02/05/2015

Trop cher, l’Autriche cherche un remplaçant à l’Eurofighter !

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On le sait depuis longtemps, l’Eurofighter est un avion particulièrement couteux, notamment dans sa version T1 de base. L’Autriche en fait l’amer expérience avec ses quinze exemplaires. De fait nos voisins cherchent donc, une solution moins couteuse à l’avion européen.

 

L’Eurofighter en Autriche :

 

Airbus Group (ex EADS) a livré l’Eurofighter T1 « Typhoon  II » à l’Autriche. Cette livraison fait suite au contrat signé en 2003 pour la fourniture de 15 avions y compris l’armement les équipements connexes et le simulateur.Le nouvel avion de combat autrichien est en soi un feuilleton à rebondissement. La volonté de remplacer les bons vieux Saab J-35 « Draken » date du début des années nonante. Suite à une première évaluation, c’était le F/A-18 Hornet qui avait été choisi. Mais suite à des problèmes politiques et de financement, l’achat fût reporté. L’utilisation de l’espace aérien autrichien par l’aviation Serbe, lors de la guerre en ex-Yougoslavie relança le besoin de débloquer des crédits urgents pour l’achat d’un avion moderne. Une seconde évaluation donna le JAS-39C/D Gripen gagnant, mais suite à la pression du chancelier allemand Schröder, les politiques autrichiens acceptèrent de reprendre 15 Eurofighter  T1 initialement destiné à l’Allemagne.

 

Une Force aérienne très limitée : 

 

La situation de la Force aérienne autrichienne n’est, de loin pas très enviable, avec seulement 15 avions de combat Eurofighter T1, soit le modèle le plus limité de la gamme du chasseur européen. En effet, sur ces 15 aéronefs, seul 6 à 8 sont réellement disponibles, les autres étant en maintenance et servant à la formation du personnel aérien et au sol. Le standard T1 des Eurofighter autrichien ne permet que l’interception à courte portée, ainsi que l’engagement avec des bombes en chute libre. 

 

Coûts exorbitants : 

 

Cher à l’achat, l’Eurofighter se révèle également cher à l’heure de vol, estimé à près de 18’000 dollars US à l’heure (estimation variable, selon les utilisateurs) l’Eurofighter s’avère nettement plus coûteux que le Rafale, F/A-18, Gripen et F-16. De plus, l’absence de coordination entre les pays clients, ainsi que sur le mode d’assemblage des appareils (ses éléments sont construits par chacune des parties) pose des problèmes notamment dans l’approvisionnement en pièces de rechanges.

 

Quel remplaçant ?

 

On ne connait pas pour l’instant le budget que l’Autriche veut alloué pour un remplaçant à ses Eurofighter T1, deux options sont pour l’instant évoquées au sein de la Force aérienne et reposent sur un aéronef monoréacteur :

 

  1. L’achat d’un avion neuf de nouvelle génération, dans ce cas le Gripen E suédois semble être l’unique solution et ceci d’autant plus que l’Autriche compte du même coup augmenté le nombre d’avion actuel, celui-ci n’est pas connu. Initialement l’Autriche désirait  30 à 40 avions.
  2. La seconde solution consisterait à doter l’Autriche d’une flotte d’avions d’occasions, du moins dans un premier temps. Saab proposerait alors le Gripen C/D avec une option pour le « E » plus tard. L’américain Lockheed-Martin est en ligne avec le F-16 et le standard C/D Block55/60. Et puis, une offre de Dassault avec des Mirage 2000 pourrait également être possible (ex EAU ou Armée de l’Air) mais rien n’est moins sûr pour l’instant.

 

 

Une situation compliquée pour l’Eurofighter :

 

Quoi qu’il en soit, la décision de l’Autriche, si elle se concrétise est une mauvaise nouvelle pour l’Eurofighter et Aibus Group. Non seulement L’Eurofighter est à la peine en matière de vente face au Rafale en ce moment et au Gripen sans oublier le F-35, mais en plus, si l’un des utilisateurs se décide pour échanger sa flotte contre un concurrent, l’image de l’Eurofighter serait encore un plus égratignée.

 

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Photos : Airbus Eurofighter T1 autrichiens @ Austrian Air Force

 

Commentaires

Je comprends mal comment l'équipe européenne responsable du développement d'un avion de combat européen n'a pu se focaliser que sur un seul type d'appareil. En plus de l'Eurofighter, l'option d'un avion plus léger, optimisé pour un coût d'utilisation réduit, aurait pu être développé en pensant aux pays européens dotés de peu de moyens. Si la Suède a su le faire, j'imagine qu'à l'échelle européenne il aurait été possible d'en faire autant. L'Autriche se retrouve bêtement avec un appareil inadapté à son budget Défense. L'Union Européenne apparaît décidément comme une usine à gaz, incapable de décisions efficaces pour elle-même.

