26/09/2014

Embraer & Saab prépare le Sea Gripen !

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Le choix du Brésil pour l’avion de combat suédois JAS39 Gripen E pour équiper la Force aérienne brésilienne (FAB), permet également de rapprocher les deux avionneursque sont Embraer et Saab, sur le développement de l’avion. Mais, je vous l’annonçais, lors du choix du Brésil, l’avionneur Saab prenait du coup une sérieuse option pour la finalisation de la version navalisée du Gripen E, le Sea Gripen.

 

Embraer & Saab préparent le Sea Gripen: 


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Dans le but de remplacer les actuels Douglas A4 «Skyhawk» de la Marine brésilienne, les deux avionneurs travaillent en plus, du Gripen E, à la préparation du futur Sea Gripen. Au début du mois de septembre, une délégation conjointe d’Embraer et de Saab en collaboration avec le ministère de l'aéronautique de la Marine (DAerM) a effectué une visite sur le porte-avions A-12 São Paulo, afin d’identifier les détails techniques de modifications nécessaires pour adapter les Gripen E à la Marine du pays.


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Sea Gripen : 

 

L’idée d’une version navale du Gripen existe depuis le milieu des années nonante, mais tant l’aviation suédoise que les premiers clients de l’avion n’ayant pas un tel besoin, le projet est resté en sommeil. Le but est simple, fournir un avion moderne omnirole avec un prix raisonnable, dont la taille permet une intégration facile sur un porte-avions de petites dimensions ! Ce qui est le cas le Brésil, qui a racheté le bon vieux «Foch» aujourd’hui baptisé «Sao Paulo». Le Sea Gripen répondra en terme de CATOBAR (Catapult Assisted Take Off Arrested Recovery), ainsi que STOBAR (Short Take Off Arrested Recovery) avec cependant une sensible différence de masse au décollage MTOW (Maximum Take-Off Weight). Dans une conception CATOBAR, le SEA Gripen aura une masse maximale au décollage de 16,500 kg et une masse maximale à l'atterrissage de 11,500 kilogrammes. Dans une conception STOBAR, elle dépend de la physique du transporteur. En gros, la charge de carburant et d'armes dans les opérations STOBAR, sera un tiers de moins que la charge utile dans les opérations de CATOBAR.

Pour ce faire, Saab n’a pas eu à faire de grandes modifications sur le Gripen NG, car celui-ci reprend les capacités de décollage court optimisés sur la version Gripen C/D utilisable sur les autoroutes. La vitesse d’atterrissage et naturellement basse et l’avion permet déjà une descente en contrôle avec une forte pente (précision-glide). Les Gripen ayant une cellule à la base renforcée, aucune modification ne sera nécessaire. Toujours selon Saab, les Gripen sont optimisés pour une maintenance facilitée notamment pour des soldats de milices (ravitaillement et ré-équipement en 10 minutes), le Sea Gripen sera donc parfaitement intégrable en milieu clos qu’offre un navire.

Alors, que tous les capteurs, avionique et armes ainsi que le moteur General-Electric 414G du Gripen NG sera proposé dans la variante de la marine, le Gripen mer, disposera d’un nouveau châssis de train d’atterrissage et d’un crochet d’arrêt. L’envergure étant petite, il n’y aura pas besoin de le doter d’ailes repliables.

Le Gripen mer sera environ 400 kg plus lourd que le Gripen NG, avec une cellule dont le poids atteindra à vide entre 7500-8000 kg. 

 

L’industrie brésilienne déjà sur le Gripen:


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Bien que rien ne soit encore acquis, SAAB tient ici une sérieuse option, au Brésil des entreprises participent déjà au développement du Gripen NG et donc de la version navale de celui-ci. 

 

Faisabilité validée : 

 

Navalisé une version d’un avion de combat, pose énormément de problèmes et rien n’est gagné d’avance.  En 2012 pourtant, un rapport faisant suite à une étude de faisabilité et de conception pour l’adaptation de la version Gripen E démontrait la compatibilité avec un porte-avions.

