04/11/2018

L’Espagne prépare le remplacement des EF-18 « Hornet » !

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Madrid prépare le remplacement de la flotte d’avions de combat Boeing EF-18 A/B « Hornet » en service. Le remplacement des EF-18est l’une des priorités de la Force aérienne pour les prochaines années, de même que l’acquisition d’un nouvel avion d’entraînement pour les pilotes et modernisation de la capacité de ravitaillement en vol. Le calendrier actuel comprend le retrait progressif des premiers «Hornet» basés aux îles Canaries en 2020.

Observation des futurs projets européens :

Le ministère espagnol de la Défense préfère observer pour l’instant le développement d’un système de combat de cinquième génération européen soit le projet « Tempest » mené par le Royaume-Uni et celui de la France et l'Allemagne « SCAF ». Pour le ministère espagnol de la Défense ces deux projets européens vont fusionner en un seul et, dans ce projet, il ne fait aucun doute que l'Espagne sera présente ».

 Une chance pour l’Eurofighter T3 :

 Le remplacement de la flotte de EF-18 est directement lié à deux grandes problématiques pour Madrid. D’une part les moyens financiers sont limités et vont pousser à un choix qui impose des économies. De l’autre, il s’agit pour l’Espagne de garder ses capacités en tant qu’acteur au sein du groupe Airbus DS. Ces deux éléments limitent donc le choix final du nouvel avion de combat. De plus,

le secrétaire d’État à la Défense a également confirmé que le ministère de la Défense travaillait à l’approbation de l’augmentation du plafond de dépenses dans le programme  européen « Eurofighter ». Pour les espagnoles, il est nécessaire d'adapter et d'améliorer les capacités opérationnelles au même niveau que les autres pays participants. Cette situation a un impact sur l'équilibre financier du programme. Le programme « Eurofighter » est essentiel non seulement pour maintenir les capacités militaires, mais également pour garantir l'avenir du tissu industriel aéronautique en Espagne. Un abandon du programme signifierait une décapitalisation technologique et une perte de capacité de participer aux programmes futurs.

En conséquence l'achat d'un nouveau lot d’Eurofighter semble aujourd'hui être le choix numéro un du ministère de la Défensepour remplacer les chasseurs EF-18. Un tel achat renforcerait le programme européen en perte de vitesse. Pour l’Espagne, la transition sur le standard « T3 » en serait plus que facilitée.La décision sera prise en 2019.

L'Espagne un acteur clef au sein du consortium Eurofighter:

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L'Espagne est l'un des quatre pays membre du consortium "Eurofighter" d'Airbus DS et participe au développment de l'avion ainsi qu'à la fabrication de pièces importantes comme les ailes. Les appareils destinés à l'Espagne sont assemblés à Getafe, dans la banlieue de Madrid. Actuellment c'est la version "T2" qui est produit.  Ces chasseurs aux capacités sol-air améliorées seront affectés à la base d'Albacete. L'armée de l'air espagnole doit encore en réceptionner 6 autres sur les 73 exemplaires de sa commande initiale.

Par ailleurs, l’Espagne recevra encore six autres appareils dans ce standard d’ici 2019. Puis viendra le temps de la mise à niveau des appareils déjà en service au même standard P1EB FW. La commande de la version "T3" serait parfaitement adaptée à la modernisation de la Force aérienne espagnole.

Eurofighter T3 : 

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L’Eurofighter T3 (F3) dispose du radar AESA E-CAPTOR. L’arrivée du E-CAPTOR permet grâce à son antenne AESA d’effectuer des tâches multiples simultanément. Le nouveau radar conserve les principales caractéristiques de l'architecture du radar ECR-90 CAPTOR actuel, mais, il est  doté d’une antenne AESA en lieu et place de l’actuelle antenne mécanique. Il est prévu d’exploiter la maturité du système actuel et d’y adjoindre le mode AESA. Eurofighter GmbH et Euroradar, de concert avec leurs partenaires industriels ont commencé le développement à grande échelle de la nouvelle génération d’antenne radar AESA (Active Electronically Scanned Array). L'objectif est de permettre une mise en service du nouveau radar pour 2018 et de ce fait, répondre aux exigences des pays partenaires et clients à l'exportation. L'intégration d'armes comprend les missiles Meteor, Storm Shadow et Brimstone II et les bombes Paveway IV et de petit diamètre. 

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Photos : 1 EF-18 espagnoles 2 Eurofighter T2 espagnols @ FAE Eurofighter T3 @ Airbus DS

Commentaires

Comme parfaitement expliqué dans votre article dans le journal Le temps, les choix d'un avion est avant tout stratégique. Pour une fois la logique europénne fatit fois.

Écrit par : florence | 04/11/2018

Des nouvelles positives de chez moi. Décision attendue sans trop de suspense. J'espère que Madame le ministre a plus de billes que moi pour s'avancer sur la fusion des projets tempest et scaf, mais ça m'arrangerait bien (considération personnelle qui devrait bien entendu avoir un impact décisif sur les orientations stratégiques à 40 ans des 5 pays de l'UE concernés... ).

