13/07/2018

Un ATR 72MP pour la Guardia di Finanza !

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Le corps douanier italien de la Guardia di Finanza a commandé un avion patrouille maritime ATR 72MP. Le contrat est évalué à 44 millions d'euros (51,2 millions de dollars), y compris la formation et le soutien logistique, l'opération pourrait éventuellement atteindre une valeur totale de 250 millions d'euros si un nombre indéterminé d'options est exercé.

La livraison de l'ATR 72MP aura lieu en 2019, selon Leonardo. La Guardia di Finanza exploite déjà quatre petits ATR 42MP.

Le turbopropulseur bimoteur sera capable de remplir un certain nombre de rôles, notamment la patrouille maritime, la recherche et le sauvetage, la lutte contre le piratage et la contrebande de drogues, ainsi que la surveillance des eaux territoriales. L'armée de l'air italienne exploite déjà une version de l'ATR 72MP, qu'il désigne comme le P-72A.

L’ATR 72MP (P-72A) :

Basé sur une cellule d’ATR 72-600, le P-72A est configuré militairement par la société Leonardo (Selex ES) au sein de ses installations de Turin. Les P-72A partagent un certain nombre de caractéristiques avec la variante de la guerre anti-sous-marine (ASW) de l'ATR 72 que Leonardo a développée pour la Turquie.

Pour l’Italie, les systèmes ASW ont été remplacés par une gamme complète d'équipements C4I (Command, Control, Computers, Communications and Intelligence). L’avion est doté du système de mission ATOS ( Airborne Tactical Observation et Surveillance) de Leonardo. Le système ATOS assure une surveillance étendue et ciblée (ouverte ou dissimulée) Il s'agit d'un système de gestion de mission d'architecture ouverte, flexible et ouvert, intégrant un certain nombre de capteurs et de sous-systèmes dans une conception très modulaire. ATOS est basé sur quatre stations qui permettent de gérer l'information, avec la possibilité de l'intégration des liens avec les liaisons électroniques 16/11, SATCOM KU / KA, Vortex, VMF et la classification radar. Le système permet la capacité ELINT ESM.

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ATOS est intégré à l'instrumentation numérique avec un TACAN (Tactical Air Navigation de navigation aérienne à courte portée), deux SAASM VI INS / GPS (disponibilité sélective Anti-Spoofing Module-système qui permet des observations GPS très détaillées et précises) et un IFF TX.Le système de gestion permet un contrôle avec quatre radios UHF et HF avec deux opérateurs de système de mission.

Le personnel dispose également d’une tourelle FLIR "Star Safire HD" qui permet le géo-pointage avec une extrême précision, l'alimentation fournie par des capteurs multiples peut être fusionnée en une seule image, pour obtenir le contraste, et la présentation des détails cachés de façon optimale.

Les P-72A sont doté du radar AAES "Seaspray 7300" de type AESA. Le P-72A est également doté d’une suite d'autoprotection dérivée de celle adaptée au C-27J « Spartan » soit le système ELT800V2 avec détection à infrarouges AN/AAR-47 et électromagnétiques APR-39 couplé au système de contre-mesures électroniques AN/ALE-40.

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Photos : L’ATR 72MP @ Leonardo

Commentaires

C'est dommage, je pense qu'une version marine de l'ATR72 pour remplacer l'Atlantique 2 aurait été un bon choix. a mon sens les A320 ou B737 sont mal adaptés pour ces missions qui nécessite des passages bas et en faible vitesse. Le turbo prop est un meilleur choix qu'un réacteur.

Écrit par : Albert66 | 13/07/2018

@Albert66 : certes, mais un ATR 72 c'est seulement 1 665 km d'autonomie contre 8 000 à 11 000 km pour un Airbus A320 neo (source wikipedia).

Écrit par : riso | 14/07/2018

@Albert66

Je ne connais absolument pas ce type de mission ASW mais je remarque que le P-8 deviens un standard. Je suppose qu'il est possible maintenant de mener des missions ASW sans "des passages bas et en faible vitesse".
J'aimerai savoir ce qu'il en est réellement, vraiment.

Écrit par : Montaudran | 14/07/2018

Au niveau ASW (contre les sous-marins), le seul outil qui peut difficilement être utilisé à haute altitude c'est la perche MAD (détecteur d'anomalie magnétique), qui, justement, n'existe pas sur les P-8 (les P-8I indiens en ont), l'US Navy voulant la placer sur des drones accompagnateurs, largués depuis les P-8 (programme HAASW UTAS)
Pour le reste, il me semble que voler à plus haute altitude n'est pas forcément un problème, le déploiement de sono-bouées et de torpilles pouvant s'envisager à haute altitude (même si c'est plus compliqué).

Au niveau ASuW, contre une vraie marine de guerre, voler à plus haute altitude favorise la détection des menaces ennemies à plus longue distance... et sa propre détection (à basse altitude, en l'absence d'AWACS, la courbure de la terre bloque en partie la détection). Du coup en cas de conflit face à une armée disposant de vrais équipements, les P-8 devront probablement voler à plus grande distance pour éviter d'être abattus...

Au niveau ASuW contre des menaces type pirates ou autres, ainsi que pour la recherche et sauvetage, même si les équipements de détection (optiques) font d'énormes progrès, je doute qu'on puisse déjà remplacer les passages bas et les simples observateurs humains. Idem pour le largage de kit de survie/radeaux, qui doivent pouvoir être largués de manière très précises...
Mais en même temps c'est plus la mission des Coast Guard, qui disposent eux d'HC-130, d'HC-144 et d'H-27J.

Après, utiliser des jets permet aussi d'arriver beaucoup plus vite sur zone, et de parcourir des distances plus importantes en moins de temps. Ce qui couplé avec des équipements ASW adaptés, peut permettre de couvrir une plus grande zone à moyens égaux.

Écrit par : chris2002 | 14/07/2018

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