Tony Ogilvy, directeur général et chef du Centre de Saab aéronautique au Royaume-Uni pour le Design Gripen naval, déclarait : « après des années de conception préliminaire et de pré-faisabilité de travail, les plans pour une version opérateur sur la base de la plate-forme du Gripen NG  sont maintenant terminés. Ce travail mené à bien par une équipe d’ ingénieurs suédois et britanniques c’est terminé à la fin de août». «Notre travail consistait à prendre la conception à un point où nous pouvons dire « oui, Saab peut construire une variante marine », et nous y sommes parvenus" a-t-il dit.


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Photos : 1&5 Image de synthèse Sea Gripen 2 Visite du Sao Paulo @Defesa 3&4 Maquette du Sao Paulo & Sea Gripen @ Embraer/Saab

Commentaires

je tire mon chapeau à tous les antimilitaristes, GSSA, les partis politique qui ont bien ficelé la bétise de manque d'intelligence sur le futur du gripen ainsi que de donner à la Suisse la possibilité de ^faire un bon en avant sur le développement technologique.
bravo à tous les moutons bien obéissant.
profitez de bien regardé le bon en arrière à notre pays

Écrit par : michel | 26/09/2014

On peut se demander si le projet est réellement viable et possible avant une quinzaine d'années. Peut-être s'agit-il juste de "vendre" le gripen en faisant miroiter un développement futur avec Embraer pour accélérer la signature du contrat du Gripen avec le Brésil qui est vital pour son développement.
Même si une version marine du gripen est envisageable, cela aura un coût certain car l'avion sera forcément différent avec des capacités réduites. Comme le choix du gripen s'est fait en grande partie sur des critères économiques, le développement d'une version marine me semble peu crédible à court terme. De plus l'ex Foch a je crois dépassé les 60 ans de vie... je vois mal l'arrivée de sea gripen flambant neuf (dans 10-15 ans?) sur un bâtiment aussi vétuste (particulièrement la maintenance du système de catapultage). Quid des essais en conditions réelles du sea gripen? une difficulté supplémentaire pour valider l'appareil.
J'imagine plus facilement l'achat de sea gripen en parallèle avec la mise à l'eau d'un porte-avion brésilien tout neuf. Se pose de nouveau le problème du cout du navire, de la date de mise à l'eau et surtout de son origine car les pays compétents pour développer un tel bâtiment se comptent sur les doigts d'une main : USA, France, Russie, Grande-Bretagne.
Vu le choix du Gripen par le Brésil, les deux premiers cités risquent de ne pas être très motivés à l'idée de développer un PA pour Gripen.

Écrit par : hayduke | 26/09/2014

Peu crédible . Un avion naval peut faire un très bon avion terrestre , on a l'exemple du Phantom , du Skyhawk ...et du Rafale !L'inverse n'est pas vrai , et les développements de ce genre ont toujours été abandonnés . Au surplus on peut avoir de gros doutes sur la capacité de la cellule actuelle du Gripen à supporter sans modifications les difficiles contraintes d'un usage naval...On attend aussi de lui voir un autre train , l'appareil actuel n'étant au premier regard pas adapté à l'appontage (cabré important).
Et développer une version spécifique pour une très petite série (15/20 appareils)n'est certainement pas rentable .
D'un autre côté , il faudra bien que les brésiliens puissent armer leur porte-avion ...

Écrit par : philbeau | 27/09/2014

On ne pouvait pas s'attendre à des commentaires positifs de la part de nos voisins français, qui a part le "le Rafale" ne s'intéressent à rien !

Je vous rappelle, que le F/A-18 alias YF-17 était destiné à l'US Air Force avant d'être repris par la Marine. Le MiG-29 et Su-27 ont été eux aussi nasalisés !!

Belle démonstration des suédois et des brésiliens sur la capacité de partenariat. La marine brésilienne vise un développement progressif avec son Sao Paulo, lorsque le temps sera venu de le remplacer le Brésil aura deux options : acheter un porte-avions d'occasion, mais un peu plus grand aux USA par exemple ou lancer un appel d'offre international pour un navire neuf. Chaque chose en son temps, le principe étant d'avancer.

