02/10/2011

Suisse : Gripen contre Rafale !

 

 

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Nous voici arrivé dans la dernière ligne droite, avant l’annonce du choix de l’avion qui compensera le départ à la retraite des F-5 et permettra d’augmenter la dotation de nos Forces aériennes en matière d’avions tout-temps, susceptibles de renforcer la surveillance de l’espace aérien et à plus long terme, d’assurer la transition au-delà du départ à la retraite des F/A-18. Vous l’aurez compris lors des dernières dispositions votées par les chambres à Berne, l’armée disposera de 5 milliards et devra réduire ses effectifs à 100.000 hommes. Le DDPS va donc devoir mettre en place une réorganisation qui comprendra également le financement des nouveaux avions. De fait, la marge de manoeuvre en matière d’argent est faible. Le possible référendum sur cet achat de la part de la gauche est possible et l’achat devra être porté d’ici au plus tard à 2014, les offres des trois candidats, seront dès lors échues puisque valable jusqu’à la fin de l’année. Le Chef du DDPS va demander des offres retravaillées !

Ce qui est clair aujourd’hui, c’est qu’un des concurrents, l’Eurofighter se retrouve mal placé du fait de son prix. Et, EADS ne pourra pas sauf un miracle offrir un prix qui puisse se calquer avec les possibilités financières de notre pays. Dommage, car la contrepartie en matière d’Offsets étaient la meilleure soit près de 8 milliards !

Deux concurrents se retrouvent donc au coude-à-coude pour le choix final, je vous propose un récapitulatif concernant le Gripen et le Rafale avec les avantages et désavantages de chacun !

 

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L’offre des suédois pour le Gripen :

Nombre de caractéristiques du Gripen sont intégrées au niveau logiciel. Les changements et les améliorations peuvent donc en général être développés et mis en œuvre sans modifications onéreuses du matériel. Une décision formelle prise récemment par le gouvernement suédois a confirmé que le Gripen sera développé et maintenu au niveau le plus avancé de la technique, afin qu’il puisse être efficacement mis en œuvre par les Forces aériennes suédoises au moins jusqu’en 2040. Cette décision était basée sur la facilité et le coût avantageux de l’ajout de nouvelles fonctions opérationnelles ainsi que sur le faible coût avéré du Gripen en termes d’exploitation, de maintenance et de cycle de vie total. Le développement du Gripen se poursuit de manière continue.

La configuration proposée à la Suisse est similaire à celle mise en service par les Forces aériennes suédoises, ce qui implique que toutes les nouvelles fonctions et capacités introduites durant le cycle de vie de l’appareil seront également mises à la disposition de la Suisse. Le Gripen correspondra  ainsi aux les exigences actuelles et futures des Forces aériennes suisses. Le Gripen est conçu et constamment mis à niveau en vue d’évoluer dans l’environnement de combat du 21e siècle, la guerre réseaucentrée (Net Centric Warfare – NCW). Flexible et modulaire, la conception de l’avion permet d’en assurer l’amélioration et le développement permanents dans des conditions de faible risque et de coût performant.

Le programme Gripen actuellement en cours garantit que le Gripen restera à la pointe de la technologie pendant de longues années. Le but du programme Gripen est de présenter les fonctions susceptibles d’être intégrées dans les versions actuelles ou futures du Gripen. Outre son aptitude déjà avérée à la croisière supersonique. La version proposée à notre pays est  accueillera un certain nombre de systèmes tactiques de nouvelles générations, tels que le radar à balayage électronique AESA, le ES-05 «Raven» un nouveau système de communication satellitaire et un système électro-optique de détection des missiles en approche.

 

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Le Gripen  multirôle est apte à utiliser les armes de dernière génération, ce qui garantit que toutes celles détenues par la Suisse pourront être mises en œuvre facilement avec un effort minimal et l’avion sera optimisé pour l’adjonction de nouveaux missiles comme le METEOR.

Spécialement conçu pour une utilisation au sein d’un environnement d’opération en réseau, le Gripen dispose des systèmes de liaison de données les plus aboutis du monde. Le pilote bénéficie ainsi d’une appréhension totale de la situation dans tous les scénarios de combat. L’interaction fluide avec les chasseurs F/A-18 existants des Forces aériennes suisses et le système de surveillance de l’espace aérien FLORAKO est garantie à tout moment.

