’heure … après j’ai mentionné qu’il a une forte charge d’emport en armement ce qui ne sert a rien pour notre aviation … jamais nous effectuerons un bombardement contre un ennemi avec un fort largage de bombe … déjà nous avons éliminer l’artillerie afin d’éviter une mauvaise cible et de plus en Suisse le tôt d’habitations, villes.
La Suisse cherche un avion pour sa police aérienne et qui peut aussi servir d’attaque au sol, elle n’a pas besoin d’un avion à haut tôt d’emport.
Après un peut dire que prendre un rafale qui peut remplacer 2 a 3 gripen ce qui reste a voir, mais le problème est ailleurs ? Un nombre réduit d’avions n’est pas une bonne idée, car sur ce nombre vous enlevez les avions qui sont à l’entretien … ceux qui sont en panne et après chaque avion après leur vol doit avoir un check-up et tous les x temps un entretient … ce qui rendra a un certain moment une aviation clouée au sol.

Écrit par : michel | 04/02/2019

Depuis des années notre armée change … elle subit sa cure d’amaigrissement qui n’est pas des meilleurs, mais bon nous sommes que des spectateurs sur ce sujet.
Aujourd’hui et dans le futur, nous aurons plus qu’un modèle d’avion pour une utilisation bien précise.
Les caisses sont vides quand il s’agit de l’armée … nous vivons une époque ou l’armée est devenue tellement primitive, elle a plus de camion, jeep, remorque que d’équipement de combat et pas forcément de l’ultra moderne.
La majorité des politiciens et certain groupe veulent supprimer l’armée.
Bref une époque sans lendemain.

Écrit par : michel | 04/02/2019

@v_atekor,
Il y a une part de politique dans ce choix, mais la renonciation n'est pas certaine. Les Tornado emportent la B61. Il est possible que l'Eurofighter puisse aussi les emporter, bien que ce ne soit pas l'avion idéal pour la pénétration à basse altitude.

@James,
Je répète, le choix n'est pas QUE politique !
Ceux qui affirment que c'est un choix purement politique le font parfois aussi pour se rassurer, ils sont tellement convaincus que les avions européens sont les meilleurs qu'ils préfèrent y voir que les USA forcent à acheter leurs avions !
La réalité est plus complexe ! La question de génération entre très clairement en compte (et je ne parle pas de 4e ou 5e génération). Je parle du temps durant lequel les avions seront en 1e ligne dans leur pays d'origine.
La Belgique a toujours acheté des avions qui étaient très récents (Mirage III, F16, F35). Les pilotes qui eux se fichent de politique (car c'est leur quotidien qui sera impacté) voulaient le F35.
Regardez ceux qui ont acheté les Mirage F1 face au F16 ! 5 ans de différence, le F1 est plus vieux. Les deux avions avaient un rôle comparable.
Alors que le F1 n'est plus en service dans son pays d'origine depuis quelques années, et que son successeur dans le lignes de production n'est plus produit non plus, le F16 est en production et propose des avions ayant des capteurs et une avionique presque au niveau des appareils actuels...
Donc comprenez les pays qui préfèrent pouvoir acheter une mise-à-jour sur étagère plutôt que devoir le faire eux-mêmes... Surtout qu'on parle de petites flottes, donc 0 effet d'échelle. Penser que c'est un choix géopolitique uniquement poussé par les Américains réduit bcp trop la réalité.

Écrit par : Fab | 04/02/2019

@Fab: Les tornados vont être retiré, ce qui motive cet achat.. Que les EF puissent l'emporter, il faudra voir... la tête des belges si les Allemands ont réussi à négocier ça auprès des USA après la vente de cet été. « Fuck Europe » c'était de la diplomatie à côté !

Écrit par : v_atekor | 04/02/2019

@fab

"Regardez ceux qui ont acheté les Mirage F1 face au F16 ! 5 ans de différence, le F1 est plus vieux. Les deux avions avaient un rôle comparable. "

le mirage F1 fut surtout un avion de transition fait en attendant le mirage 2000, le F1 etant une sorte de mirage III avec une aile fleche haute.

l'ecart technologique mirage F1 / F16 etait bien plus que de 5 ans ... (10 mini)

=> le F1 fut un brave avion mais il ne faisait pas le poids avec le F16

PS: mais de nos jours, le match F35/rafale/EF/gripen/FA18/.... est plus "disputé"

Écrit par : Laurent10 | 04/02/2019

@Fab & @Dany40
Pour un pays qui subit le poids politique du pays de l'un des candidats, il n'y a pratiquement aucune chance que les autres candidats puissent faire valoir leurs arguments sauf pour faire le lièvre. Donc dans ce cas, pas la peine de discuter sur les côtés techniques ou financiers. Bien sûr, ce ne sera jamais la raison officielle pour le pays acheteur, il y a bon nombres d'exemples par le passé.

Écrit par : James | 05/02/2019

@Fab : pour revenir à cette histoire d'achat politique, la situation entre l'Allemagne et les USA est très fraîche depuis quelques années, et Trump n'a fait que mettre les points sur les i dans une relation sérieusement conflictuelle.
.
J'ai cité le Fuck Europe à propos de l'Ukraine, le grand déballage de Trump de l'an passé ces mais je pense que Mme Merkel a toujours en tête que M.Obama l'avait mise sur écoute. Et les mises au points entre Mme Merkel et M.Trump n'ont pas été à l'avantage des USA.
.
On verra si par dépit les USA acceptent l'intégration de la B61 sur l'EF, ce qui fera tousser à Bruxelles, et il faudra considérer ça comme une décision politique pleine ; ou bien si l'Allemagne lâche cette arme, ou enfin si un compromis est fait par l’achat des Growllers.
.
Quoi qu'il en soit, cet achat reste très lourd en terme de politique, et presque neutre en terme technique, les besoins de la Luftwaffe n'ayant pas tellement évolué.

Écrit par : v_atekor | 05/02/2019

@V_atekor
Vu le prix du F35 belge... Sachant que c'est l'avion qu'ils voulaient, non, les Belges se ficheraient totalement de cette situation.
Et le nouvel accord France-Allemagne a changé la donne, la France a mis l'Allemagne sous son parapluie nucléaire...

Écrit par : Fab | 05/02/2019

@Pk Mais c'est encore mieux si le David's sling d'origine peut être acquis. Je parlais d'un patriot avec stunner à la polonaise ou similaire à celui du programme PAAC-4 américain (http://www.defenseworld.net/news/8981/Rafael__Raytheon_To_Produce_New_Patriot_Missile_Systems#.XFokOEF-bYU) , au cas où les américains interdisaient à Israël de vendre son système, vu que le missile stunner semble être moins cher tout en ayant un capteur plus performant.

Écrit par : GBU | 06/02/2019

@fab " la France a mis l'Allemagne sous son parapluie nucléaire..."
Je pense qu'il serait plus juste de dire que pour l'Allemagne avoir un parapluie nucléaire relève de l'option mais ne relève plus d'un choix automatique. Clairement elle laisse les US avancer sur ce sujet sachant que sila France est amené à assumer une mission nucléaire ce sera aussi au profit de l'Allemagne.

Écrit par : Herciv | 06/02/2019

La Suisse va coopérer avec les USA ? En matière de recherche.
Cette décision tombe bien au moment que notre armée va ce préparé a testé des nouveaux armements ? Coïncidence ou déjà une petite préférence sur le choix.

Écrit par : michel | 13/02/2019

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