17/05/2010

Avion de combat les enjeux économiques :

 

 

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Le programme de remplacement partiel de la flotte de F-5 (TTE) semble actuellement suspendu à la décision finale du Conseil Fédéral, qui pourraient tomber avant la fin de l’année. Deux options sont possibles, confirmation de l’achat dans les deux prochaines années ou report de l’acquisition et donc du choix d’ici 2015. Ce qui, dans cette configuration ne permettrait plus de parler de remplacement des F-5, mais bien de la préparation au départ progressif des F/A-18 d’ici 2025 ! Quoi qu’il en soit, voici le dernier volet de cette saga typiquement helvétique, consacrée aux enjeux économiques de ce futur contrat.

Avion de combat : un  moteur économique :

Si par le passé, le principe des compensations étaient de mise, cette fois-ci il s’agit de mettre en place un véritable partenariat industriel avec le constructeur et les nombreux équipementiers de l’avion choisit. De ce fait, les trois constructeurs ont dû étoffer leurs offres    d’un dossier complet à ce sujet et entreprendre, un travail de tissage de liens avec les divers industriels suisses. Car en effet, si la Confédération n’injectera pas directement le montant de la facture (probablement sensiblement supérieur aux 2,2 milliard) dans le secteur privé, les programmes visant le développement de l’avion ainsi que l’ensemble des possibilités offertes en parallèle dans le domaine de l’aéronautique seront largement supérieur à la facture. En effet, les montants garantit par les trois constructeurs sont très supérieurs, soit de 4,5 à 8 milliards !

En période de récession, ce marché important fait souffler un vent d’espoir sur l’industrie suisse, notamment aux PME de Suisse romande et du Tessin. Il est important de rappeler qu’il n’y aura pas de nouvel avion «Helvétisé», comme ce fut le cas pour le F/A-18. Le modèle qui sera retenu existera déjà et sera livré au niveau du standard technique le plus élevé et le même que  fournit  au pays constructeur.

C’est dans le domaine des participations industrielles indirectes que se situe l’enjeu. En effet, le cahier des charges transmis par Armasuisse aux trois avionneurs en lice (EADS, Gripen et Rafale) comprend une part de commandes de 45% devant être confiée à des entreprises de Suisse romande, le reste avec  la Suisse allemande  !

Un transfert technologique à haute valeur ajoutée :  matières métalliques, machines et mécaniques, électronique et électromécanique, optique, horlogerie (pour l’usinage de pièces non destinées aux montres, exemple), véhicules/ camions et chemin de fer, gomme et plastique, chimie et, cela va de soi, aéronautique.

De la recherche fondamentale à la production industrielle, on touche ici un vaste éventail de domaines: mécanique de précision, aérodynamique, simulations, robotique, électronique et optique, équipements industriels, machines-outils, automatismes, logiciels, composants spéciaux, etc. Ce programme permet d'utiliser le savoir-faire suisse afin de faire participer son industrie directement à la production, au soutien et aux développements futurs de l’avion choisit.

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Déjà des exemples concrets :

Les trois constructeurs ne livrent donc pas seulement une bataille aérienne, mais également en matière de partenariat commercial. Prenons par exemple, le cas de Dassault :  des accords de partenariat ont été signés avec les acteurs majeurs de l'aéronautique en Suisse (RUAG, PILATUS), mais aussi avec d'autres sociétés (PRECICAST, MECAPLEX, CONDOR, JEAN GALLAY, SAUTER BACHMANN ...), qui sont impliquées dès à présent dans les programmes du Rafale et de la gamme de jet privé  Falcon, ainsi que dans les programmes de moteurs d'avions et d'hélicoptères.

Ces perspectives s'adressent également aux acteurs incontournables du processus d'innovation qui se situent en amont de la phase d'industrialisation, à savoir : les instituts suisses de recherche comme l'ETH Zurich, l'EPF Lausanne. L'approche proposée contribue à renforcer le "Pôle d'Excellence Aéronautique", réseau d'entreprises industrielles et des centres de recherche franco-suisse, mis en place par les sociétés Dassault Aviation, Thales et Snecma.

