26/06/2015

Nouveau drone: cessons la désinformation !

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Il y a quelques jours, le 16 juin, le Conseil National a donné son feu vert à l’achat des nouveaux drones pour l’armée, ceci dans le cadre du programme d’armement 2015 (PA15). On notera au passage que se sont bien les députés de droite et du centre droit, qui ont accepté le projet, la gauche comme à son habitude était contre. Cette même gauche, qui lors du vote sur le « fond Gripen » expliquait qu’il fallait « des drones » !!

 

 

Les fausses affirmations:

 

 

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A travers le débat au Conseil National, mais aussi dans la presse, j’ai relevé plusieurs fausses affirmations concernant le drone Hermes 900, que l’armée s’apprête à acquérir. La première concerne l’appellation « drone tueur » et l’idée que celui-ci puisse un jour être armé. 

 

Le drone d’Elbit Systems Hermes 900 que notre pays veut acheter ne peut pas être armé. Chez Elbit Systems, on confirme que dans la configuration actuelle du drone, cela n’est pas possible. En effet, pour armer l’Hermes 900, il faudrait engager plusieurs modifications : 

 

° Changement des ailes (plus larges et plus résistante).

° Changer l’emplanture et les points de raccord au fuselage.

° Equiper le drone d’une motorisation plus puissante.

° Ajouter le câblage et les logiciels nécessaires au tir de missiles.

 

Toutes ces modifications ont un coût, soit 40% du prix actuel du drone Hermes 900. 

Rappelons également que le principal concurrent de l’Hermes 900, l’IAI Heron 1 n’est pas armé et que la version armée de celui-ci, le Heron TP (plus gros, plus cher) n’a pas été pris en compte dans l’évaluation.

 

La deuxième fausse affirmation concerne le fait que le choix du drone Hermes 900 serait un « luxe » pour notre pays ! Cette affirmation reprise par certain politiciens de gauche, tend à prétendre que notre pays n’a pas besoin d’un système de drone de cette taille et qu’un petit drone aurait été plus intéressant.  

 

Si l’armée opte pour un drome MALE (Multi-rôle, Moyenne Altitude Longue Endurance), c’est avant tout pour répondre à plusieurs besoins. D’abord, ce drone évolue à haute altitude 30’000 pieds (9000 mètres) et ne va donc plus déranger la population la nuit, lorsqu’il est engagé pour l’appuis des gardes-frontières. La gauche se plaignait à l’époque du drone actuel, justement à cause du bruit ! On en est plus à contradiction près !

 

De plus, le fait de disposer d’un drone capable de voler près de 36 à 40 heures, permet une surveillance complète d’une zone et même de changer de secteur, suivant les besoins en appuis des autorités civiles.

 

Et pour terminer l’Hermes 900 en Israël a été utilisé en opérations par l’aviation israélienne pour la première fois au-dessus de la Syrie en 2012. Il a permis de repérer des armes chimiques tombées en mains des milices du « Daech » (Etat Islamique) et du Hezbollah, puis a coordonné les images permettant l’intervention des commandos israéliens du Sayeret Matkal qui les ont neutralisées de manière définitive.

 

 

 

Et en cas de conflit:

 

Le choix du drone Hermes 900 et d’un modèle de type MALE est d’autant plus justifié, que ce type de système de part sa capacité à voler haut (9000 mètres), lui permet de rester à distance des moyens de défenses contre-avions (courtes jusqu’à 3000 mètres et moyennes 5000 mètres) ce qui n’est pas le cas avec la génération actuelle de drone, ni avec de petits drones. Pour exemple, l’armée ukrainienne a perdu une centaine de petits drones (équivalent à notre Ranger actuel) en quelques mois lors du conflit dans le Donbass.

 

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Et si notre pays voulait un drone armé?

 

Si un jour notre pays doit s’équiper d’un drone armé, se sera avec un modèle très différent de l’Hermes 900. Pourquoi ? Les systèmes de drones armés actuels, comme le RQ-1 « Predator » américain ou le Heron TP ne sont utilisés que face à des groupes armés (Talibans, Daech, Boko Haram, Al-Quaida) soit des groupes terroristes ne disposant pas ou très peu de défenses antiaérienne. Ce qui permet à ces drones de descendre à moins de 3’000 mètres d’altitude. Hors dans un conflit en Europe ce type de drone n’est absolument pas adapté.

En conséquence, si la Suisse acquiert un jour un drone armé, il devrait être à réaction, de type furtif et capable de voler en binôme avec nos avions de combat à des vitesses comprises entre 600 et 1500 km/h. Ce type de drone n’est encore pas sur le marché, les prototypes comme le nEUROn européen et le X-47B américain en sont les précurseurs. 

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Commentaire:

 

On peut une nouvelle fois remarquer, le manque de culture militaire des uns, le manque de professionnalisme des autres et la volonté de quelques-uns à tromper volontairement le citoyen. 

 

 

Photos : 1 & 2 Hermes 900 en Suisse @Armasuisse 3 Drone Ukrainien abattu et récupéré par les milices pro-russes 4 Prototype drone nEUROn @ Dassault Aviation

Commentaires

Pensez vous également qu'un drone à réaction volant a 900/1500Km/heure puisse être adapté efficacement à votre pays compte tenu de sa petite surface géographique ?

Écrit par : nonmaisdisdonc | 26/06/2015

Lorsque l'on se rappelle la manière dont nos pilotes négociaient les montagnes en Hunter et autres Mirages III RS cela ne devrait pose aucun problème !

Écrit par : Pk | 26/06/2015

Pour les pilotes suisses c'est une jeu d'enfant, il n'y guerre que vos pilotes de la PAF qui sont gênés dans une vallée , nous en avons eu plusieurs fois la preuve a Sion !

Écrit par : Martin | 26/06/2015

@Martin: j'ai aussi parfois été déçu qu'à Sion la Patrouille de France ne puisse pas réaliser certaines figures, mais ce n'est pas dit que si notre Patrouille suisse avait à effectuer le même programme elle ait pu le faire: ce n'est pas qu'un problème d'entrainement, c'est aussi la particularité du relief qui peut coincer.

Écrit par : Jo-ailes | 26/06/2015

Le drone en général et le drone de combat (UCAV = Unmanned Combat Air Vehicle) sont l’avenir de l’aviation militaire. Tous les bureaux d’étude planchent là-dessus et pas sur un nouvel avion de combat (à part les Russes). Le nEUROn de Dassault doit remplacer la flotte de Rafale en 2040. Place aux robots de combat ! Les jours des chevaliers du ciel sont comptés ; comme l’étaient ceux des cavaliers français en 1914 qui rêvaient de charges sabre au clair dignes de Napoléon et que les mitrailleuses allemandes renvoyèrent à l’écurie, définitivement.

Écrit par : Uldry | 27/06/2015

Heureusement l'homme restera le dernier élément de la décision et les pilotes ont encore un bel avenir ! Votre commentaire démontre la confusion entre robots, drones et certains systèmes en vigueurs dans les armées.

Écrit par : Steeve | 27/06/2015

Les avions sans pilotes l'avenir? Pas si vite... Déjà dans les années 60, certains en Allemagne affirmaient que le F-104 Starfighter serait le dernier avion avec un pilote à l'intérieur...

Écrit par : Imhof | 27/06/2015

@Uldry les Russes travaillent sur des drones de combat.

http://psk.blog.24heures.ch/archive/2013/03/19/mig-sukhoi-associes-pour-un-drone-furtif.html

Écrit par : Benoit | 28/06/2015

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