02/11/2017

Avions de combat, le mauvais exemple autrichien !

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Selon certains journalistes, notre voisin autrichien semble être un exemple idéal en ce qui concerne les points de comparaisons en terme de nombre d’avions de combat pour nos deux pays. Lors de la campagne sur le « fond Gripen » l’aviation autrichienne était déjà citée en exemple par certains.

La situation autrichienne :

Le 21 août 2014, le chef de la section de combat au sein du ministère autrichien de la Défense (MoD), le major-général Karl Schmidseder, a annoncé,  lors d'une conférence de presse que les 15 avions de combat de type Airbus Eurofighter T1 «Typhoon II » devront restreindre de plusieurs heures par jour leur capacité de police du ciel. 

Police du ciel quasi inexistante :

Les compressions budgétaires associées à un nombre insuffisant d’avions de combat obligent donc l’aviation autrichienne à délaisser un peu plus la surveillance de l’espace aérien. Avec seulement 15 avions de type Eurofighter T1 pour une superficie de 83’878,99 km au sol, sans parler du fait que la superficie doit également tenir compte du volume en terme de ciel, soit de l’altitude sol à une altitude de 23’000 mètres, l’Autriche ne peut assurer la police du ciel que le matin. Par contre, il est encore possible de temps en temps, soit deux à trois fois par mois d’assurer une permanence aérienne sur une période estimée à 14 heures, a déclaré le général de division Schmidseder.

Une Force aérienne très limitée : 

La situation de la Force aérienne autrichienne n’est, de loin pas très enviable, avec seulement 15 avions de combat Eurofighter T1, soit le modèle le plus limité de la gamme du chasseur européen.

En effet, sur ces 15 aéronefs, seul 6 à 8 sont réellement disponibles, les autres se trouvant en maintenance et servant à la formation du personnel aérien et au sol. Le standard T1 des Eurofighter autrichien ne permet que l’interception à courte portée, ainsi que l’engagement avec des bombes en chute libre. Pas de guerre-électronique, ni de reconnaissance aérienne, incapacité antibalistique.

L’Otan en protecteur: 

Cette situation au centre de l’Europe inquiète l’Otan, qui avait déjà dû assurer la protection du ciel autrichien lors de la guerre en ex-Yougoslavie.  Si la situation ne pose pas encore de problème aujourd’hui, une accentuation des risques de tensions en Europe à l’avenir pourraient donc bien devenir très problématique. L’Otan se pose donc comme un protecteur direct du ciel autrichien. Cette situation contraint d’ailleurs l’Autriche à une perte de sa souveraineté aérienne.

Un nouvel avion en plus grand nombre :

Vienne travaille à une amélioration de sa Force aérienne, en cherchant à se débarrasser de ses Eurofighter T1 et opter pour un autre appareil en plus grand nombre. Selon le calendrier, l'Autriche va se débarrasser de sa flotte de15 Eurofighter « Typhon II » Tranche 1 à partir de 2020. L’objectif étant de se doter d’un nouvel avion de combat ayant un standard plus performant et en plus grand nombre.

Pour le ministre de la Défense, Hans Peter Doskozil « Ceux qui disent oui à la neutralité autrichienne et à la souveraineté doivent également dire oui à un avion supersonique moderne et à haute performance capable de faire des opérations ponctuelles avec un coût à l’heure de vol viable ».

Le rapport conclut que l'armée de l'air exige une nouvelle flotte de combattants supersoniques, capable de fonctionner 24 heures sur 24 et équipé de missiles guidés et d'un système avancé d'autodéfense.

Une situation complexe :

Selon la presse de notre pays (20minutes, Nouvo), l’Autriche espère 18 avions de combat, ce chiffre serait suffisant. Vraiment ? Avec seulement trois avions supplémentaires, notre voisin n’améliorerait pas sa situation en terme de disponibilité de la police du ciel, au mieux la dotation permettrait de disposer de 8 à 9 avions au-lieu des 6 à 8 actuels. Le pays continuerait de ne pouvoir réagir en cas de tensions en terme de durée en centre Europe.

