16/10/2017

Canada, des Hornet d’occasions en attendant mieux ?

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Le feuilleton du remplacement de la flotte de Boeing CF-18 « Hornet » de la Royal Canadian Air Force (RCAF) est entré dans une nouvelle phase. On se souvient du choix de remplacement du gouvernement canadien avec une flotte intermédiaire de Boeing « Super Hornet ».

Guerre Boeing vs Bombardier :

Durant l’été, l’avionneur américain a porté plainte contre l’entreprise canadienne Bombardier devant le département du Commerce des Etats-Unis. A l’origine cette plainte est due à la commande par la compagnie Delta Air Lines de 75 avions Cséries auprès de l’avionneur canadien. Cette décision à visiblement vexé Boeing, Alors que celui-ci n’était même pas en concurrence. Mais il semble bien que le succès de la gamme Cséries rende les américains un peu nerveux. De fait, les USA pourraient taxer les avions canadiens de l’ordre de 220% estimant que ceux-ci bénéficient de subventions publiques.

Trudeau se tourne vers l’Australie :

Ne pouvant dès lors, plus opter pour l’instant pour des Boeing F/A-18 E/F « Super Hornet » neufs, le gouvernement Trudeau à esquisser un plan « B ». Pour éviter de retomber dans le piège du F-35, le Canada réfléchit au rachat de chasseurs australiens pour compléter la flotte de CF-18 d’ici à ce qu’on parvienne à une solution définitive. Ottawa a tenu à préciser que les avions australiens qu’il envisage d’acheter sont presque aussi vieux que les CF-18, mais ont beaucoup moins d’heures de vol.

Vers la fin d’août 2017, le Canada a entamé des discussions avec le gouvernement de l’Australie sur la possibilité d’acquérir les chasseurs F/A-18 et les pièces de rechange connexes que l’Australie prévoit de vendre.

Une mauvaise solution :

Cette solution de remplacement en attendant mieux n’est pourtant pas forcément une bonne idée. D’une part, il ne faut pas oublier qu’une possible revente des « Hornet » australiens ne pourra se faire qu’avec l’accord du Département d’Etat américain. De l’autre, il faut rappeler que l’US Navy va progressivement retirer ses « Hornet » à partir de 2023. De fait, Boeing ne livrera plus de mises à jour des logiciels à cette date. Un problème d’obsolescence va venir se poser rapidement pour ces avions en service. Les pays utilisateurs devront avoir trouvé un remplaçant d’ici 2030. Ce problème se pose déjà chez nous en Suisse et le Canada se retrouvera dans la même position inconfortable. Un tel choix ne fera que repousser l’inévitable : trouver un remplaçant aux Hornet !

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Photos : 1 CF-18 canadien@ RCAF 2 F/A-18 B australiens @ RAAF

Commentaires

Dommage que dans les raisons de la "guerre" Boeing/Bombardier vous oubliez l'argument le plus important de Boeing : l'attribution à Bombardier par les 2 paliers de Gouvernements (Fédéral et Provincial) ainsi que la caisse de Dépôts du Québec, d'un peux plus de $ 3.000.000.000 canadiens en subventions, non pas seulement dans Bombardier la Cie, mais carrément dans le projet de la Série C .
A peine ses subventions accordées, certains cadres de Bombardier se sont accordés
de généreuses augmentations, et çà, la population locale à moins bien accepté!

Écrit par : Gilbert Piccard | 16/10/2017

@Gilbert Piccard: cette question ne rentre pas dans le sens de l’article mais serait l’objet central d’un autre sujet.

Écrit par : Pk | 17/10/2017

Bien que l’on puisse comprendre les motivations de Trudeau face à un interventionnisme américain déplacé, le Canada tourne en rond et va se retrouver avec ses F35.

Écrit par : Marco | 17/10/2017

Comme le mentionne PK, cette "solution" n'a pas de sens.
Comment des avions d'occasion, sans espoir de mise à jour, pourraient faire le job en cas de conflit?

En outre l'affaire se complique, puisqu'Airbus vient de rendre publique une prise de participation dans le programme C-Series.

Voila de quoi alimenter le blog de PK pour une période!

Écrit par : forêt10 | 17/10/2017

En attendant, Bombardier se rapproche d'Airbus pour ses C-Series, un sacré pied de nez à Boeing et peut-être un moyen d'éviter les impositions de droits et des taxes antidumping étasuniennes en ouvrant une seconde ligne d'assemblage en Alabama...

https://www.rts.ch/info/economie/9005440-face-a-boeing-bombardier-s-allie-a-airbus-dans-les-avions-moyen-courrier.html

Écrit par : Jo-ailes | 17/10/2017

Autre solution éventuelle, maintenant (c'est tombé cette nuit) qu'Airbus a pris des parts majoritaires dans le programme CSeries (donc forte coopération entre Airbus et Bombardier): acheter des Eurofighter à Airbus et les faire construire par Bombardier au Canada...

Écrit par : Chris2002 | 17/10/2017

Tout cela n’est que de la tambouille politicienne...

Trudeau a éliminé l’option F-35 avec une idée purement populiste liée à sa campagne pour la présidence...

Seulement voilà arrivé au pouvoir il se retrouve face aux militaires et industriels canadiens qui veulent absolument le F-35. Acculé Trudeau n’a de cesse de gagner du temps ... il cherche une solution provisoire pour éviter de faire l’appel d’offre réel ... que le F-35 remporterait.

Après avoir suffisamment tourné en rond le gouvernement canadien finira par prendre le F-35 ... à moins que des événements majeurs viennent modifier le contexte

Écrit par : Dany40 | 17/10/2017

Trudeau ne veut pas des F-35, non plus des F-18E et on dirai qu'encore moins de Rafale ou de Typhoon. Maintenant il va dépenser l'argent en achetant ces F-18 usés. Son successeur devra choisir un nouvel avion et finira probablement par acheter des F-35. Du temps et de d'argent perdus mais Trudeau aura tenu sa promesse de pas de F-35.

Écrit par : GBU | 18/10/2017

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