La Suède offre à la Suisse un partenariat dans le programme de mise en pool des pièces de rechange du Gripen qui se traduirait par de substantielles économies en termes de stockage et de maintenance. Toutes ces opportunités de coopération qui s’ouvrent aux deux pays ne compromettent en rien leur neutralité et leur non-alignement.

Par ailleurs, la Suède a besoin de remplacer ses actuels avions d’entraînement Saab SK60/105 et est en train d’étudier l’acquisition d’avions d’entraînement PC-21 de Pilatus Aircraft.

Comparé à celui de ses concurrents, le coût d’acquisition du Gripen est nettement moins élevé. Le même montant permettra donc d’acheter davantage d’appareils. Qui plus est, les frais d’exploitation annuels ne représentent qu’un quart de ceux de ses concurrents, ce qui s’explique par:

  • les importants avantages en termes de coûts de maintenance et de consommation de carburant grâce à l’efficacité de la conception monoréacteur,
  • le personnel relativement réduit nécessaire à la maintenance,
  • la taille du Gripen, qui correspond à celle du F-5 Tiger et permet d’utiliser les infrastructures existantes sans modifications onéreuses,
  • le temps moyen comparativement long entre deux pannes,
  • le temps moyen de réparation comparativement faible,
  • les mises à niveau techniques qui s’effectuent, pour la plupart, sur une base logicielle, n’entraînant que peu de modifications matérielles.
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L’offre française pour le Rafale :

Face à l’évolution constante du spectre des menaces dans les années à venir, seul un avion de combat doté d’un radar à balayage électronique actif, d’un système d’identification visuelle efficace, d’un système d’autoprotection performant, et d’une endurance conséquente pourra garantir une police du ciel crédible permettant en toute circonstance de préserver la maitrise du ciel. Le radar à balayage électronique actif est un élément incontournable dans l’approche moderne de la défense aérienne. Il offre une capacité d’interception très largement supérieure aux radars classiques. Capable de traiter simultanément un nombre important d’aéronefs, ce radar est couplé à un système optronique de dernière génération agissant comme de véritables jumelles intégrées au Rafale, pour apporter au pilote un zoom très performant sur un aéronef inconnu et pour permettre son identification en un temps record. Grace à un système d’autoprotection unique, complètement intégré à l’avion et couvrant l’ensemble des menaces existantes.

Le Rafale proposé soit le standard 04T comprend une optique frontal de deuxième génération (OSF) une liaison Link16, la fusion des données (NCW) le radar à antenne active AESA RBE2-AA couplé avec le système SPECTRA d’autoprotection. 

Le Rafale a été pensé dès le lancement du programme pour remplacer les sept types d’avions en service en France et pour remplir toutes les missions dévolues à ces appareils:  missions de police du ciel et de défense aérienne missions de reconnaissance > missions air-sol > missions anti-navires.

Le Rafale est équipé d’un large éventail de capteurs de dernière technologie: le radar antenne active à balayage électronique, le système d’auto-protection intégré et l’optronique secteur frontal forment avec la liaison 16, un ensemble de capteurs incomparables qui fournissent au pilote, au travers d’une fusion de données optimisée, une image complète et précise de la situation tactique.

Le Rafale peut emporter simultanément un grand nombre d’armements et de réservoirs externes. Il peut ainsi réaliser au cours du même vol plusieurs types de missions de manière optimale et apporte de ce fait une grande flexibilité dans la planification et l’exécution des vols.

Des armements et des optionnels pour tout type de mission, le système d’armes du Rafale a été conçu pour permettre l’utilisation sans restriction d’une gamme complète d’armements performants:  Missile d’Interception, de Combat et d’Autoprotection MICA, dans ses versions IR et EM, utilisables indifféremment en combat rapproché ou en interception BVR (beyond visual range)> armement air sol modulaire AASM > bombe guidée laser > armement air-sol conventionnel > missile stand-off à longue portée SCALP > missile anti-navires EXOCET

Le POD multifonctions DAMOCLES donne une efficacité redoutable au Rafale dans les missions air-sol et de reconnaissance de jour et de nuit. Par ailleurs, la nacelle de reconnaissance AREOS permet la prise d’images de jour et de nuit à toute altitude, avec la capacité de transmission immédiate en vol des photos vers une station sol.

Le programme de participation industrielle (Offsets) offert par la France comprend la recherche et le développement du Rafale avec les principaux acteurs que sont Dassault Aviation, Snecma, Thales et MBDA. De plus, l’industrie suisse sera intégrée dans les programmes des moteurs civils CFM56, avions d’affaires Falcon. La France garantit un retour sur investissement de l’ordre de 6 milliards. 

