01/08/2018

Le Pilatus PC-24, un jet révolutionnaire !

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En ce jour de Fête Nationale Suisse, voici l’occasion de revenir sur les qualité de notre industrie et plus particulièrement sur l’avionneur Pilatus. L’entrée en service du Pilatus PC-24 était très attendue cette année et a surpris en bien beaucoup d’observateurs à travers le monde. Les livraisons ont débuté en février de cette année.

Face à la concurrence :

Le Jet de Pilatus, le PC-24 un avion de de taille moyenne avec une section transversale légèrement plus grande qu'un Cessna Citation XLS +. Certes, il a 7 pouces moins de marge au centre de la cabine, mais, c'est parce qu'il a un plancher plat continu plutôt qu'un 8-in, soit une allée perdue. La zone d'assise principale est plus longue de 2,7 pieds que sur la Citation XLS +, ce qui permet de loger confortablement six personnes dans un intérieur exécutif standard. Avec 500 cu, la taille de l'habitacle à lui seul place le PC-24 dans une catégorie de biréacteurs de taille moyenne peu peuplée, alors que le Gulfstream G150, le Hawker 900XP et la plupart des citations de taille moyenne ne sont plus en production. Le PC-24 occupe donc une place de choix.

Le PC-24, tout comme le PC-12 dispose de plusieurs qualités exclusives qui le font évoluer dans une classe à part. L’une des caractéristiques concerne les 17 pieds carrés de la porte de soute arrière qui pivote vers le haut pour donner accès à un espace de 90 pieds cubes. Compartiment de chargement à l'arrière et pressurisé. L'intégration de la grande porte dès la conception de l'avion n'était pas une mince affaire, compte tenu du système de pressurisation de 8,8 psi de l'avion et du budget strict de poids à vide. La proximité du bord de fuite des ailes et des entrées d'air du moteur montées à l'arrière de la porte de chargement a posé de nombreux défis aux ingénieurs de Pilatus.

Atterrir et décollé presque n’importe où :

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Le jet a été conçu dès le départ pour des opérations de piste non améliorées, contrairement à d'autres avions à réaction adaptés à ce rôle après la certification. L'engrenage principal, robuste, à bras oscillant, est équipé de quatre grands de pneus de 73 lb/po2. Chaque roue a un frein à triple disque pour un arrêt sûr. Les moteurs sont montés haut sur le fuselage arrière pour les garder à l'écart des débris soulevés par les pneus. Les rabats ont des peaux en aluminium épais sur les surfaces inférieures et ils sont facilement réparables. Les essais finaux sur les pistes non préparées sont maintenant en cours, l'approbation étant prévue pour la fin de l'année.

Aménagement facile :

L'intérieur permet un aménagement rapide est un des nombreux autres atouts du PC-24 qui lui permet de se distinguer. En quelques minutes, une partie ou la totalité des fauteuils et des meubles peuvent être retirés ou repositionnés, ce qui permet de reconfigurer l'avion en tant que passager à quatre places sur plus 200 pieds cubes. En mode « Combi de fret » ou en mode avec une cabine de double-club pour huit personnes ou de 10 sièges. Toutes les fauteuils peuvent facilement être enlevées pour être une conversion en missions de fret aérien ou d'ambulance aérienne (MEDEVAC).

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Des prix adaptés :

En se qui concerne la gamme de prix on débute à 9 millions de dollars. Il faut noter que même avec un intérieur « Luxe » le PC-24 est le seul avion d'affaires dont le prix est inférieur à 23 millions de dollars. De plus, il est le seuil appareil qui offre quelque soit le choix d’aménagement une unité de référence inertielle au laser, un élément clé d'un système de navigation compatible RNP 0,1. Le cockpit est construit autour d’une suite avionique développée sur un concept de Pilatus baptisé « Advanced Cockpit Environnement » (ACE), avec quatre écrans de 12 pouces et un système de vision synthétique. Pilatus vise une certification Single Pilot (un seul pilote) IFR (vol aux instruments).

Motorisation et une révolution sur l’APU :

Le contrôle strict du poids a permis à Pilatus d'équiper le PC-24 de deux moteurs à réaction légers Williams FJ44-4A-QPM, ce qui a permis d'économiser plus de 400 lb par rapport aux turbofans traditionnels des avions intermédiaires. Le fait de pouvoir utiliser des moteurs plus légers a eu un effet d'entraînement sur le poids global de la cellule, des structures de support, des ailes et du train d'atterrissage.

Les APU sont pratiquement incontournables dans les avions de taille moyenne, mais Pilatus ne pouvait pas se permettre les 300 livres de poids du troisième moteur. Ainsi, il a travaillé avec Williams pour développer un nouveau mode de puissance silencieuse (QPM) pour que le moteur droit qui réduit le régime au ralenti au sol permette de continuer de fournir une alimentation électrique suffisante pour le climatiseur ou les chaufferettes électriques lorsque l'avion est stationné.

