02/08/2015

Le U-2 volera jusqu’en 2019 !

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Les tentatives pour mettre à la retraite le Lockheed-Martin U2 ont une fois de plus été vaines, le célèbre avion espion restera en service jusqu’en 2019. L’US Air Force a repoussé la retraite de l'avion de 2016 à 2019, selon le nouveau calendrier.

 

Le maintien de la flotte de U-2 doit permettre notamment de mettre à niveau la flotte de drones Northrop-Grumman RQ-4B « Global Hawk ». De plus, le programme U-2 est configuré pour recevoir une amélioration du radar synthétique Raytheon ASARS-2B et le nouveau système de communication L-3 qui peut relayer les communications avec les avions de combat de la quatrième et cinquième génération. Ces nouveaux systèmes vont être comptabilisés au programme des acquisitions 2016, pour une mise à niveau rapide de la flotte de U-2.

Cette mise  à niveau des U-2 et le maintien de la flotte, s’inscrit dans le cadre des récents d’engagements de celui vers le Moyen-Orient et dans le Pacifique.  Des U-2  sont actuellement engagés dans la campagne aérienne contre le groupe extrémiste de l’Etat islamique en Irak en Syrie.

 

Le Lockheed-Martin U-2 :

Le Lockheed U-2 est un avion de reconnaissance à haute altitude qui fut utilisé intensivement durant la Guerre Froide pour observer les territoires de l’ex-URSS. La caractéristique principale de l'U-2 est sa capacité à voler à haute altitude (70 000 pieds, soit environ 21 000 mètres, deux fois plus haut que les avions de ligne) pour être hors de portée des défenses anti-aériennes. Il dispose d'un important rayon d'action, mais d'une vitesse relativement limitée.

Techniquement, l'U-2 pourrait être considéré comme un "planeur propulsé" en raison de ses énormes ailes qu'on retrouve sur les planeurs. L'atterrissage et le décollage de cet avion étaient très délicats : en effet, le Lockheed U-2 dispose d'un train avant et d'un train arrière en tandem (à l'inverse des autres avions qui ont deux trains arrières et un train avant), auxquels sont rajoutées des roulettes de stabilisation aux extrémités des deux ailes. Ces roulettes tombent au décollage, allégeant l'avion, mais rendant l'atterrissage d'autant plus difficile et impose que du personnel au sol intervienne à chaque atterrissage.

Les premiers vols d'espionnage du Lockheed U-2 ont lieu en 1956. Testé depuis la Zone 51. Le premier objectif était de repérer et de photographier les sites de missiles stratégiques intercontinentaux dans le cadre des programmes de reconnaissance aérienne.

 

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Photos : Lockheed-Martin U-2 @USAF

Commentaires

Les Dragon Lady sont des rescapés de la guerre froide. Il a la peau dure. Les drones Hale ne peuvent pour l'instant les remplacer. Mais qui souhaite les voir en retraite? Le congrès? L'USAF?

Écrit par : Benoit | 02/08/2015

Comme quoi les meilleures idées font souvent long feu.

Leur retraite n'est-elle pas la conséquence d'une guerre Lockheed-Northrop?

Écrit par : Chouette! | 03/08/2015

"Comme quoi les meilleures idées font souvent long feu."
https://fr.wiktionary.org/wiki/faire_long_feu
C'est vraiment ça que vous vouliez dire ? Et si oui, en quoi le U2 a t-il été un échec ?

Écrit par : Géo | 03/08/2015

@Geo: moi qui croyais n'être pas si mauvais en Français!

Non, je voulais justement dire que cet avion était bien conçu dès le départ, ce qui explique qu'il soit resté opérationnel si longtemps. Désolé pour la confusion et merci de m'avoir appris quelque chose! ;)

Écrit par : Chouette! | 04/08/2015

Bon, il y a tout de même quelque chose qui me gratouille :
"capacité à voler à haute altitude (70 000 pieds, soit environ 21 000 mètres, deux fois plus haut que les avions de ligne) pour être hors de portée des défenses anti-aériennes"
Ce ne devait pas être l'avis de Francis Powers...

https://fr.wikipedia.org/wiki/Francis_Gary_Powers

J'apprends que les Russes ont aussi abattu leur propre avion. Ils n'aiment pas les demi-mesures, c'est contraire à l'âme slave...

Écrit par : Géo | 04/08/2015

En fait, il est intéressant de se renseigner davantage sur cette histoire d'altitude :

Les versions ultérieures de l'incident

Selon l'histoire officielle, l'U-2 est abattu par une salve de quatorze missiles soviétiques SA-2. C'est notamment ce que rapporte Oleg Penkovsky, un ancien espion du GRU, qui travaille ensuite pour le MI6 britannique. Cependant d'autres versions sont apparues par la suite.
Igor Mentioukov
En 1996, un pilote soviétique, le capitaine Igor Mentioukov révèle qu'il avait reçu l'ordre d'éperonner l'avion espion à tout prix, car l'efficacité des missiles à altitude de 65 000 pieds (19 812 m) était incertaine. Il réussit à faire passer l'U-2 dans les turbulences de sillage de son Soukhoï Su-9, ce qui eut pour effet de casser les longues ailes fines de l'U-2. Une salve de missiles est bien tirée, mais elle abat un MiG-19 ami, et non pas l'U-2. Mentioukov précise que si un missile avait atteint l'U-2, le pilote n'aurait pas survécu14,15. Le plafond opérationnel du Su-9 était de 55 000 pieds (16 764 m). Pour atteindre une altitude plus élevée, l'avion avait été modifié et notamment désarmé. La seule option d'attaque était l'abordage volontaire selon la technique Taran.

Sergueï Khrouchtchev
En 2000, Sergueï Khrouchtchev décrit ce que lui avait raconté son père, Nikita Khrouchtchev. Il indique que la tentative de Mentioukov échoue, car il ne réussit même pas à avoir un contact visuel. Le major Mikhaïl Voronov, aux commandes d'une batterie de missiles anti-aériens, tira trois SA-2 sur le contact radar, mais un seul décolla. Il explosa à l'arrière de l'U-2, mais assez près pour endommager les longues ailes. À une plus basse altitude, Powers saute en parachute. Ignorant le succès de l'interception, une nouvelle salve de 13 missiles est lancée par des batteries voisines, mais elle ne fait que détruire le MiG-19 du lieutenant Sergueï Safronov16. Sergueï Safronov est décoré à titre posthume de l'ordre du Drapeau rouge3.

Écrit par : Géo | 04/08/2015

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