Écrit par : Steeve | 27/09/2014

Incroyable le nombre de "spécialistes" qui savent tout et qui émettent de sérieux doutes sur chaque idée nouvelle... C'est grâce à vous que la Suisse n'a (presque) plus d'industrie aéronautique et de défense aérienne!

Écrit par : Carlo Bernasconi | 27/09/2014

@steeve
Evitons donc de parler Rafale car vous semblez faire une fixation dessus.
Pensez vous sérieusement que les USA vont vendre d'occasion un PA nucléaire au Brésil???
Avez vous également une idée du coût d'entretien et de maintien opérationnel d'un tel navire et de la flotte nécessaire pour assurer sa sécurité ? Les infrastructures sont-elles disponibles pour un tel mastodonte? Le Brésil n'en a pas les moyens, d'ailleurs le Sao Paulo (ex Foch) a subit plusieurs avaries par manque d'entretien.

Le Brésil avait les cartes en main il y encore quelques mois pour négocier au mieux l'achat d'un nouvel avion de combat pour l'armée de l'air mais aussi pour la marine couplé à l'achat d'un PA si cela avait été son choix et le F-18 aurait été alors la meilleure solution d'un point de vue économique. Le Brésil n'a pas tiré parti de cette opportunité cela signifie soit une absence de stratégie à court et moyen terme (ce qui me semble peu crédible), soit qu'il n'en a pas besoin (le Sao Paulo a d'ailleurs un rôle d'apparat et ne constitue pas une force de projection), c'est compréhensible car le Brésil n'a pas d'ennemis directs.
On s'orienterait en plus avec l'option sea gripen vers un CATOBAR ce qui exclu la grande bretagne et probablement la Russie. A part la France et les USA, il n'y a pas d'autres pays qui maîtrise cette techno très pointue du catapultage. Un appel d'offre international: c'est donc bien naïf car les pays capables d'y répondre viennent de se prendre un vent! Et comme le brésil est incapable de construire seul un PA, cela ressemble plutôt à un coup de pub sans lendemain. Pour conclure, je ne miserai donc pas grand chose sur la production de sea gripen pour la seule marine brésilienne car cela révèle la contradiction qu'il y a entre l'achat d'un appareil de chasse moderne, robuste et peu coûteux et la nécessité d'investir des sommes bien plus importantes dans la création d'un vrai groupe aérien embarqué qui comprend en plus d'un couteux PA, une flottille d'escorte (frégates, sous marins...), et d'autres avions spécialisés (guet aérien, ravitailleurs en vol...).

Écrit par : hayduke | 27/09/2014

Bonjour Steeve,

Le YF-17 est, comme son nom l'indique (le Y), un prototype, donc encore loin de l'avion de série. Il a donc été bien modifié, au point de s'appeler F-18 et non F-17. La navalisation du Su-27 et du MiG-29 (en STOBAR seulement donc pas d'ajout de barre de catapultage) n'a pas été si simple (ajout de canards pour le Su-33, repris sur le Su-30, quand au MiG-29KUB il a mis beaucoup de temps avant de sortir). Les seuls avions navalisés "facilement" ont été les avions d'entraînement (Fouga Magister -> Fouga Zéphyr, BAe Hawk -> T-45 Goshawk...)

Le Jaguar franco-anglais, qui n'a rien à envier au Gripen du côté cellule renforcée ou vitesse d'approche (pour l'époque) (bon par contre distance de décollage c'était une autre histoire !), n'a pas été navalisé avec succès : considéré par la Marine comme sous-motorisé lorsqu'en charge, et... deux criques découvertes sur les attaches moteurs (je rappelle qu'on parle d'un avion suffisamment solide pour rentrer de mission avec un missile dans les réacteurs) ont interdit l'avion de vol et retardé les essais.

Se poser sur un porte-avions ce n'est pas seulement arriver à basse vitesse avec une excellente précision et faire un atterrissage un peu dur, c'est aussi aller toucher un pont mouvant sans arrondir après une approche à forte pente. Aussi solide soit le Gripen, je doute que le cas "appontage d'un avion bien chargé par une mer forte avec le pont qui remonte au moment où l'avion touche" ai été utilisé pour le dimensionnement de l'avion...