Le moteur droit, fonctionnant avec le QPM, semble également faire moins de bruit qu'un APU typique, soit une bonne nouvelle pour les voisins de l'aéroport.

Un cycle de vie étendu :

Le résultat final de la campagne d'économie de poids a permis d’amélioré la vie de la structure de avec un gain de près de près de 1000 lb selon les dernières estimations de Pilatus. Un PC-24 typiquement équipé pèse toujours environ 1 000 lb de moins qu'un Citation XLS +. De plus, le PC-24 dispose d’un potentiel de 30 000 heures de vol et Pilatus propose déjà des programmes d'extension de durée de vie qui permettront au PC-24 de voler bien au-delà des 30 000 heures, soit des possibilités supérieures à son concurrent brésilien l’Embraer Phenom 300.

Simulateur certifié : 

Le 8 décembre dernier, Pilatus Aircraft a reçu la double certification de l'Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) et de la Federal Aviation américaine administration (FAA) et aujourd’hui le simulateur du PC-24 vient à son tour d’être certifié. Ce simulateur est basé au sein de la prestigieuse école de pilotage FlighSafety Learning Center situé à Dallas. Les premières sessions d’entraînement devraient débuter au printemps 2018. Ce nouveau simulateur va surpasser les simulateurs de génération actuels dans pratiquement tous les aspects. Le dispositif d'entraînement haut de gamme utilise des pilotes logiciels évolués et sophistiqués pour répliquer avec la plus grande fidélité possible toutes les caractéristiques de vol de avion. Le simulateur inclut une gamme complète de conditions de vol et de dysfonctionnements pour assurer le meilleur résultat d'entraînement. La technologie de pointe prolonge l’entraînement bien au-delà du cockpit du simulateur. Les moniteurs PC doubles affichent un modèle 3D de l'expérience d'entraînement complète, montrant exactement ce qui s'est passé à l'intérieur et à l'extérieur du poste de pilotage.

Quelques chiffres :

A ce jour, le PC-24 a déjà accumulé plus de 80 ventes, soit les trois premières années de production de l’avion. Pilatus va livrer en 2018 un total de 23 PC-24. Cela comprend une version exécutive pour Jetfly et le gouvernement suisse, et une version EVASAN pour le Royal Flying Doctor Service de l'Australie. Avec une distance de décollage de 820m et une distance d'atterrissage de 770 m, le PC-24 est destiné à être utilisé également sur des pistes non revêtues (neige, herbe, sable). Le jet offre un rayon d’action de 3’610 km avec quatre passagers (3’300 avec six passagers) et une vitesse de croisière maximale de 787 km/h. Il peut emporter jusqu'à 10 passagers en cabine pressurisée.

 

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Photos :Le PC-24 @ Pilatus Aircraft

Commentaires

Merci Pascal pour ces informations...

... Et pour la confirmation que le PC24 est un véritable petit bijou, même si l'absence d'un vrai groupe auxiliaire de puissance (APU) me gêne un tout petit peu. Mais les techniciens de chez Pilatus ont probablement fait un choix sensé au vu des contraintes fixées pour en faire un jet de tout premier ordre et différent des autres.

Vive la Suisse !! (Ça nous changera des "cocoricos !!) :-)

Écrit par : byp | 02/08/2018

Vraiment un beau et intelligent jouet....bravo Pilatus...

Écrit par : Lotser68 | 03/08/2018

Ah ben si c'est un jouet, fallait le dire tout de suite...

Écrit par : Géo | 04/08/2018

@byp : pas pour vous précisément , mais c'est l'occasion de noter que les commentateurs français sont beaucoup plus modérés qu'on ne le dit ailleurs pour louer les production de leur pays . Et les cocoricos n'existent que dans l'imagination des détracteurs desdites productions. Mais on ne prête qu'aux riches pas vrai ?
Après , le PC 24 est en effet un petit jet très prometteur , qui témoigne des progrès constants réalisés chez Pilatus , une entreprise exemplaire . Mais bon , les Falcons nous ont habitués à une certaine excellence , de l'autre côté du Doubs :-) ...Sans rancune !

Écrit par : philbeau | 04/08/2018

A part ça, hors sujet mais d'actualité : il serait bon de rappeler aux pilotes amateurs que l'air chaud est moins dense et que cela a une influence sur la portance : ils tombent comme des mouches, ces jours...
Comme en 2003...
(et mon conseil : ne jamais accepter d'invitation à un vol avec les amateurs, ce sont des pilotes de beau temps. Et il ne fait pas toujours beau temps. Et le beau temps est justement aussi dangereux...)

Écrit par : Géo | 05/08/2018

@ philbeau : OK, c'était du 2ème degré (au moins) étant également français, je me permets quelques auto-critiques et auto-dérisions après une coupe du monde gagnée...

@ Géo : Excellentes remarques. Bons vols à tous !

Écrit par : byp | 06/08/2018

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