Que veut réellement l’Autriche :

Rappelons ici que la Force aérienne autrichienne moderne a été créée en 1955 et bridée par l’Otan du fait que le pays était un allié au Nazis durant la guerre. La Force aérienne autrichienne ne pouvait acheter des avions performants et a été contrainte à ne pouvoir acquérir que des missiles de courtes portées.

La situation ayant changé, Vienne réfléchit à la modernisation de son aviation avec les objectifs suivants :

 

  • Achat d’un nouvel avion à partir de 2020 en deux tranches.
  • Formation de nouveaux pilotes.
  • Trouver un repreneur pour les actuels Eurofighter T1.

Contrairement a ce qui a été dit dans notre presse, l’Autriche cherche bien un lot d’avion de 18 à 20 nouveaux appareils, mais le pays est conscient que ce nombre reste insuffisant. L’Autriche doit donc former plus de pilotes et espère revendre ses Eurofighter pour notamment financer une seconde tranche d’avions à l’aube de 2025-2028. L’Autriche prévoit donc de passer de 15 à 30 voir 40 appareils. Tout en restant en partie sous-tutelle de L’Otan.

Les bons exemples :

Non, l’Autriche n’est certainement pas le bon exemple pour une comparaison en vue du développement de nos Forces aériennes. La volonté en Suisse de souveraineté aérienne, de garantir à l’avenir d'une police du ciel 24/24 et de pouvoir tenir notre espace aérien en cas tensions internationales ne cadre pas avec les possibilités de notre voisin. Ceux et celles qui utilisent l’exemple autrichien n’ont de vœux que le démantèlement de notre aviation militaire.

Il existe pourtant de bons exemples pour tirer quelques comparaisons, la Finlande, la Suède, soit des pays neutres comme nous, souverains capables de se donner les moyens de leurs ambitions.

 

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Photos : 1 Eurofighter autrichien limité en armement @ AIF 2 Les Hornet suisses doivent pouvoir soutenir une protection en profonderu et dans la duré @ Swiss Air Force

 

 

 

Modernisation des P-3 « Orion » allemands !

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Lockheed Martin a reçu un contrat de 158,5 millions de dollars pour la deuxième phase du programme de modernisation de la flotte d’avions de patrouille maritime P-3C « Orion » de la marine allemande. Cette seconde phase se concentrera sur les mises à jour du système de mission de huit avions de patrouille maritime.

La modernisation des P-3C allemands doit permettre de soutenir les opérations jusqu'en 2035. Le système de mise à niveau de mission fait partie d'une mise à niveau global de la flotte avec la modernisation de l’avionique capacité et de la capacité de vol aux instruments (IFR).

Le programme d'actualisation du système de mission des P-3C allemands inclura la conception, le développement, la fabrication, l'intégration, l'installation et l'essai du système de mission tactique aéroporté de Lockheed Martin. La majeure partie de la conception, de la fabrication et des mises à niveau matérielles et des logiciels sera effectuée sur les sites de Lockheed Martin à Owego près de New York, Manassas, Virginie et Marietta, Géorgie.

Le système de mission tactique aéroporté est un système basé sur le système JAVA à architecture ouverte qui fournit des logiciels de pointe ainsi que des composants de traitement, d'affichage et de contrôle du système de mission de base. En tirant parti des composants commerciaux (COTS), les coûts d'obsolescence futurs sont réduits, soutenant ainsi la durabilité à long terme du système pour le client. En plus du système de mission tactique aéroportée, l'actualisation du système de mission comprendra un nouveau système de traitement acoustique monté sur bâti aéroporté (AR-C2P) qui assurera la durabilité à long terme de l'avion P-3.

Le programme d'actualisation du système de mission P-3 « Orion » en Allemagne a débuté en 2016 lorsque la marine américaine a attribué à Lockheed Martin un premier contrat de vente militaire (FMS) de 54,9 millions de dollars pour des travaux de conception et de conception préliminaires. L'attribution actuelle du contrat de 158,5 millions de dollars prend le programme de la revue préliminaire de conception à l'achèvement du programme en 2022. Les huit avions exploités par la marine allemande ont été achetés au début de 2006 auprès de la marine royale néerlandaise.

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Photos : P-3C « Orion » de la Marine allemande @ Deutsche Marine