Écrit par : Specht | 02/05/2015

Le programme Eurofighter , éminemment politique autant qu'industriel , a été monté dès le départ comme une usine à gaz avec les chaînes d'assemblage dispersées dans chacun des principaux pays participants . Les incidences prévisibles d'une coordination extrêmement lourde à mettre en ouvre , autant que la défense ombrageuse d'intérets particuliers (anglais et allemands spécifiquement) ont fait le reste , cet avion est raté , moins dans son design que dans sa réalisation , avec un concept lent à faire évoluer , accompagné de mauvaises surprises en cascade mettant en cause l'intégrité même de ses capacités de vol . C'est très vexant pour nos amis anglais et allemands , mais considérant leur particulière mauvaise foi en matière commerciale dans le match avec le Rafale , on a envie de dire qu'ils ne l'ont pas volé . Là encore la réalité reprend toujours ses droits , passé le rideau de fumée initial répandu par le politique . Très vraisemblablement l'avenir de cet avion sera écourté , d'une manière ou d'une autre , incapable qu'il sera de révéler les qualités que ses promoteurs ont toujours fait miroiter.

Écrit par : philbeau | 02/05/2015

Beaucoup de programmes issus de la guerre froide apparaissent incongrus du fait de la disparition de la menace et de la baisse des budgets de la défense.

Pour l'époque, en 1983 ils étaient pleinement justifiés.

Il faut remettre cet avion dans cette perspective où plus d'un millier d'avion devaient être construits

Du point de vue industriel et management, c'est un échec c'est à ma connaissance le seul avion où l'aile droite et l'aile gauche ne sont pas fabriquées par le même industriel et pays.

Écrit par : Pedro | 03/05/2015

Pour le F35, il y a au moins 3 pays fabriquant les ailes.

Les Usa mais je ne retrouve plus le fabriquant

Israël
http://french.peopledaily.com.cn/International/n/2014/1105/c31356-8804800.html

Italie
http://www.voltairenet.org/article178719.html

Pour les mirages 2000, vous pensez au 2000-9 des Etats Arabes Unis?? Ne sont ils pas trop usé?

Au plaisir de lire vos avis.

Écrit par : Benoit | 03/05/2015

Bonjour,

@Benoit : "vous pensez au 2000-9 des Etats Arabes Unis?? Ne sont ils pas trop usé? "

Non, ils ont encore un vrai potentiel. C'est d'ailleurs une des raisons pour laquelle les EAU ne sont pas pressés pour les remplacer par des Rafales !

Pour cette même raison, je saisis mal pourquoi cette appareil est évoqué à chaque fois qu'on évoque des ventes d'appareils d'occasions. je pense notamment à la Roumanie :

http://www.lepoint.fr/actualites-monde/2009-09-17/la-roumanie-pourrait-acheter-des-mirage-2000-9-d-occasion/1648/0/378161

Les Philippes :

http://www.portail-aviation.com/2012/05/futurs-ex-mirages-2000-9-des-emirats.html

Etc.

Enfin, il est possible que la destination finale de ces appareils soit tout autre. J'en veux pour preuve le possible don de 10 Mirage 2000-9 à l'Irak :

http://www.defens-aero.com/2015/01/les-emirats-arabes-unis-pourraient-fournir-une-dizaine-de-mirage-2000-9-a-l-irak.html

Dans tous les cas, avant de revendre des Mirage 2000-9, ne faudrait-il pas tout d'abord que les EAU... les vendent ?

Cordialement / Frédéric A.

Écrit par : sletch | 03/05/2015

En fait, on s'aperçoit avec le temps que les avions réalisé en coopération sont très souvent des échecs soit technique soit commerciaux.
Certes, une coopération permet à chaque pays membres de réduire les frais de développement, mais la facture final s'avère souvent plus salée. Pourquoi ?
1) chaque pays a ses exigences, son cahier des charges, ce qui oblige à chaque fois à alourdir l'avion, la conception, et le développement
2) la communication entre les sociétés sont souvent problématique et sources ou de conflits ou d'erreurs. On se souvent récemment chez EADS du problème sur l'A380 qui avait des cables trop court car les allemands et français n'utilisaient pas le meme logiciel.
3) Chaque pays veut tirer le couverture de son coté afin de faire profiter au mieux son industrie nationale. Résultat il faut souvent des négociations longues et difficile avant de trouver des accords.
4) Pour les clients l'achat de tels avions est souvent complexes car les fournisseurs sont répartient dans plusieurs pays, et les formations pilotes/mécano également.
5) Lors de version évolutif de l'avion, il faut à chaque fois rencontrer les partenaires pour avoir l'aval de tous et cela complexifie d'avantage les choses. Il n'y a qu'à voir à quel moins l'eurofighter aura mis du temps à passer Multirole et encore ses perf en ce domaine sont très basiques.
Bref au final , tout ces éléments font que ces avions en coopération prennent toujours du retard et voient leur prix du marché exploser