En été comme en hiver, une patrouille de Rafale peut décoller le matin de sa base en Suisse, rejoindre en trente minutes une zone d’entraînement supersonique, se poser sur une base française d’où elle peut redécoller en début d’après-midi ou en soirée pour un deuxième vol d‘entraînement avant de rallier sa base de départ.

En parallèle, la proximité des deux pays rend possible l’échange et la formation des techniciens sans la contrainte de déploiements de longue durée. Le Rafale offre une haute technologie permettant à chaque personnel d’enrichir son savoir faire dans un environnement de maintenance simplifiée: pas d’indisponibilités de longue durée, diagnostics de panne précis et rapides réduisant le nombre d’équipements de test au sol.

Cette approche fournit une souplesse d’emploi indispensable à l’armée de milice dont les effectifs ne sont disponibles que pour une période limitée d’engagement et d’instruction.

 

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Les points communs :

Saab Gripen tout comme Dassault Aviation doivent absolument vendre leurs appareils, les chaînes de montage tournent au ralentit et il sera donc possible de recevoir rapidement les premiers avions dans l’attente de mise en fonction d’une production en Suisse.

En ce qui concerne le partenariat d’entraînement et la stratégie bilatérale, les deux pays répondent de la même manière soit :  

  • Entraînement conjoint de pilotes/zones d’entraînement communes
  • Maintenance conjointe des avions de combat
  • Utilisation partagée de simulateurs
  • Achats groupés d’armements

Dans les deux cas, la Suisse est son industrie deviennent partenaires dans le développement futur de l’avion.

Points forts & points faibles :

Le Gripen :

L’avion suédois offre le meilleur prix achat/maintenance et correspond parfaitement à l’enveloppe budgétaire fixée par le parlement, son intégration sur les infrastructures de notre pays sera facile. L’avion emporte une panoplie de missiles internationaux qui offre un large choix.

Par contre, il n’est pas sûr que le radar EASA soit disponible d’ici 2015-2018 et les Offsets  industriels sont plus faibles.

Le Rafale :

L’avion français est opérationnel immédiatement avec son radar EASA et un standard technique très élevé. Les Offsets industriels sont très bons est garantissent 6 milliards de retombées pour notre industrie.

Par contre, pour l’instant le prix semble dépasser légèrement l’enveloppe budgétaire.

Analyse :

Le budget mis en place à Berne permet la réorganisation de l’armée, mais pourrait tendre à un choix limité en matière d’avion de combat, il faut dès lors espérer qu’un second concurrent puisse répondre en matière de coût fixer par le parlement et laisser ainsi un véritable choix libre, il en va, non seulement, d’une option plus vaste en matière de capacités aériennes mais également en ce qui concerne le futur de notre industrie aéronautique et de ses dérivés !

Photos : 1 Gripen & Rafale lequel portera les cocardes suisses ? @ Armasuisse 2 Gripen à Sion  @ Paul Marais-Hayer 3 Gripen lors des essais à Emmen @ Ermman Keist 4 Rafale à Sion @ Pascal Kümmelring 5 A Emmen lors des essais @ Ermman Keist

 

Commentaires

Encore un excellent article !

la seule chose est que je ne prendrai pas au pied de la lettre les MTBF (temps moyen entre 2 pannes ), MTBR et autres couts de maintenance , annoncés par Saab... Il s'agit au mieux d'objectifs a atteindre pour eux , car je ne vois pas comment ils seraient capables de garantir a l'heure actuelle des stats fiables pour un avion en conception et dont la phase d'industralisation ne debutera que dans quelques annees .. le NG avec son nouveau moteur , son nouveau radar (qui n'existe pas) sa nouvelle electronique (...) est completement different du C/D actuel.

Ce sont juste des promesses:
http://www.tagesanzeiger.ch/schweiz/standard/Flugzeughersteller-versprechen-generell-mehr-als-sie-halten-koennen/story/28774533

Rappelons que le Bresil a recemment emis des doutes sur les couts de focntionnement du futur NG annoncés par Saab ...

Pour donner un exemple de decalage entre les promesses et la realité, Il y a dans le numero de septembre de Combat Aircraft Monthly un excellent article sur les typhoons autrichiens dont le cout actuel de l'heure de vol EST ACTUELLEMENT EN EXCES DE 50 000 EUROS par rapport a ce qui etait promis par Eurofighter ...

