22/01/2014

Gripen, un besoin fondamental !

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Ce second volet sur l’acquisition de l’avion de combat Gripen E a pour but d’expliquer, quels sont les besoins de nos Forces aériennes et de replacer cette acquisition dans un contexte opérationnel.

 

Contexte de l’actualité :

 

L’actualité nous donne un excellent reflet des situations auxquelles nos Forces aériennes doivent faire face. Les deux évènements que sont le WEF et la conférence sur la Syrie II qui débutent aujourd’hui ne sont possibles que grâce aux engagements de l’armée et à la forte contribution de notre aviation. Deux zones d’exclusion sont actuellement activées au-dessus des deux régions concernées, ce qui implique une capacité de surveillance et de réaction 24/24. Nos bons vieux F-5E/F participent à la surveillance, mais ne peuvent être engagés que de jour et par beau temps, de plus leur capacité de détection radar reste limitée. Par conséquent, la flotte de F/A-18 « Hornet » est quasi seule à pouvoir assurer de manière efficace cette tâche. Sachant que les équipages doivent continuer à s’entraîner en parallèle et qu’un certain nombre de Hornet n’est pas disponible étant en maintenance. Certes, cette situation ne va pas durer, mais clairement les limites imposées, par la petite flotte d’avions tout-temps dont nous disposons aujourd’hui !

 

Le rôle des Forces aériennes :

 

Dans le réseau sécuritaire suisse, les forces aériennes avec leurs moyens de transport et de défense aérienne, la défense aérienne basée au sol ainsi que les ressources de surveillance et de conduite de l'espace aérien, sont d'une grande importance.

 

Face aux menaces immédiates et aux attaques contre la Suisse, d’après le rapport de politique de sécurité de 2010, les forces aériennes sont nécessaire et efficace dans les quatre domaines de sécurité: dans le maintien de la supériorité aérienne comme action policière (zone A), dans la détection précoce et de sauvetage (B), dans le transport aérien et la reconnaissance (C) et dans leur tâche principale (D), la défense de l’espace aérien en cas d’attaque.

 

 

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Pour les Forces Aérienne, il n'existe aucun substitut dans leur domaine d'activité. Aucune autre organisation, aucun autre moyen ne peut couvrir leurs besoins et domaines d’intervention, même lors d’événements et de menaces bien en dessous du seuil de guerre. En outre, le principe de subsidiarité ne s’applique pas aux forces aériennes. En dehors des forces aériennes, rien ni personne ne peut assumer la surveillance, la protection ni la défense de l'espace aérien suisse.

Les Forces aériennes sont donc bien plus qu'un simple moyen militaire, elles jouent aussi un rôle fondamental dans les secteurs civils et, autant en temps de paix que dans les périodes de tensions temporaires et à risque. Il est donc essentiel pour la Suisse d'avoir des forces aériennes d’un niveau qualitatif élevé, ainsi que des équipements quantitativement suffisants, utilisables de manière opportune et efficace, pour n'importe quelle situation, quelles que soient les conditions et pour tout événement et menace imaginable.

 

Aux besoins urgents des forces aériennes, s’ajoute évidemment la capacité d’intervention QRA (Quick Reaction Alert) des Forces aériennes, l’organisation d’alerte reconnue et adoptée par le parlement comme une nécessité, sur une durée de 24 heures et par tous les temps. Si aujourd’hui, les FA ne volent pas le week-end, il en sera autrement d’ici 2016 avec la mise en activité permanentes QRA. Pour cela il nous faut une flotte moderne tout temps avec une dotation minimum en temps de paix de 5 escadrilles soit 3 sur F/A-18C/D et 2 sur Gripen E.

