09/01/2012

Lockheed-Martin F-35 l’année des défis !

 

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Pour le constructeur américain Lockheed-Martin, l’année 2012 s’annonce remplie de défis en ce qui concerne son F-35 «Lightining II». Une année de plus, remplie d’écueils devrais-t-on dire pour un programme très critiqué et dont les coûts continuent à alimenté la polémique.

D'abord, Lockheed-Martin va devoir affronter l’examen de la de la Commission américaine de Defense et Acquisition qui pourrait trouver à redire sur l’éternel optimisme du constructeur en ce qui concerne la justification des coûts unitaires moyens d'approvisionnement (APUC). Puis, il reste à savoir ce qui restera de la prochaine commande du Pentagone face aux réductions massives du budget de la défense américain, voulue par le Président Obama. En effet, des coupes nettes dans l’acquisition finale pourrait bien remettre en question les calculs des coûts unitaires de l’appareil.

Problèmes de conception :

En effet, su la question du prix de l’avion est déjà synonyme d’inquiétude, des problèmes de conceptions ont été relevés, soit 13 au total! Bien que l’étude n'a pas identifié de risques de conception fondamentaux, elle a énuméré 13 sujets de préoccupation. Seulement deux d'entre eux avaient déjà été diffusés préalablement et concernaient des problèmes avec la stabilité du réseau électrique et l'affichage du viseur de  casque.

Mais, trois problèmes plus importants viennent d’être rendu public : un risque d'incendie avec le sous-système de carburant, la crosse d'appontage du F-35C annule la furtivité de celui-ci ! Des problèmes concernant le vol transsonique,  la performance de manoeuvre, la fatigue prématurée de la cellule et des problèmes divers durant les tests qui à l’avenir peuvent se transformer en problèmes majeurs.

Le rapport a noté que les "marges de poids sont extrêmement serrées" et que la maturité de certain systèmes était faible et qu’il faudrait reconsidérer sérieusement la planification de la production.

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Négociations pour la production limitée :

Ces séries d’ennuis ont poussé Lockheed-Martin à accepter une renégociation sur la fabrication d’une cinquième pré-séries de 30 appareils dont il a accepté pour la première fois de partager les coûts. Cette pré-série, aura une production réduite de deux appareils afin de payer les coûts de dépassement, il d’ailleurs déjà prévu que la sixième pré-production sera également amputée de deux aéronefs.

Selon la dernière programmation la production pour le marché américain serait ramené à 300 unité  au lieu des 423 prévues initialement.

Retard en matière de formation :

Dans un autre rapport à l'automne dernier, le directeur des essai opérationnel et d’évaluation (DOT & E) a déclaré qu'il ne pouvait pas approuver le début de la formation initiale des pilotes

sur les appareils déjà livré à Eglin AFB et ceci tant qu’une série d’essais supplémentaire ne sera pas organisée. Pour l’USAF il faudra certainement dépassé les 1.100 heures d’essais.

Au chapitre des « petites bonnes nouvelles» :

Un petit ballon d’oxygène est tout même venu réchauffer l’atmosphère du programme en ce début d’année avec avec la décision de la commission exécutive des industries de défense turque qui a annoncé la commande avec Lockheed-Martin de deux prototypes de l’avion F-35. A terme, la Turquie devrait acquérir une centaine de F-35 à partir de 2015 et ceci pour autant que les coûts ne continuent pas à grimper, sans quoi ce nombre pourrait être revu à la baisse.

Les déboires de la 5e génération :

Aux Etat-Unis pour l’instant la 5e génération d’avions de combat à un goût amer, le F-22 trop sophistiqué pour permettre son exportation vient de cesser d’être produit (article 14.12.11) car si  l’avion est exceptionnel, son coût aura finalement fait capoter de nombreux espoirs, l’US Air Force comptait acquérir près de 750 appareils. Les limitations quant à son exportation ainsi que les frais de développement  additionné à ceux de la production ont fait grimpé le coût unitaire de l’avion à un peu moins de 380 millions de dollars. Un surcoût intolérable pour l’Administration américaine.

Le F-35, certes, moins technique se retrouve malmené comme nous venons de le voir plus haut. Mais un autre élément moins avouable joue également en défaveur de cette génération d’avion, l’ efficacité en matière de furtivité est quasi rendue nulle face un à appareil doté d’un radar AESA couplé à une optronique. Autrement dit, les choix européens que sont le Rafale, l’Eurofighter et le Gripen E/F  de la génération 4++ offrent un rapport coût/efficacité bien plus raisonnable !

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Photos : 1 & 3 F-35 2 Cockpit @ Lockheed-Martin


 

21:34 Écrit par Pascal dans aviation | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : lockheed-martin, f-35, jsf, f-35 ligthning 2 |  Facebook | |

Commentaires

Impressionnant ce que ce projet peut être une déception...

En effet tous ces problèmes qui viennent de paraitre ne font que renvoyer une image déplorable de l'état dans lequel se trouve cette avion.

Même les russes, qui pourtant sont censé être en ruine ont réussi à tester un avion 5e génération.....

Bref je me demande bien ce qu'il adviendra de cette appareil.

Écrit par : Sébastien | 10/01/2012

l’ efficacité en matière de furtivité est quasi rendue nulle face un à appareil doté d’un radar AESA couplé à une optronique. Autrement dit, les choix européens que sont le Rafale, l’Eurofighter et le Gripen E/F de la génération 4++ offrent un rapport coût/efficacité bien plus raisonnable !

+1

Écrit par : koubiak | 10/01/2012

l’ efficacité en matière de furtivité est quasi rendue nulle face un à appareil doté d’un radar AESA couplé à une optronique. Autrement dit, les choix européens que sont le Rafale, l’Eurofighter et le Gripen E/F de la génération 4++ offrent un rapport coût/efficacité bien plus raisonnable !