A l'inverse, une société qui developpe seul (Dassault, Saab, etc) à l'avantage de la maitrise total du processus de developpement, de conception et d'évolution. Les équipe de R&D sont une seule entitée quand il y en a 4 pour l'eurofighter. Ca accélère les choses et ca rend le tout plus simple, donc plus rapide, et donc moins onéreux.

Je pense que l'eurofighter (et aussi le F-35) aura démontrer que la coopération est un moyen de démarrer un grand programme mais n'en ait pas un sur la facture.

Écrit par : mustard | 03/05/2015

Bonjour,

@Sletch, Pour les Mirage 2000-9, je pensais au 33 premiers mirage 2000 (date de livraison à partir de 1989) modernisé en -9 à partir de 2003, de mémoire.
Extrait:
La modernisation des 33 Mirage 2000 plus âgés des Émirats arabes unis avait été signé au début de l'année 1998.

Il est permis de penser que ceux-ci n'ont plus beaucoup de potentiel. Je suis d'accord avec vous. Pour revendre, il faut que les EAU vendent. Affaire à suivre.
Croissons les doigts pour que d'autres contrats militaires se signent pour l'Europe et la France.

Cordialement
Benoit

Écrit par : Benoit | 03/05/2015

Et des F-5 suisses d'occasion, ne serait ce pas largement suffisant pour une Autriche inexistante sur le plan militaire...

Écrit par : Mash | 03/05/2015

@Mash, si vous suiviez un l'actualité, vous seriez que les derniers F-5 en Suisse ne sont plus que 26 et sont voués à un arrêt très prochain pour cause de fissures de structure. Par ailleurs l'Autriche cherche justement à augmenter ses capacités et non les diminués.

Écrit par : Steeve | 03/05/2015

Il avait été dit que cela ne touchait pas la totalité de la flotte des F-5 pourtant ?
Quant à la volonté d’augmenter leurs capacités j’ai de sérieux doutes.
Je suis sarcastique mais cela finira comme avec les autres petits pays européens qui font le service minimum : achat de F-16 d’occasions ou du Gripen C/D.

Écrit par : Mash | 03/05/2015

@mustard : tout à fait d'accord , et la démonstration risque d'être faite à nouveau avec l'A400M hélas...on peut appliquer cette règle aussi aux programmes d'hélicoptères, le NH90 ayant accusé lui aussi du retard , même si la réalisation semble bien maîtrisée . Croisons les doigts pour le Neuron....

Écrit par : p | 03/05/2015

"les bons vieux Saab J-37 « Draken »"
on est d'accord qu'il s'agissait bien de J35 ?


En gros pour la Suisse, si on écarte le F-35 (pas encore au point, beaucoup trop cher) et l'Eurofighter (bien trop cher également)... il nous reste à choisir entre le Gripen E et le Rafale, selon si le premier tient ses promesses, d'une éventuelle baisse du prix du second (taux de change et effet de masse des commandes) et de leurs coûts d'utilisation.
Les évaluations vont être relativement rapides.

Écrit par : Jo-ailes | 03/05/2015

Si la 2ème option devait être choisie, à savoir "se doter d'avions d'occasions en un premier temps", ça deviendra pour sûr du "provisoire qui dure" comme ce fut le cas pour les J-35OE Draken! D'ailleurs une des raisons d'avoir loué des F-5 Suisses en attendant l'Eurofighter, c'était justement le fait qu'il ne leur restait plus beaucoup de potentiel et ainsi éviter le provisoire qui dure!

Écrit par : Jan | 03/05/2015

@sletch
Il ne faudrait taper sur l'Europe juste parce qu'on aime bien le faire, car c'est dans l'air du temps. Les USA ont développé un appareil, le F-35, et ils (Lockheed Martin) l'ont principalement développé seul. Disons à 90 % c'est eux et 10 % des partenaires. Les performances annoncées ne sont pas au rendez-vous et c'est un gouffre à fric, bien pire que l'Eurofighter.