D'un autre côté, avoir en Europe deux avionneurs capable de fournir des chasseurs terrestres et navalisés est plutôt une bonne nouvelle !

Écrit par : Marine | 27/09/2014

entre le YF17 et le f 18 de l us navy , il y a un monde ... et les américains n en sont pas a leur coup d essai .
mig 29 et su 27 sont déployés sur des stobar , et la aussi il y a une petite différence .
je ne dis pas que c est impossible , mais pondre une navalisation , cela demande du temps et beaucoup d argent !
me rappel pas que les suedois aient un porte avions , ceux qui ont des catobar autre que les brésiliens (américains:f 18, f35; francais: rafale ) n ont pas besoin du gripen. ceux qui ont des stobar non plus ( anglais ,italiens:f35 ,chinois :j15, indiens mig 29 tejas? et peut etre un jour rafale ...:D .)
alors dépenser autant pour un si petit nombre d avions ? je demande a voir .

Écrit par : koubiak | 27/09/2014

Bonsoir,

@steeve : Les britanniques ont arrêté la conception d'aéronefs embarqués depuis bien longtemps. En outre, leurs porte-aéronefs (passés et futurs) n'embarquent que des avions à décollage vertical.

Les suédois et les brésiliens n'ont aucune expérience sur le sujet.

Aussi, comment ne pas être perplexe en lisant cette annonce ?

Cordialement / Frédéric

Écrit par : sletch | 27/09/2014

Je ne vois pas cde qui empêcherait le Gripen d'être navalisé d'un point de vue technique? C'est une bonne base simple et très polyvalente. Et pour répondre à hayduke, pourquoi les USA refuseraient-ils de fournir un porte avion au Brésil sous prétexte que l'avion choisi n'est pas américain? Premièrement, de nombreux composants du Gripen sont made in USA et ensuite, business is business, les américains sont assez pragmatiques pour ne pas s'arrêter à ce genre de détail.

Écrit par : Michel | 28/09/2014

Le programme Sea Gripen avance, n'en déplaise à certain.

Écrit par : Steeve | 28/09/2014

Je crois sincèrement qu'un petit nombre d'entre vous, ne voit pas ce qui se passe. En même temps, il y a 25/30 ans, lorsque Embraer envisageait de se lancer sur des avions commerciaux et jets d'affaires, beaucoup s'en amusaient! Embraer est aujourd'hui le troisième avionneur au monde...

Écrit par : Martin | 28/09/2014

Bonjour à tous, oui, la navalisation d'un avion n'est pas une mince affaire, complexe, longue. On aurait d'ailleurs pu penser, il y a deux ans que ce projet allait mourir. Pourtant, les suédois ont continué d'avancer en travaillant avec leurs homologues britannique, l'arrivée d'Embraer et sur le Gripen E est en soi une aubaine. Mieux, un partenariat important qu'il va falloir surveiller de près.

Il n'est pas question pour le Brésil d'obtenir rapidement une pleine capacité aéronavale, mais bien d'avancer et prendre de la maturité dans ce domaine. La marine désire à terme 60 à 80 avions, mais une commande ne sera pas passée avant 2018 à 2020. Quant au changement de portes-avions, celui-ci n'interviendra pas avant 2030, de quoi laisser du temps pour choisir qui ans sera le fournisseur.

Écrit par : PK | 28/09/2014

Bonsoir M. Kümmerling

Cette histoire montre juste que le vote de mai dernier était à courte vue et qu'en participant à la fabrication de cet avion sous ces différentes versions, on aurait même peut-être pu faire rentrer de l'argent dans les caisses. Sans parler des acquis technologiques bénéfiques pour divers secteurs économiques et bien sûr, des besoins de l'armée.

De quoi rager à postériori contre les opposants, mais aussi contre le chef de l'armée, qui n'a pas compris que dans un problème de communication, il aurait peut-être dû prendre les conseils d'une agence de comm. pour trouver les mots justes pour convaincre.

Merci encore une nouvelle fois pour votre blog et meilleures salutations.

Écrit par : badcox57 | 28/09/2014

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