18/01/2010

Brésil & Inde : SAAB propose le SEA Gripen !

 

 

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Engagé dans la phase primaire d’un nouvel avion de combat pour le Brésil et l’Inde, le constructeur Suédois se profile déjà pour la suite, fournir un avion pour l’aéronavale de ces deux pays. La navalisation du Gripen NG est en préparation avec le SEA Gripen !


La surprise de SAAB :

Les informations des constructeurs sur l’enveloppe proposée à chaque client potentiels restent très confidentielles, on le voit notamment en Suisse. Si dans certains pays les constructeurs se livrent  une bataille médiatique via des sociétés de communication dans la presse locale, celle-ci n’en est en fait qu’une guerre psychologique dont il faut se méfier!

Depuis quelques jours, une information a été confirmée par SAAB sur la possibilité de navaliser sont Gripen NG en vue d’équiper les marines brésiliennes et indiennes. Actuellement, le Gripen NG (voir lien) est proposé à ces deux pays pour équiper leurs Forces aériennes, mais ces deux pays cherchent également un avion pour leur porte-avions.

SAAB avait dans son offre une petite surprise : le SEA Gripen !

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Projet SEA Gripen :

L’idée d’une version navale du Gripen existe depuis le milieu des années nonante, mais tant l’aviation suédoise que les premiers clients de l’avion n’ayant pas un tel besoin, le projet est resté en sommeil. L’entrée en compétition pour le Brésil et l’Inde à donc simplement réveiller le projet !

Le but est simple, fournir un avion moderne omnirole avec un prix raisonnable dont la taille permet une intégration facile dans un porte-avions de petites dimensions ! Ce qui est le cas pour ces deux clients, le Brésil ayant racheté le bon vieux «Foch» aujourd’hui baptisé «Sao Paulo» et l’Inde ayant opté pour un navire neuf, mais de taille limitée.

Le SEA Gripen répondra en terme de CATOBAR (Catapult Assisted Take Off Arrested Recovery), ainsi que STOBAR (Short Take Off Arrested Recovery) avec cependant une sensible différence de masse au décollage MTOW (Maximum Take-Off Weight). Dans une conception CATOBAR, le SEA Gripen aura une masse maximale au décollage de 16,500 kg et une masse maximale à l'atterrissage de 11,500 kilogrammes. Dans une conception STOBAR elle dépend de la physique du transporteur. En gros, la charge de carburant et d'armes dans les opérations STOBAR sera un tiers de moins que la charge utile dans les opérations de CATOBAR.

Pour ce faire, SAAB n’a pas eu à faire de grandes modifications sur le Gripen NG, car celui-ci reprend les capacités de décollage court optimisés sur la version Gripen C/D utilisable sur les autoroutes. La vitesse d’atterrissage et naturellement basse et l’avion permet déjà une descente en contrôle avec une forte pente (précision-glide). Les Gripen ayant une cellule à la base renforcée, aucune modification ne sera nécessaire. Toujours selon SAAB, les Gripen sont optimisés pour une maintenance facilitée notamment pour des soldats de milices (ravitaillement et ré-équipement en 10 minutes), le SEA Gripen sera donc parfaitement intégrable en milieu clos qu’offre un navire.

Alors, que tous les capteurs, avionique et armes ainsi que le moteur Volvo/GE 414 du Gripen NG sera proposé dans la variante de la marine, le Gripen mer, disposera d’un nouveau châssis de train d’atterrissage et d’un crochet d’arrêt. L’envergure étant petite, il n’y aura pas besoin de le doter d’ailes repliables.

Le Gripen mer sera environ 400 kg plus lourd que le Gripen NG, avec une cellule dont le poids atteindra  à vide entre 7500-8000 kg. 

L’industrie brésilienne déjà sur le Gripen:

Bien que rien ne soit encore acquis, SAAB tient ici une sérieuse option, au Brésil (voir lien)

des entreprises participent déjà au développement du Gripen NG et donc de la version navale de celui-ci. Une option sérieuse donc pour la vente de l’avion à ce pays. Par ailleurs, les concurrents pensaient à torts être les seuls à pouvoir se positionner pour la marine (Rafale & Super Hornet) hors voilà que le Gripen se pose également en concurrent. Certes, cette version ne vole pas encore, mais le Gripen NG, lui oui ! De plus, le constructeur suédois dispose d’un peu de temps devant lui, puisque l’achat par le Brésil et l’Inde d’un avion navaliser ne se fera pas dans l’immédiat !

