14/01/2018

Eurofighter autrichiens, Airbus tente d’éviter le procès !

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Dans le cadre de l’accusation pour corruption lancée par le Le ministère de la Défense autrichien, le groupe Airbus tente d’éviter un lourd procès avec le paiement d’une amende.

Rappel :

En février2017, Le ministère de la Défense autrichien a annoncé vouloir attaquer en justice le groupe aéronautique européen Airbus dans le cadre de l’affaire de fraude et de corruption en ce qui concerne la vente d'avions de combat Eurofighter à l'Autriche.

"Nous déposerons une plainte en justice contre Airbus", a déclaré à l'AFP le porte-parole du Ministère, Michael Bauer, en précisant que l'affaire portait sur la livraison en 2003 de 15 appareils Eurofighter pour un montant de 1,7 milliard d'euros.

L’Autriche avait présenter des détails sur l’affaire, avec notamment des preuves en qui démontraient qu'Airbus avait gonflé artificiellement le prix des appareils Eurofighter T1.

Airbus avait indiqué fin avoir accepté une procédure de rectification fiscale en Allemagne concernant cette vente d'avions de combat Eurofighter à l'Autriche, alors que cette transaction fait l'objet depuis des années de soupçons d'éventuels pots-de-vin.

L’amende au-lieu d’un procès :

Pour Airbus, il s’agit aujourd’hui d’éviter un procès dont l’image serait catastrophique. Pour ce faire l’avionneur est en discussion avec le procureur de Munich pour éviter ce processus embarrassant.

Pour Airbus, iI serait possible de mettre fin à l'enquête sur la vente de l'Eurofighter à l'Autriche, selon un communiqué de presse datant de samedi après-midi. Le groupe européen négocie une amende de 70 à 80 millions d'euros. En agissant ainsi, l’avionneur veut faire tomber les chefs d’accusation et donc la mise en place d’un procès public à Munich à cause de l'affaire Eurofighter.

De son côté le procureur de Munich soupçonne qu’une douzaine d'anciens employés et des gestionnaires ainsi que des partenaires commerciaux d'Airbus ont soudoyé des fonctionnaires de l'Etat autrichien pour remporter le contrat pour l'avion de combat par le gouvernement de Vienne.

L'enquête a révélé qu'au moins 90 millions d'euros avaient coulé à travers des fausses factures et des sociétés de boîtes aux lettres dans la moitié du monde et à travers des canaux sombres. C'est un modèle typique des paiements de pot-de-vin.

Le ministère public de Munich ne peut cependant, dans la mesure où les destinataires définitifs des millions ne peuvent être déterminés, prouver complètement la corruption. Mais des preuves existent en ce qui concerne le détournement d'actifs du Groupe car de nombreux justificatifs de paiements restent introuvables.

Selon les parties, les discussions entre Airbus et le ministère public pourraient déjà produire des résultats dans les semaines à venir. Selon ces informations, le Groupe est confiant dans le fait qu'il sera en mesure d'éviter les poursuites contre les anciens dirigeants d'Airbus. La justification légale de l'amende serait que le Groupe a violé ses obligations de contrôle interne et que le million de paiements douteux est devenu possible. Pour l'accusé dans la procédure de Munich, l'enquête pourrait alors se terminer, par exemple, par une ordonnance de sanction, du moins sans audience publique.

Un tel règlement de l'affaire Eurofighter à Munich rendrait difficile pour l'Etat autrichien et les enquêteurs de Vienne de prendre des mesures contre Airbus pour corruption. A suivre.

 

Photo : Eurofighter T1 autrichiens@ Force aérienne autrichienne

Commentaires

Comme dirait Benrard Tapie : „C’est cadeau,“, l’amende potentielle. Ce n’est même pas le prix d’un Typhoon!
Airbus ne semble donc plus rien attendre de son client.... drôle de gestion du client.

Écrit par : Al&X | 14/01/2018

Il faut y ajouter les 104 millions d'amende sur la vente de missiles à Taïwan.

Écrit par : Martin | 14/01/2018

Avec un tel scandale, cet avionneur devrait être interdit dans la compétion en Suisse.

Écrit par : Florence | 14/01/2018

@Florence: Il se pourrait en effet, qu'une recommandation du MPC demande de ne pas tenir compte de l'offre Airbus, a suivre.

Écrit par : PK | 14/01/2018

Bonne question ? Sera-t-il quand même en compétition en suisse ? Quand on voit le F35 les déboires qu'il a, tous veule en acheté, on ce pose des questions.
Je ne serai pas étonné de le voir sur la liste et les politiciens ne feront même pas scandale comme ce qui a été fait pour le gripen.

Écrit par : michel | 14/01/2018

Je vais me faire l'avocat du diable: On met de côté Airbus pour cause de curruption, les américains de Lockheed et Boeing ne peuvent répondre en matière de participation de notre industrie au développement d'avion de combat et se retirent de la compétition. Reste Le Gripen suédois et le Rafale de français. Les moyens étant ce qu'ils sont, Dassault ne veut pas perdre une seconde fois en Suisse face au Gripen et se retire en pleine compétition. Plausible ou non ?

Écrit par : Marco | 14/01/2018

"...éviter un procès dont l'image serait catastrophique." Si ça se passait dans d'autres pays (en Afrique ou en Asie, par exemple), le procès aurait lieu, image ou pas. Petits arrangements pour vendre sa camelote, puis petits arrangements pour éviter d'assumer... Belle mentalité !

Dans les affaires, le principe de base est la confiance en ses partenaires. Là, c'est mal barré ! On se croirait en Russie...

Écrit par : Luc | 15/01/2018

Pas de soucis pour la société d'Airbus, ils sont trop malins, ils veulent payer l'amende qui coûtera bien moins cher qu'un procès et bien plus rapide.
Une petite amende qui pour eux n'est rien et ils montrent en quelque sorte leur bonne foi ? C'est le chat qui ce mort la queue, mais c'est du bizness, plus il y a d'argent qui ce brasse, plus le système est favorable pour ces gens.
Une affaire vite réglée et au final les méchants sera l'Autriche.

Écrit par : michel | 15/01/2018

@Marco: espérons que moi n’en arriverons pas là.

Écrit par : Steeve | 16/01/2018

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