16/03/2014

Gripen, Offsets sous garantie !


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Nouveau volet consacré à l’acquisition de l’avion de combat Gripen E, après les garanties du contrat offerts par le gouvernement suédois, je vous propose de découvrir les compensations industrielles et les garanties obtenues avec l’avionneur suédois Saab.

 

Compensations industrielles garanties par contrat :

 

Le contrat d’acquisition prévoit deux closes de sécurité pour notre pays et notre industrie, la première prévoit que l’avionneur suédois Saab doit apporter 10% de contrats de compensation à la conclusion du contrat Gripen. La seconde prévoit que l’avionneur dispose de 10 ans pour achever les 90% restant.

 

Si, dans 10 ans Saab n’a pas bouclé l’ensemble des 100% de compensation industrielle, l’avionneur devra alors payer de sa poche la différence à la Confédération.

 

Ce qui change : 

 

Pour la première fois nous avons la garantie sur contrat d’obtenir 100% de compensations industrielles.

 

Par le passé, les fournisseurs d’équipements militaires s’engageaient à fournir le plus possible de compensation, mais sans garantie. Trois exemples :

 

Boeing avec le F/A-18C/D : notre pays a obtenu 55% d’offsets.

Rheinmettall avec le char Leopard II : notre pays a obtenu 45% d’offsets.

Northrop avec l’avion F-5 Tiger II : notre pays a obtenu 15% d’offsets.

 

Les offsets étaient variables, car non garantie sur contrat.

 

Dès la remise de l’offre, la société Saab s’est engagée à compenser économiquement, par un programme industriel suisse, les flux financiers la concernant. En l’état actuel, le volume total est estimé à quelque 2,5 milliards de francs. Le programme industriel suisse porte sur toutes les parts de fournisseurs étrangers. Il s’agit des fabricants de missiles, en plus du fabricant des avions. Les parts de fournisseurs suisses et d’organes gouvernementaux ainsi que les acquisitions de moindre importance auprès de tiers ne sont pas prises en considération. Le crédit d’engagement demandé inclut toutes les taxes et redevances, aux taux actuellement connus. Pour les projets proposés, le renchérissement a été estimé jusqu’à la livraison complète du matériel et figure dans les demandes de crédit. Le renchérissement est fixé sur la base de l’indice des prix à la consommation et de l’évolution des prix des matières premières.

Le solde des affaires de participation directe et indirecte de l’industrie suisse devra être négocié après la signature du contrat, comme cela est usuel. Les affaires s’étendront sur une période d’environ 10 ans.


 

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Le principe de compensations sur 10 ans : 

 

  • Implications de l’industrie suisse dans le programme Gripen E.
  • Intégration plus forte de l’industrie suisse dans la base des fournisseurs de Saab et de ses partenaires.
  • Promotion des exportations suisses à travers le réseau industriel de Saab.
  • Accroissement des capacités de l’industrie suisse grâce à des transferts de savoir-faire et de technologie.

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Notre industrie participera directement à la fabrication de divers éléments du Gripen E, non seulement pour les 22  appareils destinés à notre pays, mais également pour les 60 Gripen E suédois, la première tranche de 36 Gripen E brésiliens et les suivantes (soit près de 100), il faut ajouter toutes les commandes qui pourront être passées par d’autres clients sur 10 ans.

 

Mais au final l’ensemble de notre industrie bénéficiera des contrats de compensation. D’ailleurs la majorité de ceux-ci reviendra à l’industrie civile.

 

Position de l’industrie suisse des machines, des équipements électriques et des métaux (SWISSMEM) :

 

Les affaires compensatoires (également appelées affaires offset) constituent un instrument important pour les entreprises suisses dans leurs efforts de participation à des programmes industriels internationaux.

 *Si la Suisse renonçait unilatéralement aux affaires compensatoires, ceci entraînerait des dé-savantages qu’on ne pourrait pas compenser par rapport à la concurrence internationale.