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Liens sur l’achat d’avion de combat au Brésil & Inde ( re-lire ou à découvrir !) :

http://psk.blog.24heures.ch/archive/2009/09/28/partenaria...

http://psk.blog.24heures.ch/archive/2009/08/19/l-inde-va-...

http://psk.blog.24heures.ch/archive/2009/06/15/le-bresil-...


Photos : Images de synthèse du SEA Gripen. @ SAAB - Gripen

 

Commentaires

Bien que discret, ces Suédois sont remarquables ! Ils savent s’adapter à chaque marché !

Écrit par : Adrien F. | 19/01/2010

Très intéressant, en effet, et une fois de plus on peut constater la très large panoplie de missiles offertes sur l'ensemble de la gamme Gripen ! Ici l'Iris-T allemand, l'AMRAAM US, le METEOR européen, et le Kormoran suède. Et j'entrevois également un OFS ! Rien à envier à ses concurrents !

Écrit par : Eric | 19/01/2010

@ Adrien :
Oui, belle "resource" de Saab que voilà !!

@ Eric :
Très intéressant, oui ! Mais attention : tout beau et bien équipé soit-il, celà ne reste qu'une hypothèse en papier pour le moment ... Wait en "sea" !!
Je cite l'article de Pascal :
"...//... Dans une conception CATOBAR, le SEA Gripen aura une masse maximale au décollage de 16,500 kg et une masse maximale à l'atterrissage de 11,500 kilogrammes. ...//..."
C'est ok, mais "short" pour le "Sao Paulo" (Foch = catapultes actuelles), et quelles seraient les config d'emport possibles pour cette masse critique ? Tout celà n'est que l'avant propos d'un très gros volume dont on ne connait pas encore l'encre qui pourrait écrire l'épilogue, s'il existe un jour ...
Vu qu'il existe tout de même des avions en développement actuel, en essai ou existant sur le créneau, il faut (oui !) que les prospects projettent le besoin et l'acquisision à plutôt longs termes et finance en bonne partie le projet !

Ou alors :
Dans le cas du Brésil, cette proposition (Sea Gripen) peut évidemment séduire ... Mais ce serai alors (peut-être) le prix à payer par Saab pour l'emporter sur le marché FX actuel ... Transfert de tech sans contrainte à un % jamais égalé, industrialisation quasi intégrale sur zone par Embraer (et/ou Inde (?!), prise de participation (conséquente ?) dans Saab, possiblité de re-commercialisation débridée etc ...
Bref, je vois là qu'un moyen (beau tout de même) de peut-être rafler le marché FX et d'assurer la survie de Saab, en ajoutant à l'offre initiale, un très bel avion, "en papier" tout de même ... Donc peut-être aucun profit pour Saab autre que le devenir, sur l'ensemble possible d'un possible deal "pack" ...

Quand au Gripen NG, je suis désolé (veuillez me contredire au besoin), mais il n'existe également que sur le papier, il me semble ... Le NG "démo" n'est pas le "NG" dont-il n'existe (je crois) encore aucun prototype à ce jour !!! Donc pas encore volé ! Il existe quelques systèmes embarqués sur le "NG démo", mais pas tous, et pas dans un ensemble homogène, fonctionnel et validé ... Même si l'enveloppe actuelle y ressemble (et pour cause), ce n'est qu'une enveloppe commune ! Il reste encore à Saab du chemin ... Mais bon, celà n'empêche en rien les contrats de se signer, il suffit pour celà de voir l'histoire commerciale du F35 pour s'en convaincre !

Pour conclure, je dirais qu'il y a un certain panache, de la part de Saab ...

Écrit par : Joël | 19/01/2010

Eric je pense au contraire que le NG est faussement appelé "demo" d'abord parce qu'il vole depuis plus d'une année, et l'ensemble des systèmes ne sont plus en phase de développement mais bien en phase de calibration sur l'appareil, le fait qu'il y a plus d'une année SAAB ne se fournissent plus au USA (Raytheon) pour son radar AESA mais en europe chez SelexGalileo montre l'avancée du projet, la calibration de l'armement est déjà en préparation sur le NG qui de ce fait sera livrable avec une panoplie complète validée avec les logiciels !

Par ailleurs, SAAB a parfaitement comprit que travailler avec d'autres pays et partager la fabrication permettra non seulement de vendre l'avion mais d'en réduire les coûts de modernisation à moyen terme, ce qui manque malheureusement avec le Rafale..pour l'instant!

Écrit par : Eric | 19/01/2010

Le Grippen a-t'il déjà un OSF?
C'est un équipement qui me semble amener un avantage considérable du point de vue tactique (discrétion, identification à distance...)

Écrit par : pascal (l'ing) | 19/01/2010

Navaliser un chasseur n'est pas une chose si simple...!
Effet d'annonce ou vraie volonté, là est la question.