Écrit par : v_atekor | 04/11/2018

Les Espagnols ont , eux au moins , la foi du charbonnier dans l'Europe...au vu de la débandade actuelle des gouvernements européens , on peut pronostiquer :
1) Le projet SCAF n'aboutira pas , il a déjà du plomb dans l'aile au vu des récentes déclarations du patron d'Airbus , dont les prétentions exorbitantes vont décider Dassault à se retirer , étant considéré par ce monsieur comme un simple exécutant . Les allemands n'accepteront jamais de toute façons de reconnaître la supériorité française en ce domaine . Et il est déjà écrit qu'ils achèteront à terme le F 35 , ne serait-ce qu'en tant que monnaie d'échange pour montrer leur bonne volonté à Trump.
2) Le Tempest se fera avec Airbus , renouant avec l'histoire déplorable industriellement , mais vendable politiquement de l'Eurofighter ...et les Espagnols attendent de monter dans le train , suivis sans doute après par les Italiens . L'Eurofighter qu'on vous dit ...
Ce qui n'empêchera pas Dassault de produire un nouveau Rafale supérieur aux autres , comme ils en ont la recette . Après , il faudra le vendre ...

Écrit par : philbeau | 04/11/2018

Comme pour le Tornado et l'ef2000 ils vont le faire avec les britanniques, italiens et allemands.
D'ici là, ils achèteront du F35 comme les autres Le porte aéronefs Juan Carlos les obligera de toute façon.

Écrit par : Dknh | 05/11/2018

je ne savais pas que l'Espagne avait des F18E ?

Écrit par : michel | 05/11/2018

@Michel : pas des « E » mais dès A / B le E devant le F est pour la version espagnole comme le CF pour le Canada.

Écrit par : Pk | 05/11/2018

+Je ne doute pa snon plus que les espagnols rejoindront les anglais et italiens pour le futur avion de combat, ils sont déja travaillé ensemble et de toute façon la France ne veut pas trop de partenaire pour le SCAF. Trop de partenaire ça devient une vrai usine à gaz ingérable, déja que les allemands sont pénibles (et commencent déja à l'etre sur le SCAF) donc ne rajoutons pas de problèmes supplémentaires.

Écrit par : Albert66 | 05/11/2018

@Albert66 : les français et les espagnols travaillent ensemble plus souvent que tu ne le suggères. Après, ce ne sont pas les projets les plus "politiques" et ils sont rarement mis en avant dans la presse. Même le très franco-français Dassault a des sous-traitants en Espagne et il y a pas mal de collaboration.
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Le vrai problème est l'architecture industrielle et les donneurs d'ordres. 5 gouvernement qui parlent ensemble ou bien un donneur d'ordre qui s'adresse à un maître d’œuvre qui réparti les tâches.
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Airbus râle car la méthode des quotas lui allait très bien. Même si elle est politiquement correcte, la méthode montre ses limites. Un maître d’œuvre français qui distribue les charges arrivera peu ou prou à la même répartition, mais de façon informelle. Il y aurait (toujours) des risques politiques, mais différents. Un donneur d'ordre unique à Bruxelles serait sans doute l'idéal, mais on n'en est pas là.

Écrit par : v_atekor | 05/11/2018

L'idéal c'est que les constructeurs puissent concevoir leurs avions sans les politiques ce qui revient à prendre un risque d'échec commercial , oui mais vaut mieux un échec commercial comme le rafale qu'un échec opérationnel comme l'EF , l'A400M ou le F35. Assurer une défense correcte de ses intérêt c'est un peu plus important que le business.

Écrit par : tori | 05/11/2018

@tori : "oui mais vaut mieux un échec commercial comme le rafale..."
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Le Rafale est un échec commercial ?!? Il faut comparer ce qui est comparable. Les concepteurs d'avions de combat se comptent sur les doigts d'une main. Au milieu, des mastodontes que sont Lockheed-Martin, Boeing, Sukhoi et MiG vous avez les petits acteurs : Saab et Dassault.
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En terme de production, les besoins propres des USA se comptent en milliers d'appareils. Chaque appareil produit devient logiquement un best-seller dans le monde occidentale (bien aidé par la puissance politique US qui plus est). Si vous comparez les productions de Dassault avec celles des appareils concurrents, vous arrivez toujours à un ratio largement en faveur des US :
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- Lockheed F-104 (2500 appareils produits), Lockheed Martin F-16 (4600), Boeing F-18 (1500) et F-35 (300 produits et plusieurs milliers en commande)
- Mirage III (1000), Mirage F1 (700) Mirage 2000(600) et Rafale (276)
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Au-delà des la ventes d'appareils, la simple comparaison de la taille de Lockheed Martin et de Dassault Aviation parle d'elle-même : 126 000 employés contre 11 400, 47 Milliards de $ de chiffre d'affaire contre 5,4 Mds de $, etc.