 

Ce bon vieux F-5 :

 

 

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Les F-5 E/F  « Tiger II », déjà trentenaires, ne répondent plus aux exigences requises actuellement pour mener à bien des opérations. Le remplacement partiel des Tiger (remplacement de l’ensemble de la flotte des Tiger par un plus petit nombre d’avions de combat plus performants) combiné aux 33 F/A-18, qui pourront être exploités jusqu’en 2030 environ, doit permettre à l’armée de protéger l’espace aérien suisse dans toutes les situations. En outre, les capacités de base permettant la reconnaissance aérienne tactique et l’appui aux Forces terrestres dans des engagements air-sol, qui ont été temporairement laissées de côté avec la mise hors service du Hunter en 1994 et du Mirage-IIIRS en 2004, doivent être rétablies. On notera que nous ne somme pas les seuls à remplacer les F-5, le Brésil, la Thaïlande, la Malaisie, Corée du Sud sont autant d’exemples.

 

 

Evolution des menaces aériennes :

 

 

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La grande majorité des forces armées sont actuellement en phase de modernisation et certaines s’activent à se doter de capacités de frappes à grandes distances. De fait, avec de nouveaux avions combinés aux missiles balistiques, l’acquisition de porte-avions pour certains et de sous-marins lanceurs de missiles, nous nous trouvons progressivement vers une menace croissante pour les populations, le territoire et les forces déployées en Europe. Plus de trente pays disposent déjà ou font actuellement l'acquisition de technologies de missiles balistiques qui pourraient, à terme, être les vecteurs non seulement de charges conventionnelles mais aussi d'armes de destruction massive. La prolifération de ces capacités n'implique pas nécessairement l'existence d'une intention immédiate d'attaquer nos voisins et indirectement notre pays, mais elle signifie que nous devons en tenir compte dans le cadre des missions de l’armée.

 

Un nouveau visage pour les FA :

 

En conséquence, l’acquisition du nouvel avions de combat Gripen E et des nouvelles capacités techniques qu’il offre, font partie d’une modernisation plus large de nos Forces aériennes. Notre armée de l’air s’apprête à connaître une profonde modernisation avec le programme DCA20. Les actuels systèmes de défense contre avions de type Rapier et canons de 35mm ainsi que les conduites de tir Skyguard vont être remplacés, par un nouveau système d’ici 2020. Ce futur système doit être doté d’une capacité de défense antimissile balistique (BMD) pour mener à bien la mission essentielle de défense collective et offrir à terme avec le Gripen E, une défense multicouche active contre les aéronefs, hélicoptères, drones, les avions bimoteurs civils kamikazes, porteurs ou non de charges rudimentaires et missiles balistique. Sachant que les FA vont augmenter la capacité de reconnaissance avec un nouveau drone et celle offerte avec le Gripen E.

 

Un achat nécessaire :

 

En remplaçant partiellement ses Tiger, les Forces aériennes seront de nouveau aptes à mener à bien les reconnaissances aériennes tactiques et à combattre des cibles terrestres.

En cas de défense du pays, les Forces terrestres dépendent des FA, lorsqu’elles doivent engager leurs armes lourdes. Mais cela n’est possible que dans la mesure où :

 

• la protection offerte dans les airs est garantie ;

• la reconnaissance aérienne est assurée (avions et drones) ;

• des cibles terrestres peuvent être combattues depuis les airs.

 

Les Forces aériennes sont la seule institution étatique permettant de veiller à la sécurité dans la troisième dimension. Elles seules ont la compétence et les moyens d’y effectuer des missions de surveillance, de contrôle, d’aide, d’avertissement et d’intervention. Cette tâche ne peut pas être déléguée.

L’achat de nouveaux avions de combat est pertinent en termes de politique de paix, car ainsi nous préservons notre responsabilité et notre neutralité.

 

L’achat de nouveaux avions de combat est justifié en termes de politique de sécurité, car ainsi nous assurons notre liberté, notre indépendance et notre autodétermination.

 

L’achat de nouveaux avions de combat est logique en termes de politique économique, car les F-5 vieillissent et coûtent de plus en plus cher sans offrir de nouvelles capacités.