Écrit par : syntax | 19/01/2010

SAAB Bofors Dynamic a développé l’IRST (Infra Red Search and Track), dans sa version définitive, ce système, de type OFS se nomme IR-OTIS (Infra Red- Tracking and Identification System). Il équipera d’origine la version NG et en rattrapage les Gripen C/D, Il est proposé de série sur la version Suisse.

La navalisation d’un appareil pose en effet certaines difficultés, au niveau de la cellule tant du point de vue de la résistance que de la protection à la corrosion saline. L’un des avantages comme je l’écrit dans l’article tient du fait que le Gripen est d’origine optimisé pour être utilisé sur piste courte dont l’approche demande un forte pente et de ce fait un atterrissage « brutal » (autoroute, aérodromes de dégagement de montagne). De ce fait, la cellule est déjà renforcée, reste à modifier le train d’atterrissage notamment le renfort hydraulique.

Écrit par : Pascal Kümmerling | 20/01/2010

bah juste un coup de marketing pour tenter d'inverser la décision au Brésil mais malheureusement pour le Gripen NG , je crois que les carottes sont cuites; la-bas la décision finale balance entre le Rafale si Dassault baisse son prix final ou un ajournement du programme compte-tenu des élections présidentielles à venir ...

http://www.estadao.com.br/estadaodehoje/20100109/not_imp492973,0.php

Écrit par : Dan | 20/01/2010

Nos amis français seraient-ils stressés par cette nouvelle ? Visiblement oui ! Si la Suède propose également une version navale du Gripen, c’est pour répondre à un futur appel d’offre qui concernera la marine de ce pays. Mais il est évident que la France se voyait déjà en bonne place puis que le Rafale existe dans les deux versions, tout comme le Super Hornet d’ailleurs qui lui a l’avantage d’être totalement polyvalent (même version air force/marine)

Nos amis de France se voyaient un peu vite les gagnants de cette compétition tout comme avec le Maroc d’ailleurs… ! Mais voilà, l’industrie brésilienne collaborent avec la Suède sur le Gripen, les militaires préfèrent également cet avion ! Sauf peut-être le Président Lula ! Mais une chose me semble claire : le choix n’est pas encore fait, la concurrence fait rage !

Écrit par : Peeter DeRuybeck | 20/01/2010

Nos amis suédois sont optimistes et il faut l'être effectivement ;-)
La navalisation ne se résume pas à un taux de descente et des capacités de décollage court. En STOBAR, l'intérêt militaire de la machine semble un peu limité. Et ce n'est pas l'appontage qui est forcément le plus contraignant pour la cellule. En CATOBAR; le choc engendré par la rupture du holdback secoue bien plus au moment du catapultage. Les campagnes d'essais à Patuxent River et Lakehurst faites par Dassault ont donné lieu à des évolutions non négligeables (4 campagnes sur 3 ans). Voir aussi les évolution entre les nez du rafale A et de la version actuelle. Il faut bien que les pilotes voient les brins. Donc dire qu'il n'y aura pas beaucoup de modifications c'est vraiment très très optimiste. Sans parler de la nécessaire requalification des équipements...Je n'ai aucun doute sur la compétence des ingénieurs suédois mais il faudra sans doute y passer un peu plus de temps. Et le temps c'est de l'argent...

Écrit par : showogo | 20/01/2010

En tant qu'ingénieur je rejoint tout à fait Showogo. C'est pas si simple!

Écrit par : pascal (l'ing) | 21/01/2010

Extrait d'un article de presse (Suite à l'éventuelle vente de Rafale à la Lybie)
"Reste une zone d'ombre sur ce marché. La vente de l'avion multirôle français est soumise, en partie, à l'autorisation des Etats-Unis, comme l'a confirmé le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, ce matin sur Europe 1. Des composants électroniques - les "chips" - américains équipent en effet le fleuron technologique de Dassault. Les Etats-Unis peuvent-ils s'opposer à ce contrat? "Théoriquement, oui", admet Charles Edelstenne de la Société Dassault"
Sacrés français. Ils vantent partout leur merveilleux avion. (Qui est, en fait, simplement un bon avion) Ils veulent vendre à un terroriste. Et ils doivent demander l'autorisation de le faire.

Écrit par : konifl | 23/01/2010

L'Eurofighter Typhoon est "en tête" de la compétition portant sur un contrat de fourniture de 126 avions de combat lancé par le gouvernement indien, annonce l'ambassadeur d'Inde en Italie. Le montant de ce contrat est estimé à 10,4 milliards de dollars.