*Les affaires compensatoires permettent une collaboration à long terme avec des fabricants leaders des secteurs civil et militaire.

*Afin de pouvoir positionner les entreprises suisses de manière optimale et de permettre aux fournisseurs étrangers de connaître l’industrie suisse, il est important d’intégrer l’industrie suisse dès les premières négociations d’acquisition.

*Un «Offset Controlling» correct est important. Il s’agit de profiter du potentiel d’optimisation existant. C’est pourquoi armasuisse, Swissmem et le GRPM ont créé le bureau des affaires compensatoires. Ce bureau a pour tâche de vérifier la pertinence des réactions de notre industrie et d’établir les évaluations et rapports correspondants.

 

Environnement international et national : 

 

La majorité des pays utilisent la possibilité des affaires compensatoires comme instrument indispensable pour les participations industrielles de leur industrie.

 

Si la Suisse renonçait unilatéralement à la possibilité des affaires compensatoires, ceci cause- rait à l’industrie un désavantage économique impossible à compenser vis-à-vis des concurrents internationaux.Prise de position Swissmem: 

 

Avantages pour la place industrielle suisse :

 

Les affaires compensatoires génèrent des commandes et de l’occupation pour les industries de chaque canton. Elles offrent également de bonnes chances pour l’acquisition de savoir-faire grâce à la coopération avec d’autres industries, centres de recherche et universités. Outre les entreprises, ce sont également les salariés, le fisc et les autorités qui profitent des commandes et de l’occupation supplémentaire. 15 à 20 centimes pour chaque franc généré par l’exportation vont dans la caisse des communes, des cantons et de l’Etat.

 

Exemples importants couronnés de succès dans l’industrie suisse :

 

De nombreuses entreprises suisses ont réussi à placer leurs diverses capacités dans des affaires compensatoires internationales. Un grand nombre a également développé de nouvelles activités et noué de bons contacts d’affaires durables dépassant largement le cadre des affaires compensatoires initiales. Grâce à la conscience de la qualité, au savoir-faire, à la flexibilité ainsi qu’à la fiabilité des fournisseurs suisses, les entreprises suisses sont compétitives au niveau international. Parmi les his- toires de succès d’entreprises membres de Swissmem, nous trouvons plusieurs exemples qui ont été possibles grâce aux affaires compensatoires.

 

Exemples de contrats :

 

Saab doit donc fournir 10% des contrats à la signature d’acquisition par notre pays, des contrats sont déjà sur les rails, en voici quelques exemples :

 

*Saab a signé avec la société Ruag d’Emmen (LU) un contrat évalué à 68 millions de francs pour le développement et la production des pylônes du Gripen E. 15,5 millions de francs prennent effet immédiatement. Ruag a convenu d’exécuter le contrat en y associant des sous-traitants de taille petite et moyenne de la Suisse Romande et de la Suisse italienne.

*La société neuchâteloise Orolia Switzerland SA a remporté un contrat d'une valeur de CHF 8 millions attribué par le fournisseur de matériel de défense, de sécurité et d'électronique spatiale Selex ES, une société du groupe Finmeccanica. Selex ES construit également le radar, le système de détection et de poursuite à infrarouge (IRST) et le système d'identification ami-ennemi (IFF) pour l'avion de chasse Gripen E de Saab. 

*General Electric Aviation a conclu un contrat évalué à presque 29 millions de francs avec Sauter Bachmann, une société de Glaris. Entre 2009 et 2012, GE Aviation, un partenaire de Saab, a déjà acheté des composants de moteurs et des équipements à cinq entreprises suisses pour un montant approximatif de 140 millions de francs.

 

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Liens sur les articles du dossiers Gripen E : 

Les mensonges des référendaires : 

http://psk.blog.24heures.ch/archive/2014/01/14/gripen-les...

Gripen, un besoin fondamental : 

http://psk.blog.24heures.ch/archive/2014/01/22/gripen-un-...