Écrit par : buena | 03/10/2011

Magnifique analyse, en effet, il faut souhaiter que le Rafale puissent être proposé dans les nnormes de prix possible établit par le parlement, sinon le choix de l'avion en serait biaisé !

Écrit par : Liv | 03/10/2011

Le Gripen offre un excellent prix, certes, une bonne intégration mais il faudra l’amélioré, intégrer le radar AESA finaliser les liens entre les logiciels et cela prend du temps et coûte cher, nos autorités doivent se rendre compte qu’avec le Rafale même si le coût de base est un peu plus cher, on gagne en efficience technique tout en réduisant les coûts sur le long terme !

Bien vu « Pascal » tu avais l’année passé déjà entrevu le bataille finale entre le Gripen et le Rafale !

Écrit par : Steeve | 03/10/2011

Article excellent; analyse superbe !!!

Écrit par : Giorgio | 03/10/2011

Le Gripen NG est un avion de papier.
Il a été évalué? Non!
Il y a eu une compétition en Suisse? Oui!
le Gripen en sort premier? Non!
Alors, pourquoi SAAB serait privilégié en pouvant faire une seconde offre pour un avion en papier?

Écrit par : syntaxerror9 | 03/10/2011

il ne faut pas oublier que la survie du gripen dépend de l'inde et du brésil,
l'inde est perdu, trop faible en capacité air-sol, il est redondant avec le Tejas, il est moins cher mais il fait deux fois moins que le rafale.
le Brésil n'a pas d'argent et annoncé que si il en avait ils auraient achétés le rafale. Donc le gripen va mourir a moyen terme. il a quasiment les deux pieds dans la tombe, ce qui rend particulièrement dangereux saab pour sauver son poulain. le Gripen NG est un avion de papier, les indiens n'ont pas du tout apprécié les changement de pied des suédois.
L'eurofighter, son seul plus c'est l'interception en haute altitude, tout le rafale le fait en mieux avec du plus et offre des fonctionnalités que n'a pas l'eurofighter. le seul concurrent du rafale direct sera le F35 si ils arrivent à le mettre au point, il est loin du dreamfighter annoncé par les usa, mais ca restera un avion redoutable.

MMRCA indien
1 rafale (tous les tests, le meilleur en air sol et dans ses missions omniroles)
2 eurofighter (tous les tests dans ce qu'il peut faire)
3 F18 ( n a pas rempli les tests, problème moteur, n'a pas pu faire ses missions a pleine charge)
4 Gripen (chaotiques, trop faible en air sol)
5 F16B60 (trop vieux)
7 Mig 35 (probleme moteur)

C'est dommage j'aime bien le gripen, j'aurai voulu voir son cousin direct avec un mini rafale mono réacteur qui aurait complété la famille.

Écrit par : raffy | 03/10/2011

Pourquoi ? Simplement parce que le Gripen évolue et n’est plus un avion de papier, le prix intéressant combiné aux possibilités de finalisation du développement de celui-ci pourrait faire pencher la balance en sa faveur (risqué certes..). Paradoxal ?
Combien de ventes n’ont-elles pas échouées justement avec ce type de raisonnement ! Ceci étant, si Dassault présente une offre qui coïncide financièrement avec le budget suisse, on ne voit pas pourquoi cette fois le Rafale ne l’emporterait pas !

Écrit par : David | 03/10/2011

@ raffy:
Les suédois présentent un nouvel avion à la Suisse alors que la compétition est terminée et perdue par SAAB.
Je ne comprends pas comment on peut remettre en cause la compétition en Suisse juste parceque SAAb revient à la charge en disant:
"Pouce, on a perdu la compétition, mais on revient avec une nouvelle offre d'un avion qui est encore en développement, faites nous confiance!"

Écrit par : syntaxerror9 | 03/10/2011

A mon avis, cette fois c'est pour le Rafale. Il ne faut pas oublier que le Gripen NG n'existe pas encore et qu'il n'a pas encore la moindre commande (même pas de l'armée suédoise). Il est donc impossible de connaitre ses coûts d'exploitation ni même d'évaluer les dates de livraison (il y a toujours des retards). Entre l'élaboration d'un prototype et la mise en production industrielle d'un avion de chasse, il y a un monde...

Il a été éliminé en Inde, notamment sur les incertitudes concernant le radar : il n'a pas encore d'AESA et il existe un doute sur l'intégration possible d'un tel radar sur Gripen. La moitié de ses composants (moteur par exemple) sont américains, et il faut demander la permission à Oncle Sam pour avoir accès à la technologie ou modifier ces composants.