 

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Lien :

 

Premier volet : Gripen les mensonges des référendaires :

 

http://psk.blog.24heures.ch/archive/2014/01/14/gripen-les...

 

 

Photos : 1 & 3 Gripen F de développement @ Saab 2 F-5E et Gripen C en Suisse @ DDPS

 

Commentaires

Dans votre tableau des vecteurs balistiques à 2 ou 3 étages, vous avez oublié
Israel, sans doute un des plus dangereux ! Ses IRBM sont dérivés du MD-620,
construit par Dassault pour Israel dans les années 1960, puis transféré au
pays au moment de l'embargo (bonne décision) de De Gaulle en 1968.
En ce qui concerne le systéme de missiles de défense aérienne sol-air, je
conseille de prendre le système du consortium dirigé par Konsberg-VappenFabriek
en Norvège. D'une portée de 175 km à haute altitude, il est NATO compatible et
a été adopté aussi par la Finlande.
NB: J'ai travaillé sur le MD-620 et avec Kongsberg !

Écrit par : Eric Fletcher | 22/01/2014

Magnifique article ! Bravo !

Écrit par : Benjamin Jaquier | 22/01/2014

Bonjour Eric, oui il manque Israël, sauf, que ce pays ne menace pas l'Europe à contrario de certains autres.

Écrit par : PK | 22/01/2014

Merci pour ces infos, Pascal, et pour vos deux articles. Ils comblent un réel besoin avant la votation.

Écrit par : hommelibre | 22/01/2014

Les Tiger F suisses sont des trentenaires de 42 ans... Ils ont été acquis en 1972, mais le type a été conçu à la fin des années 50 et vole depuis les années 60!
En plus d'acquérir un avion capable d'effectuer les missions, la Suisse doit également renforcer ses moyens de surveillance de l'espace aérien, qui ne peut pas encore être exercée 24 heures sur 24.
A part ça merci pour pour vos utiles clarifications.

Écrit par : Carlo | 23/01/2014

As-t-on déjà une idée des systèmes de défense sol/air qui seront évalués
(Mamba/Patriot/arrow)?

Écrit par : Pepe | 23/01/2014

Bonjour Pepe, non par pour l'instant, armasuisse finalise avec le DDPS le cahier des charges, différents systèmes seront sélectionnés d'ici la fin de cette année pour une préparation à des essasi en Suisse en 2015-2016.

Je vous tiendrais au courant sur l'évolution de ce projet.

Écrit par : PK | 24/01/2014

Avion remarquable et très prometteur pour l'avenir de SAAB Aviation
Pour quand la version à décollage vertical et la furtivité

Écrit par : DOBY | 29/01/2014

la votation approche doucement et l'incompétence journalistique continue, le copié-collé ca va bon train.

Écrit par : michel | 31/01/2014

Bonjour. Est ce que cela fonctionne également en dehors des heures de bureau. Sinon, il vaudrait mieux acheter des Mirage 2000 d'occase, cela revient moins cher!(LOL)

Écrit par : Philippe | 18/02/2014

Infrarouge hier soir, Isabelle Chevalley se fait remettre à l'ordre par Joseph Henrotin, rédacteur en chef du journal DSI sur le nombre d'avions de combat : "Pour maintenir une police du ciel 24/24 sur 365 jours par an, pour moi il faut 70 appareils" !

Écrit par : Marco | 07/05/2014

@Marco: Magnifique explication de M. Henrotin, en effet. Avantage au "Oui" durant ce débat... mais suffira t'il?

Au fait, est-ce que la double majorité est demandée durant ce scrutin?

Écrit par : Jo-ailes | 07/05/2014

S'il s'agit d'une initiative, oui, il faudra une double majorité.

Écrit par : G.Vuilliomenet | 08/05/2014

Un référendum, donc simple majorité.

Écrit par : PK | 08/05/2014

Merci, c'est bien ce que je craignais...

Continuons à convaincre autour de nous et croisons les doigts!

Écrit par : Jo-ailes | 09/05/2014

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