25/04/2018

Airbus & Dassault s’accordent sur le futur avion de combat européen !

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Salon ILA de Berlin, les deux avionneurs européens Airbus Défense et Dassault Aviation ont annoncé un accord de principe autour du développement du futur avion de combat européen, dont l’ idée avait été présentée en juillet dernier par Paris et Berlin. 

Airbus et Dassault sont techniquement prêt au développement et la production du Système de combat aérien du futur avion européen (Scaf) à l'horizon 2040. Le projet SCAF doit venir remplacer les avions actuels Rafale et Eurofighter au-delà des années 2040. Le projet doit également concerner des drones.

"C'est un accord de principe. Le premier message est de dire 'oui, nous sommes prêts'" pour le développement du Scaf, a déclaré le PDG de Dassault Aviation, Eric Trappier, lors d'une conférence de presse commune avec le patron d'Airbus Defense and Space, Dirk Hoke, dans la capitale allemande.

La prochaine étape concernera la mise en place d’une une feuille de route devrait être présentée en juin. Le lancement d'un prototype devait même être acté cette année, avec un investissement prévu de 2 milliards d'euros.

Du point de vue de la communication on notera que les deux industriels parlent d’un avion de combat franco-allemand. Hors, le groupe Airbus Défense dépend également des Italiens et des Espagnols. Ceux-ci, pourraient se retirer, mais dans quel intérêts ? Et puis, il y a les anglais également membres d’Airbus. Les anglais sont mêmes très important au sein d’Airbus et ont toujours été les « leader » dans le développement aéronautique comme le Tornado et l’Eurofighter.  Il sera donc difficile de s’en passer, avec les compétences clefs dans les moteurs Rolls-Royce et le développement de drones et avions de combat avec BAE Systems.

Pour autant d’autres problèmes pourraient venir ternir cette « idylle naissante », les programmes européens : l’Eurofighter en tête et l’A400M ont démontré les difficultés des industriels européens à parler d’une seule et même voix. Prenez simplement le fait qu’il faudra bien un « leader » pour mener à bien le projet, hors aucun des deux protagonistes n’est semble prêt à lâcher du lest.

Il faudra par exemple trouver une entente en ce qui concerne les exportations du futur avion. L’Allemagne étant par principe plus réticente à l’exportation en direction de certains Etats.

Pour la bonne nouvelle, cette alliance Airbus/ Dassault confortera l’idée qu’il est possible d’envisager un avenir européen en matière d’avion de combat et qu’il risque bien d’y avoir une concurrence pour faire face aux Etats-Unis qui espéraient bien « tuer » celui-ci, avec un certain F-35.

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Photos : 1 Image d’artiste 2 Eric Trapier & Dirk Hoke

 

 

Commentaires

A mon sens c'est une énorme erreur. Ce type de coopération est un vrai casse tete, il faut répartir les taches et chaque pays voudra récupérer un maximum de retour sur investissement et de ce fait ce ne sont pas forcément les services les plus compétents qui remporteront des contrats.
De meme chaque pays voudra rajouter son cahiers des charges. Et je ne parle pas des décisions qui devront etre prises après l'accord de tout le monde ce qui rallonge à chaque fois les délais. Et je n'oublie pas non plus les problèmes liés à la langue, aux outils de travail qui ne sont pas toujours les meme (ça avait été un problème pur l'EF) ... après et on retombera dans le meme casse tete que l'A400M et pour un prix trop élevé.

Écrit par : Albert66 | 25/04/2018

Finalement Dassault n’est-il pas celui qui a le plus à perdre dans cette histoire ? Sans remettre en cause les qualités de l’avionneur français, celui-ci doit impérativement trouver un partenaire pour le faire le futur avion tandis qu’Airbus qui a le soutien financier de plusieurs États et dans une position de domination.

Écrit par : Marco | 26/04/2018

Dassault est tout désigné pour diriger ce projet. Neuron en est le parfait exemple et peut être vu comme une répétition.
Maintenant il est clair qu'il y a beaucoup de partenaires en Europe et il ne sera plus question de refaire les mêmes erreurs qu'avec Eurofighter.
Dassault va imposer une rationalisation des moyens de production et l'Allemagne va devoir manger son chapeau en ce qui concerne les conditions de vente à l'export.

Comme tout nouveau projet de cette ampleur cela ressemble à une idylle...

Écrit par : Ricko | 26/04/2018

@Albert66, comme a écrit Ricko, ces risques de blocage n’existeront pas si c'est l'organisation type Neuron qui est mis en place avec un seul leader compétent donc la question est de savoir si Airbus l'acceptera.
Sinon il y a aussi la production éparpillée sur les différents pays partenaires qui est à craindre comme dans le programme Eurofighter

Écrit par : James | 26/04/2018

Comme je l'avais dit sur un autre post, Dassault fera son dernier rafale en solo et que la prochaine fois il devra s'allier avec d'autres partenaires.
Mais !!! Quand on voit pour l'eurofighter et que le consortium Airbus a 4 partenaires dans 4 pays et que de gros problèmes a ce mettre d'accord et la un 5e ? Je ne vois pas d'un bon oeil tout ça ? Ça casse ou ça passe.