 

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300 sociétés suisses concernées :

Au total, c’est plus de 300 sociétés suisses qui sont directement concernées par les programmes industriels qui découleront directement de l’achat de l’avion de combat. Sans oublier que chaque brevet pourra ensuite être utilisé dans d’autre programme aéronautique et spatial. On pense par exemple à des systèmes développés qui pourront ensuite trouver acquéreur chez d’autres constructeurs d’avions, sans oublier que des solutions trouveront également des débouchés dans l’automobile, les trains, la médecine et l’informatique de tous les jours. Notre pays a perdu beaucoup de places de travail dans les secteurs industriels comme le textile et la métallurgie, par contre les domaines de hautes technologies drainées par le développement de l’aéronautique et spatial dans notre pays sont en pleine expansion, ce projet donnera un sérieux coup-de-pouce pour l’avenir dans ce secteur très prometteur.

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Liens sur le nouvel avion de combat :

http://psk.blog.24heures.ch/archive/2010/01/25/gripen-pou...

http://psk.blog.24heures.ch/archive/2009/10/26/avions-de-...

http://psk.blog.24heures.ch/archive/2009/11/07/nouvel-avi...

http://psk.blog.24heures.ch/archive/2009/06/01/nac-remise...

http://psk.blog.24heures.ch/archive/2009/04/20/nac-second...

http://psk.blog.24heures.ch/archive/2008/10/20/nac-les-es...

http://psk.blog.24heures.ch/archive/2008/08/05/essais-du-...

 

Photos : 1 Les deux concurrents favoris (Gripen E/F, Rafale F3+) ici avec les couleurs suisses 2 Montage d’un Gripen 3 Carte des entreprises concernées 4 Travail sur  un réacteur.

 

12:47 Écrit par Pascal dans aviation | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : nouvel avion de combat, programme tte |  Facebook | |

Commentaires

Ah !AH! On semble se diriger vers un duo ? L'Eurofighter semble largué ! (lecture entre les lignes) ! Quoi qu'il en soit ce programme se doit d'être une réussite du point de vue de la coopération industrielle, le constructeur qui remportera l amise et la Suisse seront gagnant ! Alors un Gripen E/F sensiblement moins chèr mais avec également moins de partenariat ou un Rafale un plus couteux mais avec plus de possibilités industrielles ??? Le CF va-t-il la jouer modeste ou plus ambitieux ?

Écrit par : Steeve | 17/05/2010

oui je pense aussi que le choix va ca faire sur 2 sortes d'avions

encore merci Pascal pour votre site et des blogs tj renouvelé et fort sympas ...

depuis le début de l'année on part avec plein de flou et on voit que le CF est en pleine réflexion ???

soit on achète maintenant les 22 avions et dans 15 ans nos F18 souffleront leurs 30 bougies donc faudra repartir sur une étude pour de nv avions qui remplaceront nos F18
ou
on achète les 22 avions maintenant et lors du remplacement des F18 on achète un nv lots d'avions idem qui sera choisit ces prochains jours
ou
on attend 5 ans et on planifie un budget gigantesque pour un remplacement total des tigers et F18 avec un début de livraison des nv avions d'ici 5 à 10 ans avec un retrait progressif des anciens avions

un avion moderne et unique pour notre aviation d'ici 15-20 ans avec une flotte de 50 à 60 avions moderne

Écrit par : michel | 17/05/2010

L'aspect économique est probablement ce qui pourrait faire avancer le dossier, un partenariat économique est bon pour notre pays, son industrie, ses emplois ! De plus, sur la question purement militaire un certain nombre de gens par trop profane en la matière ni comprennent rien alors que si l'on propose un paquet économique tout le monde comprendra.

