22/09/2018

Dassault clarifie sa position en Inde !

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Nous assistons à un nouvel épisode dans le feuilleton de l’acquisition de l’avion de combat Dassault Rafale. Je vous en avais parlé en août dernier, à propos des accusations portées contre l’accord de gouvernement à gouvernement comprennent un manque de transparence sur les détails et un coût qui serait beaucoup plus élevé que ce qui a été négocié début 2012. Cette année-là, le Rafale est devenu le vainqueur du programme d'avions de combat MMRCA. Les négociations par le congrès n'ont pas été poursuivies en raison de problèmes non résolus concernant le transfert de technologie et les compensations entre Dassault et Hindustan Aeronautics Ltd.Hors la polémique enfle depuis avec notamment les propos de l’ancien président fançais François Hollande.

Pour l'ancien président français, François Hollande, la France n'a pas eu le choix du partenaire indien du constructeur Dassault lors de la vente de Rafales en Inde.

"Nous n'avions pas notre mot à dire à ce sujet", a déclaré l'ancien président de la République française (2012-2017) François Hollande à Mediapart, dans un article mis en ligne vendredi. "C'est le gouvernement indien qui a proposé ce groupe de services et Dassault qui a négocié avec Ambani".

Rappel : 

Les frais des appareils fournis par Dassault Aviation sont désormais inférieurs à ceux négociés il y a six ans, mais pour les politiciens indiens le problème vient des missiles. En effet, selon eux, les missiles Meteor et Scalp ainsi que l’adaptation aux spécifications nucléaires indiennes ont faits grimper les prix. Cette différence est devenue, ces dernières semaines, un sujet de controverse en Inde.

De son côté, le chef des forces aériennes indiennes (IAF), le Général Birender Singh Dhanoa, a constamment défendu l'accord comme "n'étant ni trop cher ni controversé" et tient compte des adaptations voulues et négociées par l’Inde. En effet, L’Inde aura mis Paris et Dassault aviation au pied du mur pour obtenir une forte réduction du prix. La transaction s’élève à environ 7,87 milliards d'euros (8,6 milliards de francs suisses) pour 36 avions Rafale. 

L'Inde a également négocié un accord de compensation de 50% et la livraison des Rafale dans les cinq ans. La phase de compensation commence une fois que le contrat a été signé et que les compensations doivent être honorées sur une base annuelle et doivent être achevées dans un délai de sept ans, selon les termes du contrat.

L'opposition a accusé la société privée Reliance Infrastructure, connue du Premier ministre, d'avoir été  choisie par le gouvernement indien pour être le partenaire compensateur de Dassault. "C'est l'OEM et non le gouvernement qui choisit le partenaire de compensation indien qui peut être une entreprise publique ou privée selon la politique d'approvisionnement de défense 2016", a déclaré un responsable de la défense indien pour justifier la décision.

Dassault précise sa position : 

A propos du contrat signé en 2016 avec l’Inde pour la fourniture de 36 avions de combat Rafale, Dassault Aviation rappelle les points suivants :

  1. Ce contrat est établi de gouvernement à gouvernement.
    Il prévoit un contrat séparé aux termes duquel Dassault Aviation s’engage à réaliser des offsets (investissements compensatoires) en Inde à hauteur de 50 % de la valeur du marché.
  2. Ce contrat d’offsets est exécuté selon les règles du DPP 2016 (Defence Procurement Procedure 2016). Dans ce cadre, et pour s’inscrire dans la politique du Make in India, Dassault Aviation a décidé de conclure un partenariat avec le groupe indien Reliance. Cette décision est le choix de Dassault Aviation, comme l’avait déjà expliqué Eric Trappier (PDG de Dassault Aviation) dans une interview publiée par le journal MINT le 17 avril 2018. Ce partenariat a conduit à la création de la JV Dassault Reliance Aerospace Ltd (DRAL) en février 2017. Dassault Aviation et Reliance ont construit à Nagpur une usine pour produire des pièces de Falcon et de Rafale. Le choix du site de Nagpur a été motivé par la disponibilité de terrains avec accès direct à une piste d’aéroport, condition essentielle à toute activité aéronautique.
  3. Des partenariats ont également été signés avec d’autres entreprises indiennes telles que BTSL, DEFSYS, Kinetic, Mahindra, Maini, SAMTEL,… Des négociations sont en cours avec une centaine d’autres partenaires potentiels.
  4. Dassault Aviation est très fier de la sélection du Rafale par les autorités indiennes.

©  Dassault Aviation – Droits Réservés 

Analyse : 

Le choix du Rafale en Inde ne souffre d’aucune discussion, certes l’Inde est un pays compliqué en terme de négociation. Si d’aventure des avantages avaient été faits en direction du gouvernement socialiste de F. Hollandes, cela ne remet en rien en cause le choix de l’avion et la bonne foi de l’avionneur. Le contrat a été négocié en des termes acceptés par les deux parties. La polémique en Inde est principalement voulue par l’opposition qui tente de renverser le pouvoir actuel. Le choix ou l’imposition de certains industriels indiens dans le contrat, ne remettent en aucun cas le choix de l’avion français en cause. Le reste n’est que politique politicienne.