Parfois la coopération ne donne pas des résultats brillants (c'est le cas de l'Eurofighter), parfois ça marche (par exemple Airbus). Parfois un constructeur seul a des résultats brillants (Dassault, Saab est correct), parfois c'est très très très décevant (Lockheed Martin).

Enfin, l'Eurofighter est moins "catastrophique" que le F-35.
Le problème de l'Eurofighter est à sa source dans son cahier des charges qui correspondait à la guerre froide. NB: À l'origine il n'était pas prévu multirole (et c'est pour ça que la France a quitté le projet Eurofighter). Il répond bien à son cahier des charges initial. Mais l'environnement a changé et le cahier des charges a dû évoluer. Trop tard.
Il y a le rafale qui s'en tire bien car la France a bien senti les évolutions à venir et car Dassault est capable de fournir du travail de qualité en respectant les délais et les coûts (ce qui n'est pas du tout le cas des USA). Pour rappel, le retard du Rafale et lié à un retard du financement en R&D, pas à cause de Dassault.

Écrit par : web123 | 04/05/2015

@Mash "Et des F-5 suisses d'occasion, ne serait ce pas largement suffisant pour une Autriche inexistante sur le plan militaire..."

Primo les F-5 Suisse sont à bout de souffle, à part faire l'assistance pour des avions en détresse je ne vois pas ce qu'ils peuvent faire de plus les 10 à 20 ans qui suivent.
Dan sl'article il est dit aussi que la Serbie passait par l'espace aérien autrichien durant le conflit en ex-yougoslavie et que l'Autriche veut éviter cela. si l'Autriche récupère de vieux F5 usés, je me demande quel poids ils auront face à des Mig-29 Serbes.

Écrit par : mustard | 04/05/2015

Pour quoi ne pas réunir les forces aériennes autrichienne et suisse? Ils colaborent très souvent et en plus d'être des voisins très proches géographique et culturellement parlant, ce sont des pays politiquement neutres. Maintenant ils ont le même problème. Une flotte conjointe de Gripen E par exemple? Ou des Rafale aux capacités A-S dégradées? Juste une idée...

Écrit par : suisse et autriche? | 04/05/2015

Réunir les deux Forces aériennes est un peu utopique en soi, la volonté d'indépendance étant par trop importante en Suisse. Par contre une collaboration étroite et un achat groupé d'avions est tout à fait réaliste et possible. Une telle solution avait étée imaginée dans les années 90 au cas ou l'Autriche aurait acheté des F/A-18.

Écrit par : PK | 04/05/2015

@suisse et autriche? "Pour quoi ne pas réunir les forces aériennes autrichienne et suisse? "
J'imagine qu'en cas de tension, voir de conflit, ce serait difficilement gérable. De même que pour la répartition des coûts, de la logistique, etc. Qui paye-quoi? selon les heures de vol, le nombre de mission au dessus de la Suisse ou de l'Autriche, etc. J'ai un ami qui m'a parlé des collaboration militaire austro-suisses et visiblement, c'est galère.
Par contre, pourquoi ne pas imaginer (pour autant que les deux pays choisissent le même appareil) une commande groupée... à condition de choisir simultanément: la Suisse va le faire d'ici 5 ans alors que c'est une urgence du côté autrichien. Peut-être loueront-ils des appareils d'occasion d'ici là?

Écrit par : Jo-ailes | 04/05/2015

PK, ton idée n'est pas mauvaise. C'est dommage que ce type d'achat groupé, surtout au sein de l'UE, ne se fasse pas car cela aurait une influence sur le prix d'achat. quand on voit les besoin en Europe (Danemark, Pays-Bas, Belgique, Autriche, Suisse, etc) c'est dommage que cela ne se fasse pas.
Tout le monde y gagnerai, d'un coté les acheteurs feraient des économies et de l'autre le constructeurs aurait une commande très importantes qui lui assurerait une rentabilité du programme et une garantie de maintient de la chaine d'assemblage pour un bon moment.
Bon, La suisse ne fait pas partie de l'UE, mais c'est dommage que l'UE ne soit pas capable de proposer un telle chose à ses pays membres. Mais c'est vrai que l'UE a d'autres chat à foueter comme réglementer la hauteur des rétroviseurs de tracteurs (fait véridique).

Écrit par : mustard | 04/05/2015

@mustard : le programme Jaguar était pourtant une belle réussite, tout comme le Tornado (à l'époque), l'Alpha Jet ou le Transall.

Écrit par : Specht | 04/05/2015

De fortes chances que le Saab soit choisi. Il est vrai que suisses et autrichiens passant ensemble une commande de 40 à 50 rafales, ce serait bien!

Écrit par : bertolino | 07/07/2015

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