D'un autre coté le Rafale a montré qu'il était un des meilleurs avions sur le marché et un des plus complets. En admettant que l'heure de vol est plus onéreuse (ce qui reste à prouver) que sur Gripen, si un Rafale fait le boulot de deux Gripen, c'est un choix évidement avantageux. D'autrant que des synérgies avec l'armée française sont possibles et certainement déjà proposées.

Enfin il est clair que l'armée Suisse a préféré le Rafale. Avec une bonne négociation pour faire baisser un peu le prix (qui rentre déjà dans le budget voté contrairement à ce qui a pu être dit), il n'y a que peu de raison pour ne pas le choisir.

Écrit par : kelesis | 03/10/2011

Oui sur le fond vous avez raison syntaxerror9, mais la compétition n’est pas terminée, si vous lisez bien les trois constructeurs ont l’occasion de faire une nouvelle offre qui se fera non seulement sur le prix mais sur les évolutions techniques de chacun. Il faut se rappeler que l’évaluation a eu lieu en 2008, chacun des protagonistes ayant fait progresser son avion.

Qu’en est-il réellement du Gripen aujourd’hui ? Quel prix Dassault va-t-il proposé ?

Nous ne le serons pas mais cela peut infléchir la décision finale

Écrit par : David | 03/10/2011

Bonjour,

Bien qu'étant français, (donc un peu chauvin) je pense que la Rafale est le bon choix.

Objectivement, Pour la Suisse, le Rafale est LE meilleur choix :
- Proximité des bases françaises
- Entrainement en France
- Soutien technique en France
- Retour sur investissement de Dassault

De plus, le Rafale peut emporter toute la panoplie d'armement de l'OTAN et de la France, et est OPÉRATIONNEL immédiatement.

Écrit par : noel | 03/10/2011

Aux supporters du Rafale : je serais vous, je modérerais mon enthousiasme. Vous n'êtes pas à une déconvenue près, remarquez. Combien de fois le Rafale a-t-il été donné gagnant avant de se faire damer le pion ? Ou avant que l'achat soit remis aux calendes grecques (quand ce n'est pas carrément annulé) ?

Si le Rafale a aujourd'hui un peu plus de chances de se vendre en général, c'est parce que la politique commerciale des Etats-Unis est devenue un peu moins aggressive, et que les Américains (et avec eux un certain nombre d'alliés) ont tout misé sur ce qui est déjà l'un des plus gros bourbiers politico-industriels de l'histoire des USA, à savoir le F-35. Et si le Rafale a une chance en Suisse, c'est parce qu'il n'a pas de rival US. (Bien que le Gripen soit le plus américain des chasseurs européens, mais GE n'a pas la force de frappe de Lockheed Martin ou Boeing.)

Écrit par : Matthieu | 03/10/2011

Le Gripen NG est aussi trop risqué au niveau politique: LE PDC Darbellay, n'avait-il pas fait du foin au sujet du hélico EC-635 en arguant qu'il n'existait "que sur le papier"? Alors, imaginez des jets sophistiqués à plusieurs milliards.

Écrit par : Jan Imhof | 03/10/2011

il suffit que l'Eurofigther team décide de casser les prix (histoire d'avoir un contrat export prestigieux) et d'un seul coup l'issue de la compétition serait bien moins évident...

bref, wait & see!

Écrit par : bam | 03/10/2011

Oui bin, il ne suffira pas à EADS de casser le prix de l'Eurofighter car la maintenanc et celui-ci est encore trop onéreuse ! par contre il tout a fait possible que DAssault avec l'aide du gouvernement fassent une offre basse, car il est primordial de ventre le Rafale.

Écrit par : Serena | 04/10/2011

@Matthieu

"Combien de fois le Rafale a-t-il été donné gagnant avant de se faire damer le pion ?"

Deux fois, en Corée du Sud et au Maroc. Le premier cas est le plus douloureux car le Rafale avait clairement remporté les évaluations techniques et offsets. Mais il n'y a pas de quoi pleurer, il reste en course et bien placé au Brésil, en Inde, aux EAU, au Koweit, au Qatar et donc en Suisse. Les plus optimistes ajouteront également la Royal Navy... Le politique commerciale des US n'est pas moins agressive, c'est la politique commerciale de la France qui l'est (re)devenue. Sous Chirac, les ventes d'armement n'ont pas reçu de soutien politique et cela s'est ressenti. Je ne sais pas si cela suffira à vendre le Rafale (crise financière oblige) mais au moins la France s'en donne les moyens.