Écrit par : Liv | 17/05/2010

Très juste Liv!
À mon avis aussi, si l'armée veut faire passer l'achat de ces avions, il va falloir faire vibrer la fibre économique, surtout après que M.Maurer ait fait certaines déclarations concernant les priorités de l'armée suisse (même s'il ne remet pas en cause une aviation militaire)...

Par contre, pour nos décideurs, j'ai trouvé ce matin un article qui pourrait les faire réfléchir, pour autant qu'ils aient encore des doutes:
http://www.janes.com/news/defence/air/jdw/jdw100517_1_n.shtml

Dans l'article, il est sujet de l'achat de nouveaux avions de combat par la Roumanie qui voudrait remplacer ses MiG-21.
Jusque là, les USA ont proposés 24 F-16 A/B de secondes mains pour 1,3Mia de Dollards. SAAB a proposé pour le même prix (soit env. 1Mia d'Euros) 24 Gripen C/D...
Et maintenant c'est l'Italie qui propose de lâcher 24 Eurofighter de secondes mains pour le même prix!
Après la Grande-Bretagne qui refile des Typhoons (48 avions neufs qui leurs étaient destinés) à l'Arabie Saoudite; l'Allemagne qui revend 15 Eurofighter de la première tranche à l'Autriche (qui a du mal à trouver le budget pour les faire voler), maintenant c'est au tour de l'Italie...
À quand l'Espagne?

Euh... vous trouvez pas que ça sent pas forcément très bon pour l'Eurofighter, si tout le monde essaye de s'en débarrasser? On savait que c'était l'avion le plus cher et que EADS avait les propositions de partenariat la plus importante (8mia de SFr)... mais si les pays constructeurs essayent de le refiler comme ça, c'est qu'il doit bien y avoir un hic quelque part... Et qui n'est certainement pas dû à la qualité de l'avion, bien bien de son prix de revient, non?

Écrit par : Jo-ailes | 18/05/2010

Je note de similitudes entre la Suisse et le Brésil : le Gripen E/F et le Rafale sont visiblement les mieux placés, le prix et les transferts de technologie jouent un rôle prioritaire, le prix et la politique comme arbitres !

Il me semble tout de même que le partenariat demandé par la Suisse semble plus important et permettra une meilleurs collaboration à long terme.

Écrit par : Stéphane | 18/05/2010

l'eurofighter est un bel avion mais a un prix aussi et cet avion ne dépassera jamais le stade de mises à jours importante (en général) car faut pas oublier que déjà son prix pour un eurofighter de base sans équipement est de + 75 millions et qu'au niveau de l'entretient cet une catastrophe.

il y avait déjà eut un article là-dessus et ca met un grand voile sur l'eurofighter sur sa survi pour l'avenir ... les futur chients devront avoir un bon compte en banque pour l'utiliser pendant toute sa vie d'utilisation et de + il avait été étudier contre un adversaire lors de la guerre froide et comme tout a changé , il a fallut a EADS retourné la situation pour son avion.

on voit bien bien que soit le rafale ou gripen avoir mis le turbo face à l'eurofighter

un eurofighter très gros et aucune possibilité d'aterrir sur un porte-avion et limité que pour la police des airs et très mal côté attaque au sol , prix exorbitant , entretient on en parle même pas ... donc désolé pour ses fans mais zou à la poubelle.

un rafale qui aura plus de chance dans un futur proche car son prix plus acceptable pour une armée qui veut un avion a tout faire, attaque au sol, police aériennne, maritime, seul point négatif son armement 100% francais.

un gripen qui tout le monde lui piqué les fesses à cause d'un réacteur et bien saab a très bien réagit avec sa version NG et E/F qui seront opérationnel tout bientôt, un armement divers selon choix du acquéreur, entretient bas, quoi dire de plus est qu'il va faire un tabas je pense dans le futur car il y aura de moins en moins de gros avions sauf ceux qui ont un gros porte-monnaie.

dans le futur on verrau aussi des constructeur revenir avec des avions plus petit du style du T50 http://asiadefence.files.wordpress.com/2009/02/air_t-50_side_left_lg.jpg

Écrit par : michel | 18/05/2010

Une question naïve : pourquoi le Gripen est-il si bon marché à l'entretien?

