24/03/2016

Le gel du projet du projet DSA !

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Ce mardi, le DDPS par la vois du nouveau ministre de la Défense Guy Parmelin a décidé de suspendre le projet de défense sol-air (DSA), en attendant de disposer d’une vue d’ensemble de la situation en matière de défense aérienne. A la fin février, le DDPS a annoncé qu'un groupe d'experts a été chargé d'élaborer un rapport sur l'évaluation et l'acquisition d'un nouvel avion de combat. Toutefois, pour être efficace une défense aérienne digne de ce nom doit comprendre d'autres éléments, en particulier un système DSA.

Rappel :

Le projet de défense aérienne basée au sol BODLUV 2020 (BODengestützte-LUft-Verteidigung 2020) a pour objectif de remplacer les systèmes de défense contre avions de l'armée suisse qui atteignent le terme de leur durée d'utilisation. L'évaluation préalable s'est terminée à la fin de 2014, dans le cadre des travaux de projets en cours.

L'armée a opté pour deux systèmes de missiles anti-aériens, le système allemand Diehl BGT Defence Iris-SL basé sur le missile air-air Iris-T qui équipe les Eurofighter, Tornado et Gripen et le CAMM-ER pour (Common Anti-Air Modular Missile Extended Range) basé sur le missile air-air « ASRAAM » qui équipe les Eurofighter anglais. Ces deux systèmes sol-air ne sont pas encore en service actuellement, l’IRIS-SL doit équiper la Suède et l’Allemagne, le CAMM l’Angleterre et la Marine australienne d’ici 2018-2019.

Deux problèmes détectés :

La décision du gel de l’évaluation de ces deux systèmes par notre Ministre de la Défense est motivée par deux raisons :

La première relève des informations dues aux tests qui démontrent que les deux systèmes ne répondent pas aux exigences du cahier des charges pour l’instant. Des problèmes d’engagement en fonctions des conditions météorologiques posent problèmes. Il semble à l’évidence que ces deux systèmes bien que très performant manquent encore de maturité. Un choix de l’un deux, lors du programme d’armement 2017 ne permettrait pas d’atteindre dans l’immédiat les objectifs du projet de défense sol-air 2020 et obligerait l’armée à investir lourdement pour la mise à niveau, ce qui constituerait un surcoût inacceptable.

Le second problème réside dans le fait, que le projet a été avancé de deux ans en ce qui concerne son évaluation et ceci suite au refus du vote sur « le fond Gripen ». Il fallait progresser dans la modernisation des Forces aériennes. Mais cette décision a mis Armasuisse en difficulté, car déjà engagée sur plusieurs évaluations, celle-ci ne disposait pas d’équipes pleinement disponibles. En conséquence une partie de l’évaluation a été sous-traitée par une société extérieure Thales Suisse SA. Hors, l’un des systèmes radar en test est proposé par la maison mère Thales France.

Commentaires :

Précisons d’emblée que les deux systèmes radars en test le Saab Girafe 4A et le Thales GM200 ne sont pas mis en cause. Notre Ministre a eu raison de stopper cette évaluation pour l’instant. Cette décision ne remet pas en cause la modernisation de la Défense aérienne. Pour le le DDPS, il s’agit maintenant de surveiller l’évolution des deux systèmes, qui seront à maturation d’ici deux ans et de prendre en compte d’autres systèmes le cas échéant, pour pouvoir relancer l’évaluation dans de bonne condition. Quoi qu’il en soit, notre Ministre Guy Parmelin montre qu’il a un œil avisé sur ses dossiers.

 

Photos : Système Bae CAMM-ER et Diehl BGT Iris-SL

 

Commentaires

Eh bien, il en laisse des casseroles le conseiller fédéral précédent!
Au moins aux finances, il ne peut pas faire trop de casse... Hem

Écrit par : Al&X | 24/03/2016

@PK: L'armée a opté pour deux systèmes de missiles anti-aériens, le système allemand Diehl BGT Defence Iris-SL basé sur le missile air-air Iris-T qui équipe les Eurofighter, Tornado et Gripen et le CAMM-ER pour (Common Anti-Air Modular Missile Extended Range) basé sur le missile air-air « ASRAAM » qui équipe les Eurofighter anglais. Ces deux systèmes sol-air ne sont pas encore en service actuellement, l’IRIS-SL doit équiper la Suède et l’Allemagne, le CAMM l’Angleterre et la Marine australienne d’ici 2018-2019.

Pascal, je ne suis pas un expert en DCA, mais pouvez-vous m'expliquer, comment un système basé sur du matériel volant existant (Eurofigther, Tornado, Gripen) peut nous protéger contre une incursion inamicale étrangère à ces trois vecteurs...?

Écrit par : forêt10 | 25/03/2016

@foret10,l'avènement des missiles à guidage actif permet de les utilisé soit en mode air-air ou air-sol. Le Stinger tiré à l'épaule peut être utilisé depuis un hélicoptère par exemple, le Sidewinder peut être tiré le sol tout comme l'AMRAAM. La différence pour les missiles qui nous occupent concerne la mise au point d'un autodirecteur différent et un réservoir de carburant plus grand. A partir de ce changement les missiles peuvent être assignés sur n'importe qu'elle cible aérienne.

Écrit par : Pk | 26/03/2016

@ Pascal
quels sont les frais d'entretient pour un missile (selon les 2 modèles cité ci-dessus)

le propulseur est solide et demande plus d'entretient qu'un obus de DCA.
quel est la durée de vie du propulseur et que est sont prix.

merci Pascal

Écrit par : michel | 26/03/2016

Et pourquoi pas du matériel russe ?
Parce qu'aujourd'hui, ce sont généralement les forces de l'OTAN qui attaquent les petits pays non-alignés.
Ou alors faire comme les Indiens, doubler le matériel, une partie venant d'un bloc, l'autre partie du bloc opposé.
Je dis cela, évidemment, sans y croire une seule seconde.
On finira par prendre un truc "otano-compatible", qui ne servira jamais, ou qui, s'il devait vraiment servir, n'aura strictement aucune utilité opérationnelle, comme il sera "neutralisé" par nos attaquants.

Écrit par : Paul Bär | 27/03/2016

Et pendant ce temps...
Ces bons vieux chercheurs russes incapables et cacochymes qui n'ont jamais rien faits d'autre que d'inventer de l'eau chaude (selon certains trolls...) revisitent les bonnes vieilles méthodes des radars basses fréquences... Tiens, tiens, ils avaient perdu la course à la furtivité des avions, et ils l'ont gagné dans la catégorie brouillage et radar. Allez pour rire, pourquoi ne pas inclure un S-400 dans la liste, juste pour comparer ? vous imaginez un déni d'accès de 400 km de diamètre, c'est plus grand que le pays !
http://www.ttu.fr/s-400-s-500-defi-technologique-russe/
Bonne lecture !
P.

Écrit par : PRossi | 30/03/2016

Hilarant : "Parce qu'aujourd'hui, ce sont généralement les forces de l'OTAN qui attaquent les petits pays non-alignés." Avec nos budgets de défense en baisse constante ?

M. Bär, on demande à l'Ukraine ce qu'elle en pense ? Ou pourquoi reproche t-on aux USA leur immobilisme en Lybie ou en Syrie, le "No boots on ground" ?

Écrit par : Badcox57 | 02/04/2016

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