Écrit par : michel | 26/04/2018

@James, bien sur que les blocages existeront parce que chaque partenaires voudra tirer le maximum de profit dans cette histoire.
Meme sir Dassault parvient a obtenir le leadership, Airbus fera tout pour s'imposer, pour montrer qu'il a malgré tout un poids et n'est pas qu'un simple partenaire financier. Et au sein meme d'Airbus chaque pays imposeront des retour sur investissement en imposant qu'un maximum de chose soit faite chez eux, meme s'ils n'ont pas forcément la meilleure compétence dans le domaine. C'est presque plus politique qu'autre chose, par principe, chaque pays, chaque partenaire, chaque société voudra récupérer un max d'activité et de bénéfice. Et on retombera donc dans le meme travers qu'à connu l'EF, c'est inévitable et in-errant au principe du partenariat, et tous les cas depuis 3 décennies montre que les projets en partenariat ont été un vrai bourbier, avec des retard et des couts qui explosent.
Et meme si Dassault a le leadership, Airbus sera malgré tout assez puissant pour imposer des choses.

Écrit par : Albert66 | 26/04/2018

@michel
"Dassault fera son dernier rafale en solo et que la prochaine fois il devra s'allier avec d'autres partenaires"
Probable mais je pense qu'il n'est pas impossible que ce sera encore franco-français, il suffit d'une volonté politique forte avec des conjonctures favorables. D'autre part, le coût aura de grande chance d'être nettement mieux maîtrisé que celui du F-35, et que le terrain est en partie défriché (pour ne pas dire payé) par les projets Neuron et FCAS (avec UK)

Écrit par : James | 26/04/2018

@herciv: relisez il n’y a aucune décision et cela ne fait que commencer

Écrit par : Arnaud | 26/04/2018

@Arnaud
on parle de bruits de couloir plus qu'insistant sachant que les allemands auraient le lead pour les systemes terrestres.
D'autre part le SCAF/FCAS ne doit pas être compris comme seulement un chasseur mais comme un systemes global comprenant : un chasseur, des mini drones, des drone MQ-25 like, des drones MALE/HALE, des awacs, des tankers, des avions d'entrainements (RUAG j'esprère). Le cœur d'un tel systeme c'est les datalink dans lesquels SAAB excelle. J'espère qu'il feront parti de l'aventure.

Écrit par : herciv | 26/04/2018

La France prend le leadership du programme et demande une capacité navale du futur SCAF. Il faut espère que le programme débouchera sur un appareil de série et ne s’arrêtera pas à un démonstrateur comme le nEUROn. On notera que chez Airbus on grince des dents !!

Écrit par : Pk | 27/04/2018

@PK
"ne s’arrêtera pas à un démonstrateur comme le nEUROn"
Votre phrase est un peu ambiguë car elle semble dire que le projet nEUROn est arrêté à un démonstrateur et que donc ce n'était pas une réussite.
"On notera que chez Airbus on grince des dents", et alors, ils ont déjà la maîtrise d'oeuvre sur le RPAS où Dassault avait largement les niveaux technique et organisationnelle d'en être leader aussi.

Écrit par : James | 27/04/2018

@james : le projet nEUROn est une réussite et aurait dû déboucher sur un aéronef concret, espérons que se soit le cas cette fois. Chez Airbus on espérait tenir un rôle de premier plan. Mais politiquement cela posait problème, les allemands sont leader sur le futur char de combat et les déboires de la gestion de l’Eurofoghter et de l’A400M ont fini par logiquement imposer Dassault.

Écrit par : Pk | 27/04/2018

@Pk, au temps pour moi

Écrit par : James | 27/04/2018

@James : Pas de soucis un bon week-end vous !

Écrit par : Pk | 27/04/2018

bon on va compter les jours ..comme en 1984 avec les anglais et efa....bref une belle erreur et la les egos cava faire mal

Écrit par : emmanuel | 28/04/2018

Ca vient de sortir il y a quelques minutes , Dassault revient dans une vidéo sur ces projets passés en collaboration européenne ... et aussi futur avec à la toute fin la première maquette virtuel de ce que sera peut être le SCAF.
https://www.youtube.com/watch?v=jzw-0E2vDKg

Écrit par : tori | 04/05/2018

@tori : Merci pour le lien :) !

Écrit par : FredericA | 04/05/2018

Ooooooohhhh mais il aurait pas un gros aspect furtif le futur avion de combat européen dans cette vidéo de Dassault ??? Quelle surprise !!!!