Ok il y a un réacteur au lieu de deux. Soit. Mais est-ce que les coûts d'entretien des réacteurs sont si dominants?

Les coûts ne sont-ils pas plutôt liés à l'entretien de tous les systèmes hydrauliques, informatique, structure, stockage des armes qui sont a priori similaires?

Les coûts me semble aussi plus liés aux mises à jours logiciel / radar, etc tout au long de la vie?

Alors pourquoi dit-on que le Gripen est/sera tellement moins cher?

Écrit par : pascal (l'ing) | 18/05/2010

Michel, le Rafale n'est pas limité à des munitions françaises : il y a les GBU-12 américains (je crois qu'il est également prévu de qualifier les GBU-24), le SCALP qui est plus britannique que français si je me souviens bien, et le Meteor qui est carrément multinational. Mais c'est vrai que le choix est assez restreint dans l'absolu.

Je suis d'accord quant au meilleur positionnement global du Gripen sur le marché international : je pense que c'est lui le véritable héritier du Mirage 2000, ni trop haut-de-gamme, ni obsolète. Bref, probablement plus en phase avec le monde d'aujourd'hui où la lutte contre le terrorisme tend à remplacer les guerres entre états (transfert de conflits de 3e génération vers des conflits de 4e génération).

Écrit par : Matthieu | 19/05/2010

vous avez raison Matthieu pour le scalp , il y a plusieurs pays au développement comme:

MBDA est la première société européenne de missiles et systèmes de missiles.

Actionnaires : EADS, BAE Système et Finmeccanica.

Elle dispose de structures dans les centres d’essais du Sud-Ouest pour préparer les essais et les prototypes et travaille sur les programmes suivants :
•Internationaux : ASTER (anti-aérien), Scalp/EG (missile de croisière AIR/SOL).
•Nationaux : ASMP, Apache (anti-pistes), Mica (air/air), Mistral (sol/air courte portée).

les GBU sont plus des bombes volante amélioré que des missiles et sont guidé par laser soit par l'avion mais aussi possibilité a être guidé par des troupes au sol si me trompe pas et a nature du reste de la charge est classifiée, mais est soupçonnée d’être principalement constituée d’uranium appauvri mais rien de formel là-dessus

GBU-12 Mise en service : 1976
Poids : 363 kg
Longueur : 327,66 cm
Diamètre : 45,72 cm
Charge : Mk-82 87 kg
Rayon d'action : 12,8 km
Précision : 9 m


GBU-24 Mise en service : 1987
Poids : 1162 kg
Longueur : 436,88 cm
Diamètre : 71,12 cm
Charge : Mk-84 de 429 kg
Rayon d'action : 12,8 km
Précision : 1 m

Écrit par : michel | 19/05/2010

petite recherche sur le météor

Le METEOR (BVRAAM) est un missile air-air longue portée. Ce missile est en cours de développement conjoint entre la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne et la Suède. Il sera doté d'une zone de non échappatoire nettement supérieure à celle des missiles de même gamme actuellement en service (2004) (Environ trois fois supérieure aux missiles actuellement en service). Il correspond a un besoin de missiles à longue portée pour assurer la suprématie aérienne. À terme, il équipera le Rafale, l'Eurofighter Typhoon et le Gripen. La sortie d'usine du premier missile de série est prévue pour 2012 et les livraisons (au Royaume-Uni) aux alentours de 2014. Il sera propulsé par un statoréacteur et guidé par radar. Il pèsera 185 kg pour une longueur de 3,657 m et son autodirecteur est pratiquement identique à celui du MICA NT

Écrit par : michel | 19/05/2010

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