Il est interessant de noter que depuis que les retro-commissions ont été interdites en France au début des années 2000, Dassault n'a plus exporté le moindre avion de chasse. Les anglais, les allemands et les américains ont refusé d'interdire ces pratiques sur le fondement de l'interêt national, on comprend pourquoi.

Pour ce qui est de la Suisse, la décision sera comme partout très politique. Mais il est interessant de noter qu'en ce qui concerne les aspects techniques, ici comme ailleurs, le Rafale a fait mieux que ses deux concurrents européens, le Typhoon et le Gripen.

On peut donc être raisonnablement optimiste.

Écrit par : kelesis | 04/10/2011

La France à tout intérêt à mettre les bouchées doubles en Suisse, car la vente du Rafale au Koweit, Quatar est très compromise, le Brésil n’a plus de sous et les EAU traînent dangereusement le dossier quant à l’Inde certain y pensent que l’Eurofighter est favori … ! Une vente en Suisse pourrait toute fois faire débloquer le dossier ailleurs, là ou reste encore quelques places

Écrit par : Serge | 04/10/2011

"les EAU traînent dangereusement le dossier"

la vente aux EAU ne traine pas, bien au contraire. les négociations ont accéléré subitement au mois d'août. les émiratis ont revus leurs exigences à la baisse suite à la démonstration du Rafale en Libye (entre autre ils ont abandonné l'idée d'un réacteur plus puissant). ils ont demandé à Dassaut une offre commerciale définitive le mois dernier, et de nombreux bruits de couloirs laissent transparaitre la possibilité d'une annonce au prochain Dubai Air Show en novembre... bref, même s'il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué, on est dans la toute dernière ligne droite et je dirais même qu'on a 99% de chances de vendre le Rafale aux EAU.

une première vente export serait un signal positif et un gage de crédibilité pour les contrats en Inde, Suisse et ailleurs. à n'en pas douter les très bons résultats obtenus par le Rafale en Libye ont fait parler. les officiels émiratis ont reconnus eux mêmes avoir été fortement impressionnés, alors que le Typhoon lui n'a quasiment rien montré de ses capacités (il n'a assuré que des missions de patrouille air-air, et en air-sol n'a été capable de ne larguer qu'un nombre symbolique de bombes à guidage laser, et encore seulement avec l'aide de Tornados qui lui désignaient la cible). le ministère de la défense et la cour des comptes britanniques reconnaissent eux mêmes que le Typhoon ne sera pleinement opérationnel (c-à-d aura les mêmes capacités que le Rafale à déjà aujourd'hui) qu'en... 2018. au mieux.

on peut mener toutes les compétitions du monde, palabrer pendant des mois et s'entre-déchirer à coup d'arguments commerciaux, c'est au final toujours sur le terrain qu'un appareil prouve sa valeur. et sur ce point le Rafale a une avance incomparable par rapport au Typhoon et au Gripen, qui ont encore tout à prouver. c'est certes triste de voir que la Libye a été sur ce point un théâtre de demonstration à but commercial (après tout la guerre reste la guerre, et comme disait Louis XV "le sang des ennemis est toujours le sang des hommes"), mais les faits sont là.

Écrit par : Nöd | 04/10/2011

Kelesis,

Pas seulement la Corée du Nord et le Maroc : et Singapour ? et les Pays-Bas ? (Je rappelle au passage que les autorités bataves ont donné le F-35 gagnant à 6,97/10 contre... 6,95 pour le Rafale ! Et c'était à l'époque où le JSF était à 60 petits millions de dollars pièce !) Et je dirais que pour le Brésil ça commence à sentir un peu le caramel.

Mais je suis d'accord avec le terme "raisonnablement optimiste". Et puis c'est bon pour le moral !


Nöd,

N'exagérons rien, la Libye ce n'était pas non plus la mer des Philippines en 44... On savait avant la Libye que le Rafale était un meilleur bombardier que le Typhoon qui a été conçu et optimisé pour la supériorité aérienne. D'ailleurs les Tornado britanniques se sont très bien débrouillés en air-sol, mais on n'en parle pas, parce que cet aéronef fait un peu trop partie du passé pour déchaîner les passions...

Écrit par : Matthieu | 04/10/2011

Corée du Sud,Matthieu, si je peux me permettre !":-)

Écrit par : Steeve | 05/10/2011

Houla oui, au temps pour moi, j'aurais dû me relire !

Écrit par : Matthieu | 05/10/2011

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