Écrit par : Dany40 | 05/05/2018

Le projet Neuron prend trop de temps, le jour où il sera entièrement opérationnel ? Il sera dépassé par de nouvelles technologies, un drone tout neuf, mais déjà trop vieux.
Quant à Dassault a malheureusement aujourd’hui plus le choix s'il veut continué dans la branche avion de combat y doit s'allier, mais il en payera le prix de n’être plus un décideur de qui, quoi et comment l'avion devra être, une page ce tourne pour Dassault.

Écrit par : michel | 06/05/2018

@michel
Dans un monde idéal dassault peut continuer seul, il ne manque pas de ressource technique sur le sol français (qui leur permet d'avoir les coudée franches), non ce qu'il leur fait défaut c'est un débouché , les budgets de l'armée française sont insufisant et trop peu de client achète encore "sur étagère" . Si il faut ouvrir une chaîne d'assemblage ou transférer des sous ensembles pour conclure une vente mieux vaut l'anticiper en amont du projet.
C'est le principal apport des Allemands et ce pourquoi ils sont le "bon" partenaire, ils apportent une gros commande donc des capitaux. En retour ils en tireront du savoir-faire et une ouverture sur les marchés militaires qui leur permettront de se retourner face au replis de leur secteur de prédilection l'automobile et les machine-outils.
Il est vrai qu'une page se tourne.

Bon maintenant à propos de cette maquette on peut dire c'est que cela ressemble à ce que lockheed et northrop nous vendent comme étant la 6th gen dans leurs présentation marketing, le SCAF n'a été décrit que dans les grandes lignes pour le moment et personne ne peut affirmer quoi que se soit à son sujet cependant si le SCAP est bien une mise en execution de ce que les spécialistes américains d'écrivent comme étant la prochain évolution du chasseur cela va faire l'effet d'une bombe outre-atlantique, que l'europe se montre précurseur et non plus suiveuse va choquer les esprits. Quid de leur réaction ? finalement la déclaration de Pierre Sprey père du F-16 à propos du F35 "il en feront 500 pour sauvez la face puis passerons à autre chose" va peut être bien se réaliser (Ne tenez pas compte de ce dernier propos il est la pour faire crincer des dents les hystérico-fanatiques du F35 ;)

Écrit par : tori | 06/05/2018

Lors du salon ILA, comme vous le savez tous, un autre contrat a été signé:
Le drone MALE européen RPAS.

Les choses commençant à se décanter nous découvrons que sept sociétés vont se partager les tâches, sous la maîtrise d'œuvre d'Airbus!
Trois constructeurs (Airbus, Dassault Aviation et l'italien Leonardo) et quatre équipementiers de premier rang (Thales, l'allemand Hensoldt, l'espagnol Indra et l'italien Elettronica). Sept poids lourds européens, cela fait un peu beaucoup, trop à mon avis.

Je rappellerai que le démonstrateur Neuron avait réuni avec SUCCÈS six (déjà un de moins) industriels autour de Dassault Aviation comme maître d'œuvre;
Thales, l'italien Alenia (devenu Leonardo), Saab, EADS-CASA (devenu Airbus), Hellenic Aerospace Industry (HAI) et Ruag.
Nous voyons que certains ont disparus (HAI, Ruag) et d'autres sont apparus avec à l'appui un problème politique supplémentaire à gérer.

Pourquoi avoir attribué la maîtrise d'œuvre à Airbus?
La réponse est toute trouvée, pour un équilibre politique bien sûr et non sur une confirmation du savoir-faire.
Petits rappels:
Airbus n'a pas particulièrement brillé dans la conduite de certains grands programmes militaires, dont il a eu la maîtrise d'œuvre (A400M, drone SIDM, hélicoptère NH90...). Et plus spécifiquement quand le groupe européen a lui-même dû développer des missions de défense dans ces programmes.
De ce point de vue, l'A400M a été par exemple un véritable fiasco technique. "Ils ne savent pas maîtriser les missions de défense", estime un industriel* (non français!) du secteur.
Or les caractéristiques d'un drone MALE résident principalement dans ses missions, il n'est pas seulement un "engin" qui vole. "On a peur qu'ils nous refassent un A400M", ajoute ce même industriel*.

En outre le partage industriel est étrange et disparate:
Maîtrise d'œuvre: Airbus
- Dassault Aviation a récupéré les commandes de vol, les essais en vol et la chaîne de communication,
- Thales s'occupera pour sa part du radar.
- Hensoldt, de l'optronique
- Elettronica de la guerre électronique (sic!).
Enfin, Indra collaborera avec les trois équipementiers sur les missions.

L'élaboration du cahier des charges risque d'être ardue, car on retrouve les mêmes protagonistes qui ont amené l'A400 au désastre et a un engin à moitié raté (en relation avec les coûts et les délais non maîtrisés) à savoir l'Eurofighter, sans parler du NH90.
D'autant que les pays européens se sont aujourd'hui bien accommodés des Reaper, les drones américains.

A suivre donc...

Écrit par : forêt10 | 15/05/2018

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