07/11/2018

Rafale & Eurofighter, la bonne et la mauvaise nouvelle !

rafale VS eurofighter.jpg

Les temps sont durs pour les avionneurs européens face à la pression américaine avec le F-35. Les Etats n’ayant pas les mêmes vues stratégiques en matière d’acquisition d’avions de combat, ce qui donnent des sueurs froides aux fabricants du vieux continent. 

La mauvaise nouvelle :

Dans le cadre du remplacement de la flotte de Boeing CF-18 A/B « Hornet » canadiens (article du 31.10.18), l’avionneur français Dassault Aviation a annoncé ce matin se retirer du concours. En effet, selon  Dassault Aviation, il ne serait pas convaincu de pouvoir répondre aux exigences de sécurité requises et ceci en ce qui concerne les systèmes de communications. La France n'appartient pas à l'alliance des "Five eyes" (les "Cinq yeux") formée entre les services de renseignement des Etats-Unis, de l'Australie, du Canada, de la Nouvelle-Zélande et du Royaume-Uni, ce qui  complique les opérations en matière d’interopérabilité avec  les forces américaines. L’adaptation de ce système sur le Rafale est doublement problématique, d’une part en ce qui concerne d’éventuels surcoûts d’intégration, mais également du côté politique. 

Par ailleurs, il semble bien qu’un avion américain serait à priori privilégié par les canadiens selon Dassault Aviation. Les anglais semblent  maintenir l’offre de l’Eurofighter étant eux-mêmes membres du Club  « Five Eyes ». Reste l’avionneur suédois Saab, qui annonce ce soir être prêt pour l'intégration " 5-Eyes". Mais celà sera-t-il suffisant ?  

La bonne nouvelle :

Les nouvelles en provenance d’Allemagne sont par contre positives en ce qui concerne une nouvelle tranche portant du l’Eurofighter au nouveau standard « T3 ». En effet, le Parlement allemand prépare un programme doté d’un montant de départ de 2,5 milliards d’euros, qui sera complété jusqu’en 2029, en vue de l’acquisition du dernier standard de l’avion européen. L’objectif étant de venir remplacer les derniers Panavia Tornado en service. Le gouvernement allemand semble donc avoir tranché en faveur du jet européen au lieu du Lockheed- Martin F-35A qui était un temps sur les rangs.

Cette décision aura également comme conséquence, le maintien de la ligne de production allemande qui était jusqu’ici menacée de fermeture et portera à un peu plus de 140 le nombre d’Eurofighter en service au sein de la Luftwaffe. Avec une possible nouvelle commande de l’Espagne (article du 4.11.18) l’avenir de l’Eurofighter semble se diriger en direction d’un ciel plus clément.

Photo : Rafale & Eurofighter @ Armée de l’air

Commentaires

Au final un avion fabriqué par un seul constructeur n’est pas des meilleures, ceci met des lacunes sur certains équipements.
Plusieurs fabricants pour un avion permet de diversifier l’équipement demandé pour chaque constructeur, ce qui rend l’avion plus performent et plus adapté.
Une construction par plusieurs fabricants donne plus de chance à la vente.

Écrit par : michel | 07/11/2018

ils ont eu raison de dire non cet appel est encore du pipo et n amene rien car au final et depuis le debut on connait le vainqueur jamais le canada prendra autres choses

Écrit par : emmanuel | 07/11/2018

@Michel votre commmentaire s’applique pour Boeing, Lockeed Martin, Dassault et Saab; donc sauf Dassault ceux qui sont encore en lice?!?

Écrit par : Al&X | 07/11/2018

Après les menaces explicites exercées par l'Administration américaine sur le projet CSéries de Bombardier , les Canadiens ne sont plus à une couleuvre de plus ou de moins à avaler . Pour mémoire , leurs gouvernants ont déjà accepté , dans les années soixante , de saborder leur industrie aéronautique militaire , à l'époque de premier plan (le fameux Avro CF 105 Arrow qui faisait de l'ombre aux productions américaines de l'époque) . Le premier ministre Diefenbaker avait cédé aux pressions US , et rayé d'un trait de plume l'avenir aéronautique de son pays .
Alors quand Trudeau , en pleine campagne électorale , jurait ses grands dieux que le Canada n'achèterait pas le F35 , il avait déjà un modèle...

Écrit par : philbeau | 07/11/2018

@michel : comme l'explique l'article, l'intégration des systèmes de communications propres aux Five Eyes sur Rafale pose avant tout un problème politique, non technique (pas de lacunes). Rafale est suffisamment modulaire pour accepter tout type de système non prévu à la conception, ceux du Qatar sont par exemple dotés d'un casque actif de conception israélienne. L'exigence du Canada demanderait à Dassault de communiquer des informations techniques trop sensibles sur le cœur de l'avion (la France restant le seul pays européen à être totalement indépendant et souverain sur sa technologie aéronautique). Le Saab, équipé américain, et le Typhoon, fondé sur le cahier des charges Five Eyes, n'ont pas cet atout. Cela étant dit, Rafale sera bientôt construit par plusieurs fabricants, puisqu'il est prévu que l'Inde en assemble. Je doute cependant que le contrat d'assemblage comprenne la possibilité pour l'Inde de proposer ses propres versions à l'export.

Écrit par : Mike | 08/11/2018

Le Canada choisira un avion américain, NORAD oblige. Et depuis debut des industries canadiennes participent au programme F-35. Cependant une combinaisont F/A-18ASH et EA-18G avec des capacites proches à moindre coût, serait très intéressante car permettrait d’acheter plus d’avions, en plus d’avoir une certaine compatibilité avec les Legacy Hornet.

Écrit par : GBU | 08/11/2018

A noter la synchro des infos avec l'Espagne. Ca veut dire simplement que l'EF poursuit sa vie, sous la mue d'un chasseur bombardier. L'Italie serait aussi tentée de changer encore des F35 pour des EF, mais la négo est compliquée et le budget italien ayant donné des aigreurs d'estomac à Bruxelles (... et des sueurs froides à Berlin et Paris...) la commande se fera attendre.

Écrit par : v_atekor | 08/11/2018

Et dire que la France avait quitté le consortium Eurofighter parce que les 4 autres pays ne voulaient pas d'un bombardier... quelle ironie

Écrit par : Albert66 | 08/11/2018

@Albert66. Oui, à ceci près que l'EF comme le Rafale sont des bébés de la guerre froide.
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La France a toujours eu besoin d'un appareil polyvalent pour pouvoir être déployés en Afrique. La RFA avait besoin d'un intercepteur béton contre des bases frontalières.

Et comme le RU (et l'Italie) avaient ses Tornado pour le bombardement avec une capacité d'emport de 9 tonnes et 1400km de rayon d'action sans bidons la capacité de bombardement était secondaire, et de fait, est restée secondaire pendant 25 ans.
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Entre temps le Mur est tombé, et l'Allemagne a préféré un chasseur-bombardier, tout comme l'Espagne. Le deux-en-un c'est quand même économique lorsque c'est possible.
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Je pense que cette dichotomie chasseur/bombardier a joué en faveur du F35 comme bombardier, à l'époque ou il a fallut anticiper le remplacement du Tornado, puisqu'il n'y avait aucun projet Européen et que l'EF n'était pas encore opérationnel dans ses missions d'interceptions.

Écrit par : v_atekor | 08/11/2018

F35 grosse bourde des hollandais : http://www.levif.be/s/r/c/1048007

Écrit par : Martin | 08/11/2018

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