+1

Écrit par : koubiak | 10/01/2012

Merci Pascal.
Je vois que cet excellent article confirme ma bien modeste analyse du 7 courant sur le blog "Le choix Suisse du JAS-39 E/F «Gripen NG» !" au sujet de la situation actuelle des avions de 5eme génération.
Au sujet du prix, j'ai lu dernièrement sur A&C que le prix unitaire d'un F35 avoisinerait les 150 Md$! Ce prix risque encore de grimper car le nombre d'avions prévus n'est plus que de 1700 au lieu des >4000 prévus initialement.
On en revient à la question fondamentale: Un avion de 5eme génération a t'il encore sa place dans le contexte actuel? Ou ne faudrait-il pas axer les développements futurs sur les drones?

Écrit par : forêt10 | 10/01/2012

Effectivement les appareils de la 5e génération coutent chers très chers, on remarque que même les Russes ont choisit de travailler avec l’Inde histoire de réduire les coûts. Il ne sera d’ailleurs pas possible pour eux de remplacer totalement les avions actuels, la 5e viendra compléter le 4e.

Les drones vont continuer à se développer et à être déclinés en différentes tailles, les plus gros comme le démonstrateur Neuron devraient ouvrir la voie à des appareils qui évolueront en binôme avec les appareils les plus récents (Gripen E/F, Rafale, Eurofighter, F-35).la grande réflexion concernera la 6e génération d’avion de combat (en réflexion aux USA) mais, nous somme là dans le domaine de l’avenir, soit à l’horizon 2040-2050.

Salutations !

Écrit par : PK | 10/01/2012

"l’ efficacité en matière de furtivité est quasi rendue nulle face un à appareil doté d’un radar AESA couplé à une optronique. Autrement dit, les choix européens que sont le Rafale, l’Eurofighter et le Gripen E/F de la génération 4++ offrent un rapport coût/efficacité bien plus raisonnable !"

+1 (ce qui fait 4 :- ))

Le choix d'avions de combat semble être le suivant (côté occidental) :
- F-35 = très performants mais hors de prix
- F-15/F-18/F-16 = performants mais non évolutifs car de conception trop ancienne
- Rafale/Typhoon = très performants mais très chers
- Gripen NG = en développement et dans les performances sont annoncées comme trop justes (amitiés à nos amis de la force aérienne Suisse :-)

et pourtant les quatres premiers se vendent bien... incompréhensible :-?

Écrit par : sletch | 10/01/2012

Les USA doivent compenser le peu de F-22 ainsi que le nombre résuit de F-35 en modernisant les actuels F-16, F-15 et produirent des Super Hornet supplémentaires.
Les Rafale, Eurofighter et maintenant le Gripen E/F offrent une solution plus abordable effectivement. La question de la vente de ceux-ci est différente. Je pense que l'arrivée des radars AESA pour moderniser des appareils plus anciens (F-16,F-15) et équiper lla génération Rafale, Gripen, Typhoon permettra aux plus anciens de durer plus longtemps et aux suivantx de rester à niveau d'excellence.
Il faut également tenir compte de la maintenance des flottes, assuréement un F-35 sera plus gourmant et posera à long terme plus de soucis que les trois appareils européens (le Gripen sera probablement le moins gourmand des trois).

Écrit par : Gabi | 10/01/2012

Très inquiétant de voir que de nombreux problèmes encore sérieux grèves cet appareil, les surcoûts vont encore perdurer et les membres de l'otan qui l'ont sélectionné ne sont pas au bout des difficultés.

Écrit par : Robin | 10/01/2012

@Robin "Très inquiétant de voir que de nombreux problèmes encore sérieux grèves cet appareil, les surcoûts vont encore perdurer et les membres de l'otan qui l'ont sélectionné ne sont pas au bout des difficultés."

Ce qui rend leur acquisition d'autant plus incompréhensible. Certes, il faut se projeter sur le long terme mais quid des capacités opérationnelle de la machine à sa mise en service ?

Je crains que certains pays de l'OTAN ne remplacent du matériel hors-d'âge par un autre... immature.

My two cents (d'euros ;-)

Écrit par : sletch | 10/01/2012

OUi d'accord avec vous en sustance sletch ! !!

Écrit par : Robin | 10/01/2012

Vous noterez que parmis les "13" défauts majeurs, très peu sont effectivements liés aux nouvelles technologies dites de "cinquième" génération... Il semble qu'on perde la main de l'autre côté de l'Atlantique...

Écrit par : Bob | 10/01/2012

Certains problèmes et non des moindres restent liées aux technologies de 5eme génération:
- le viseur de casque HMDS Gen II (problèmes de "buffering" ou vibrations aérodynamiques)
- Temps de latence lors de l'affichage vidéo 130ms au lieu des 40ms requis
- fiabilité du système IPP (Integrated Power Package) pouvant entraîner un début d'incendie
- Échec à l'appontage (défaut de conception et de positionnement de la crosse d'appontage)
- un avion trop chaud; entraînant une détérioration des écrans tactiles, impossibilité d'enclenchement de la post-combustion (max 2mn) et surtout la dégradation des revêtements furtifs.
- faiblesse structurelle => essais de fatigue réels repoussés à 2016
- version STOVL repoussée au moins à 2017
etc.
Pour un avion censé "killer" la production européenne dés 2008...
PS: j'ai puisé ces informations dans divers exemplaires d'Air & Cosmos 2011

Écrit par : forêt10 | 11/01/2012

Très intéressant débat en tout cas.

Écrit par : mike | 13/01/2012

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