06/11/2018

Nouvelle motorisation pour le Tu-95 « Bear » !

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Décidemment, les vieux bombardiers stratégiques de la guerre froide ont la peau dure ! Tout comme son homologue le B-52 américain, le Tupolev Tu-95 se modernise et semble « increvable ».

L’usine ODK de Kuznetsov à Samara, où les chaînes de production ont été rouvertes pour permettre la construction de moteurs à turboréacteurs et à turbopropulseurs, propulsant les bombardiers stratégiques de Tupolev, travaille à sur une nouvelle motorisation du Tu-95.

L’usine ODK travaille sur un nouveau turbopropulseur, le NK-12MPM, soit développement de la série des turbopropulseurs NK-12. Cette nouvelle variante doit venir motoriser le bombardier stratégique Tu-95MS "Bear-H". Selon ODK, la nouvelle variante améliore considérablement les performances de l’avion au décollage et en ce qui concerne sa capacité de charge utile. Le NK-12MPM développerait une puissance supérieure aux 15’000 shp de l’ancien standard de production NK-12MP. Pour faire face à cette puissance supplémentaire, la société Aerosyla travaille sur une hélice AK-60T redessinée qui remplacerait l’AV-60K et diviserait par deux les niveaux de vibration. Un premier Tu-95 sera doté du nouveau moteur au début de l'année prochaine pour effectuer les essais de qualification.

Rappel :

La conception initiale du NK-12 est apparue il y a plus d'un demi-siècle, constituant la base d'une grande famille. Aujourd'hui, les versions NK-12MV et MP sont utilisées sur les avions Tu-95MS et Tu-142 ASW, tandis que le NK-12MA alimente le décolleur lourd Antonov An-22 « Antei ». Il reste à voir si le NK-12MPM trouvera également une application sur les deux derniers types d'aéronefs. Selon une déclaration plus tôt cette année du vice-ministre de la Défense nationale chargé des Achats, Alexei Krivoruchko, la marine russe recevra son premier Tu-142 (version marine du Tu-95) après la modernisation au sein de l'usine de Taganrog.

La marine russe envisage de moderniser l’ensemble de la flotte survivante en variantes de Tu-142MRM et Tu-142M3M d’ici 2020.

Entre-temps, l'armée de l'air et de la force aérienne (VKS) russe exploite toujours 60 bombardiers Tu-95MS, dont plus d'une douzaine qui ont été mis à niveau vers la version MSM depuis 2013, avec un total éventuel de 35 MSM prévus. Les travaux ont été effectués initialement à Tagangrog, mais depuis 2015, ils relèvent de l'usine Aviacor de Samara, qui fabriquait le Tu-95. L'entreprise a déployé son premier avion modernisé à l'automne 2015. Depuis lors, le Tu-95MSM RF-94122, nommé «Dubna», a fait l'objet d'essais opérationnels.

Nouveau missile opérationnel :

Testé en 2015 en Syrie sur des bombardiers Tupolev Tu-95MC et Tu-22M2, le missiles Kh-101 est depuis entré en service et équipe les deux types de bombardier  et prochainement le Tu-160. Le Kh-101 a été développé comme remplaçant très furtif du Kh-55SM. Le Kh-101 dispose d'une charge conventionnelle.  La nouvelle arme air-surface de 7.45 mètres (24.4ft) de long et d’un poids de lancement de 2300 kg, y compris une ogive de 400 kg. Le Kh-101 est capable d’atteindre une cible à 2000 km avec une précision de l’ordre de 6 à 9 mètres.

Le Tupolev Tu-95 « Bear » :

Le Tu-95 "Bear" a été conçu comme bombardier nucléaire dans les années 1950 et est aujourd’hui toujours en service au sein des forces aériennes russes dans sa dernière version : le Tu-95MS "Bear-H". Le Tu-95MS « Bear-H » assure toujours les même missions avec des missiles AS-15 en place des bombes à chute libre initialement emportées par les Tu-95M « Bear-A ». Ayant effectué son premier vol en 1952. Le Tu-95 est aisément reconnaissable à ses quatre turbopropulseurs entraînant chacun deux hélices quadri-pales contrarotatives. Tous les Tu-95 sont ravitaillables en vol grâce à une perche fixe placée à l’avant du fuselage. Environ 500 appareils ont été produits au total toutes versions confondues entre 1952 et 1992.

 

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Photos : 1 Tu-95 « Bear-H » 2 Tu-95 et missile Kh-101 @ VVS

 

 

Commentaires

Si le niveau de vibration des hélices est divisé par deux, ça reposera les oreilles des intercepteurs de l'OTAN : il paraît que le ronronnement à basse fréquence était si puissant qu'on pouvait l'entendre jusque dans le cockpit de l'intercepteur !

Écrit par : Luc | 07/11/2018

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