Écrit par : FredericA | 05/11/2018

@FredericA

Il y a eu des perspectives de vente par Dassault en début de commercialisation du rafale qui disait tabler sur 50% de commande france 50% export donc environ 300 à l'époque et cela en considérant ce que tu évoque.
Aujourd'hui nous en sommes encore très loin donc oui en l'état le rafale est un échec commercial.

Écrit par : tori | 06/11/2018

@ tori.
Le rafale est très loin d'être un échec commercial.
Pour faire une comparaison réaliste et pas tomber dans l'erreur comme le pointe FredericA,
il faut faire un ratio entre les ventes domestiques et exports.
Les meilleurs succès commerciaux ont un ratio égal ou supérieur à 1.
Par exemple le F16 est légèrement inférieur à 1, le mirage F1 légèrement supérieur.
Le rafale n'a jamais été pensé pour être vendu à 300 exemplaires à l'origine mais à 1000.
Ca aurait été vrai si l'avion était effectivement sorti en 92, l'avion aurait été moins polyvalent, moins cher mais aurait demandé plus d'exemplaires. Les 300 dont tu parles c'était pour la France uniquement, 286 exactement.
Hors aujourd'hui la France a commandé formellement 180 Rafale et l'export est de 96 exemplaires.
Ça représente donc un ratio de 0,5 mais de nombreuses commandes sont encore attendu, le Qatar a une option pour 36 exemplaires, supplémentaires, l'Egypte 24, l'Inde est en négo pour 36 supplémentaires et en compétition pour 170 (le rafale est favori), les Emirats arabes unis pour 60.
Je ne parle ici que des potentialités les plus réalistes, je ne parlerais pas de la Finlande ou autre.
Le rafale est loin d'avoir fini sa vie industrielle et commerciale, pas avant 2035 soit encore 16 ans.
La France doit prendre une nouvelle commande T5 pour atteindre 225 appareils. (et probablement plus après 2030 ou alors une grosse MLU)
Et a terme l'Inde a elle seule pourrait avoir plus de Rafale que la France.
Bref il faut rappeler que le mirage 2000 avait également été longtemps appelé un avion invendable, jusqu'a ce que l'Egypte deviennent le premier client (et oui déjà à l'époque) et on sait tous qu'il s'est très bien vendu depuis avec un ratio de 0,9. Pour un total d'environ 600 avions produits, si le rafale arrive à faire autant avec l'augmentation des prix et l'effondrement des flottes partout dans le monde ça serait magnifique et justement le Rafale est au milieux pile de sa vie commerciale.

Écrit par : wagdoox | 06/11/2018

Pour le moment le rafale est un échec commercial, d'où ma précision "en l'état" Le jugement définitif sera rendu au moment du bilan, c'est à dire quand la chaîne de production sera fermé.

Écrit par : tori | 06/11/2018

Le rafale n'est pas un echec comme le mirage 4000
Mais ce n'est pas une réussite car contrairement aux mirage F1 et mirage 2000 aucuns pays européens ne l'a acheté.
De même des clients du mirage 2000 comme le Brésil et les Emirats unis ne l'ont pas acheté.

Écrit par : Dknh | 06/11/2018

@wagdoox

"il faut faire un ratio entre les ventes domestiques et exports.
Les meilleurs succès commerciaux ont un ratio égal ou supérieur à 1.
Par exemple le F16 est légèrement inférieur à 1, le mirage F1 légèrement supérieur"

sauf que le marché domestique du F16 ce sont les USA et que le F16 s'est plus de 4500 exemplaire (contre 720 pour le mirage f1)

Écrit par : Laurent10 | 06/11/2018

@ tori
vous me rappelez le discours d'une ministre qui disait du Raf qu'il était "un ratage industriel" (E. Cosse pour ne pas la nommer).
Vouloir dénigrer ce type de produit serait-il le fruit d'une sensibilité politique ?

Écrit par : Gian | 07/11/2018

Parler de réussite ou d'échec commercial pour un avion de combat n'a pas lieu d'être, sinon quid du Mirage IV, du SR-71 et du F-22, etc.
Contrairement à un avion civil qui est conçu pour un client (cas rare) ou pour un marché, un avion militaire est lancé à la demande du gouvernement pour les militaires, donc son but premier et principal est de satisfaire le cahier des charges domestique, l'export est un plus pour le ou les industriels, mais non pour l'État directement.

Écrit par : James | 07/11/2018

@James : merci pour cette piqûre de rappel. Il y a certains qui oublient que certaines dépenses des états sont (nécessairement) non commerciales par nature. Les armes stratégiques sont d'abord une dépense pour un État, et on ne lui demande pas de faire des bénéfices, au même titre qu'on ne demande pas au ministère de la Justice.
.
Côté commerce, Dassault, tout comme les juges, a gagné sa vie.

Écrit par : v_atekor | 07/11/2018

Merci v_atekor, en attendant Dassault renonce au marché canadien!

Écrit par : James | 07/11/2018

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