Anti-Gripen, un comité de pieds-nickelés :

http://psk.blog.24heures.ch/archive/2014/02/06/anti-gripe...

 

Gripen l’avenir des Forces Aériennes : 

http://psk.blog.24heures.ch/archive/2014/02/13/gripen-l-avenir-des-forces-aeriennes-855166.html

L’obligation d’une police 24/24:

http://psk.blog.24heures.ch/archive/2014/02/17/l-obligati...

Gripen, un contrat béton : 

http://psk.blog.24heures.ch/archive/2014/03/02/gripen-un-...


 

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Photos : 1 Gripen F de développement en Suisse @ Swiss Air Force 2 Chaine de montage Gripen à Linköping en Suède @ Saab

Commentaires

Encore une fois merci pour toutes ces infos. Oh!... combien nécessaires, afin de comprendre par quels enjeux notre sécurité à tous, et le reste, vont se faire dans les urnes le 18 mai prochain!

Écrit par : Corélande | 17/03/2014

Une excellente nouvelle qui complète parfaitement le contrat, je ne vois que de bonnes raisons a l achat de cette avion.

Écrit par : Myriam | 17/03/2014

Merci une fois de plus pour ces précisions... En espérant qu'une bonne partie des 62% des opposants à cet achat change d'avis dans les prochaines semaines.

Écrit par : Jo-ailes | 17/03/2014

Jo-ailes, heureusement qu'ici nous avons PK et que nous pourrons compter sur les Suisses-allemand le 18 mai!
On verra à nouveau les Romands se trouver dans le camp des Nuls!

Écrit par : Corélande | 17/03/2014

L'acceptation du référendum du 9 février dernier fait que la jeunesse et la recherche scientifique suisses ont été privées de l'accès à ce qui fera la Suisse de demain: la coopération internationale. Face à ce fait, l'argent prévu pour les Gripen doit être transféré à compenser "Erasmus" et "Horizon 2020". Il faut désormais privilégier l'avenir de la Suisse et de sa jeunesse à tout autre intérêt.

Écrit par : Joseph Tarradellas | 17/03/2014

@M. Tarradellas, l'argent qui finance le Gripen fait partie d'un fond propre attribué à l'Armée et qui plus est provient notamment des économies réalisées sur l'immobilier militaire. Cet argent est et restera pour l'armée. Par ailleurs, votre montage financier est irresponsable, pourquoi dès lors, ne pas prendre de l'argent pour le développement international et financer les routes, le rails ?

La problématique du 9 février ne péjorent en rien les études de la jeunnesse. Nous assistons à des mesures de contraintes de l'UE qui prend les étudiant en otage. Expliquez-moi pourquoi les étudiants turcs, pays non membre de l'UE ont accès à Erasmus ? Il faut sortir de l'émotionel, garder la tête froide. Mais j ecomprend votre inquiétude.

Je vous rappelle que cet achat apportera des emplois, du tranfert de technologie.

Mélanger le 9 février et le 18 mai est ridicule, une grave erreur.

Écrit par : PK | 18/03/2014

C'est grave de tout mélanger M. Tarradellas! Nos étudiants auront vraiment tout loisir d'étudier avec les 300 millions que nous donnions au programme Erasmus. Remarquez vu le contexte international il est tout aussi important de se protéger que d'étudier et là l'UE ne pourra pas faire pression ou se mêler de nos choix.
Lisez attentivement les très bons billets de PK et ainsi vous aurez tous les éléments pour faire un choix intelligent et d'autant plus nécessaire qu'il va être au profit de tout les citoyens de ce pays!

La presse écrite ou audiovisuel peut se permettre de perdre un lecteur-auditeur-téléspectateur de plus, elle n'est plus à ça près!