 

Photo : Rafale aux couleurs de l’Inde @ Dassault

 

 

Commentaires

@pk
merci pour ce factcheck
Quelques éléments supplémentaires à rappeler :
- RELIANCE en l'état ne fabrique aucun Rafale, mais uniquement des falcons. - - L'usine montée à NAGPUR a fait l'objet d'un investissment de 100 millions uniquement
- Il y a plus de 70 partenaires déjà contractés et plus d'une centaines supplémentaires en voie de l'être dont HAL !

Écrit par : herciv | 22/09/2018

Rien à ajouter, merci Pk

Écrit par : James | 23/09/2018

Plus de 8 milliards pour 36 avions Rafale, l'Inde n'est pas la Suisse, mais ce montant donne une idée de base ... après je comprends que l'aspect est différent, mais ?
Pour la Suisse donc le budget est similaire dans les 8 milliards pour l'achat d'avion, mais également pour la défense contre avions ... si le Rafale était choisi, ce serait 30 avions maximum pour notre aviation si ce n'est pas moins.

Écrit par : michel | 23/09/2018

@Michel, c'est pour celà que dans la demande d'offre, armasuisse veut une doubel proposition soit un prix pour 30 et 40 appareils. Il y aura une différence entre les avions comme en 2012.

Écrit par : Pk | 23/09/2018

En effet, il s'agit bien d'un problème purement politique, le choix de l'avion français ne doit pas être remis en cause.

Écrit par : Steeve | 23/09/2018

C'est amusant, je pensais que ce genre de polémiques politiciennes stériles étaient une perversion de notre seul système français ...

Écrit par : ano | 23/09/2018

Je ne suis pas si optimiste.
Si le parti de l'opposition UPA arrive
Au pouvoir, avec tout le remous qu'il a fait.
Il n'aura pas d'autre choix que d'annuler le contrat et de bannir Dassault comme Agusta Westland.
De plus, le retour de HAL dans la controverse va certainement faire pencher la balance en faveur du F18 sh vu que HAL a passé un accord avec Boeing.
Le prix du rafale pour la Suisse devrait être moins élevé qu'en Inde car il n'y aura pas l'adaptation d'équipements israéliens, de construction d'infrastructures comme en Inde.

Écrit par : Dknh | 24/09/2018

@ano:
Pas si amusant que cela, il semblerait que le gouvernement Hollande aurait "trempé" dans cette affaire, pour, je cite: "financer un film de sa compagne Julie Gayet"...

@Dknh: si l'implication du gouvernement Hollande est démontrée, alors, oui le contrat pourrait être remis en question.
Mais alors bonjour les dégâts pour les dédommagements (notamment pour les sous-traitants), car la fabrication des 36 Rafale est déjà bien entamée.

Toutefois, il n'a jamais été question du F-18 en Inde, tout au plus du F-16, mais ceci est un autre débat.

Écrit par : forêt10 | 24/09/2018

@foret10
Boeing est bien candidat avec le F18-SH pour l'appel d'offre mmrca2 et pour celui de la marine indienne.
Le F16 était le seul prétendant avec le gripen a l'appel d'offre mmrca2 initial mais celui-ci a été ouvert au bi-moteur, ce qui fait que le mmrca2 redevient le mmrca...
Après si les américains sanctionnent les turques et les chinois pour avoir choisi le s400, il serait logique qu'ils sanctionnent les indiens aussi.
De plus, le rafale est le seul avion de l'appel d'offre pouvant délivrer l'arme nucléaire.
Le typhoon ne sera jamais certifié pour ça ce qui pose un problème aux belges et allemands.

Écrit par : Dknh | 24/09/2018

En effet, l'ancien président F. Hollandes à lancé une véritable bourde que Dassault à tenté d'éteindre avec son communiqué. merci PK d'en avoir préciser les antécédents pour bien comprendre.

à lire : https://www.challenges.fr/entreprise/defense/rafale-en-inde-francois-hollande-a-t-il-pete-les-plombs_615003

Écrit par : yves | 24/09/2018

si l'inde laisse tout tombé avec le rafale, dassault risque être embêté avec ses avions ... une possible faveur vers la Suisse pour une livraison plus rapide de rafale si nous le choisissons.

Écrit par : michel | 25/09/2018

@michel
Erreur, c'est tout le contraire qui risquerait de se passer, si un tel scénario arrivait.
L'Inde a négocié une exécution très "personnalisée" de ses 36 Rafale, je doute fort que certaines options conviennent à notre attente.

@Dknh:
Nous ne parlons pas du même contrat, lors du 1er choix du Rafale en 2012, le F-18 n'était plus dans la course.
La demande de l'Inde pour un équipement "de 57 avions marine" n'a jamais été officialisée.
Si celle-ci deviendrait effective, alors, oui, le F-18 peut rentrer en ligne de compte...

Écrit par : forêt10 | 25/09/2018

Quelques précisions précieuses et un peut plus sérieuses que les gesticulations de la "grande" presse Française.

http://www.opex360.com/2018/09/26/france-affute-arguments-convaincre-marine-indienne-dacquerir-57-rafale-m/

Écrit par : lug-2-3 | 27/09/2018

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