Écrit par : Corélande | 18/03/2014

petit passage des votations du 9 février ... je comprend que nous devons être ouvert au monde extérieur, mais d'un autre côté faut ouvrir les yeux, la majorité des gens voie et entende ce quelle a envie ... regrettable ce manque de vision et de logique
la Suisse ne peut accepté plus d'étrangers dans son pays et faut le dire malgré nos voisins qui veule cassé du Suisse par divers moyen, on voit bien que chez eux c'est une catastrophe au niveau emploi, en Suisse nous avons le plus haut tôt d'étrangers par rapport à nos pays voisin.
en plus nous ne faisons pas parti de l'UE mais nous en finançons largement et pas que des clopinettes.
le problème de l'UE est que la Suisse est la première à montrer que l'Europe ce casse la gueule et prouve que toutes ces votations dans le passé que le peuple Suisse et Européen a fait une grave erreur et quelle a été enduit en bateau.
maintenant on commence a en voir les effets mais l'UE ne veut pas que ca change afin de pas montrer quelle avait faut depuis le début et surtout pas que des votations comme la Suisse a faite le 9 février et que chaque pays en face de même et arrive à la même conclusion.
l'Europe est en cours de descente au enfer et n'arrive plus a remontée et on va tous payé pour les bêtises des uns, attendez-vous que ca ce dégrade.

Écrit par : michel | 18/03/2014

Eh bien personnellement, je me soucie beaucoup des problèmes que peuvent avoir nos voisins: la plus grande partie de nos contrats se font avec eux. Si chez eux c'est la crise, elle le sera pour nous aussi. Il faut arrêter de penser que nous sommes très fort tout seul et que nous pouvons vivre en autarcie.
Regardez également les plus belles victoires suisses de ces dernières années, Alinghi par exemple: un magnifique mélange des meilleurs spécialistes piochés de par le monde et réunis sous le drapeau suisse. Et dans nos industries, c'est pareil, sans parler de nos universités, du CERN, de l'EPFL ou de l'EPFZ.

Pour rester dans le sujet de l'article, c'est un peu de l'argent du budget militaire reversé indirectement à notre économie. Ce argent reste de l'argent du budget militaire qui sera utilisé pour l'armée.
La vraie question sur cet achat, ce serait plutôt: Qu'est-ce qui est le plus utile et le plus urgent, des obusiers blindés ou des avions de chasse?

Écrit par : Jo-ailes | 18/03/2014

@ jo-ailes, je comprend votre point de vu et suis aussi désolé pour ce qui ce passe pour nos voisins mais on doit aussi évité de mettre notre pays en danger qui en a ramassé un sacré coup ces dernières années surtout avec l'histoire des banques bon là un sujet un peu tabou surtout pour les hautes personnalité, ce serait comme nous supprimé notre fromage, notre chocolat, etc. les banques ont et font toujours n'importe quoi et n'ont pas encore apprit les erreurs et nous le peuple avons aucune décision mais nous en subissons les frais.
retour au sujet: avion ou obusier ? bonne question, je pense que l'un ne va pas sans l'autre, juste que des avions sont obligatoire car je vois mal un obusier tiré à plus de 20km sur une cible ce déplaçant à mach 2, on voit ca que dans les jeux vidéo, un avion est nécessaire pour la protection aérienne, maintenant la question des obusiers avec ces engins ont a une guerre de retard car ils sont lourd et lent, il existe d'autres systèmes monté sur camion qui est un ensemble de missiles guidé monté dans un caisson (ne prenons pas le MLRS trop cher) ces missiles sont guidé par GPS et la portée est de 40km, nos léopard 2 les remplacés par des CV90 avec canon de 120mm, un jour peut-être eont en verra ?
quand au gripen c'est un bon choix et espérons que le peuple prendra la bonne décision mais je trouve décevant l'ampleur que ca pris et surtout quand on parle de l'armée dont le budget annuel est fixé, après l'armée doit faire de bons achats sans que les cravates viennent cassé le gris vert sans connaissance de cause.

Écrit par : michel | 19/03/2014

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