Écrit par : konifl | 23/01/2010

Mon cher Hervé, ne le répétez surtout pas, il y a des composants suisse dans le rafale ;-)
Concernant le colonel K, ces sont les USA et la GB qui lui ont donné son certificat de respectabilité. T Blair s'est précipité à Tripoli pour tenter de vendre l'eurofighter en même temps qu'il annonçait un contrat pour Shell.
Pour en revenir au sujet:  « l'Inde et la Russie préparent un contrat sur la livraison d'un nouveau lot de 29 chasseurs embarqués MIG 29 K et KUB »
http://fr.rian.ru/defense/20100119/185872312.html
Bien qu'il faille se méfier de ce genre d'article, cela ferait un client potentiel en moins pour le Sea Gripen en cas de confirmation.

Écrit par : showogo | 23/01/2010

Eh oui ! nous y voilà ! Il ne se passe pas une semaine sans une contre information dans ce pays ! Un jour se sont les russes, le lendemains les européens.. et un si de suite ! Désinformation et guerre psychologique! Le vrai problème avec l'Inde et un peu avec le Brésil c'est que ces deux pays sont susceptible de corruption tout azimut ! Comment se fait-il que des responsables politiques puissent comme cela annoncer tels ou tels affirmations ? Cela sent l'intox à plein nez !
Je suis content d'une chose, c'est qu'ici en Suisse, la compétition reste cloisonnée de façon à ce que toutes informations soit sous contrôle sinon rien ! Les diverses commissions de sécurités veilles au bon grain, certes pas d'infos, mais surtout pas d'intox et pas de corruption !

Écrit par : Steeve | 23/01/2010

Ca s'appelle du business, tous les coups sont permis. Même si sa Majesté Nicolas 1er confond les rôles et fait foirer les ventes à coup d'annonces censées le faire remonter dans les sondages...
PS: Konifl, vous ne lassez pas seulement les français qui lisent ce forum, français que vous mettez dans le même sac que leur président...

Écrit par : john | 24/01/2010

Bonjour,

Pour revenir au "Sea Gripen", je pense en effet qu'on est plus proche de l'effet d'annonce médiatique, qu'à une vraie possibilité technique (La je sens que en tant que français je vais en prendre pour mon grade... :-)).

L'inde et le Brésil ont une grande ambition politique, qu'ils veulent accompagner d'une grande ambition pour leur marine, à savoir maîtriser une composante aéroportée. C'est d'une complexité incroyabe de vouloir faire décoller et atterrir des avions sur bateau, si bien que peu de marines le maîtrise. Ca prend beaucoup de temps (et de budget) avant d'avoir un porte avion operationnel et efficace. D'après moi lorsque l'on est débutant dans un domaine aussi complexe, on ne s'appuie pas sur un industriel débutant (SAAB), ça n'a pas de sens. Cette annonce vise à corriger ce qui est peut-être le plus gros défaut du Gripen, à savoir n'être pas encore navalisé.

Pour info : l'Inde s'oriente vers la solution STOBAR et le Brésil vers la solution CATOBAR. J'magine l'Inde continuer à opter pour des MIG et le Brésil faire le choix entre le F-18 et le Rafale M (suspens...) qui sont les deux seules machines éprouvées en CATOBAR.

De plus les premiers essais de Rafale M ont été réalisés à partir du Foch, bâtiment maintenant propriété de la marine brésilienne (CQFD).

Bonne soirée et merci pour ces débats instructifs.

Écrit par : Antinéa | 05/02/2010

Dans cette guerre commerciale tout est bon pour faire parler de son coucou...
SAAB comme les autres...Maintenant faut choisir l'appareil qui pourra défendre son espace aérien efficacement pendant 30 ans face a une menace réelle ou supposée.
En cas de guerre moderne la prévision de durée de vie d'un chasseur face a un ennemi équivalent en nombre et puissance n'est que de quelques heures !!! alors les options de survies sont faibles...face aux Libyens ou Iraniens (mig29) peut être plus mais avec les Russes et leurs Mig35, SU35 ou T50 ( l'équivalent au F22 )ou leurs clones Chinois ca sera de très très compliqué voir tragique.

Donc la performance a abattre ses cibles le premier est primordial et le petit "plus" qui donne la victoire se paye parfois très cher.

La Suisse vu son théâtre d'opération pourrait se contenter rationnellement du petit SAAB (l'Autriche l'a acheté) avec en prime une bonne DCA missile améliorée. Le Rafale et le F18 sont plus performants dans bcp de domaines (capa d'emport, guidages de bombes lourdes, rayons d'action, nouveaux détecteurs et radars ...) mais sont ils vraiment utiles pour nos amis Helvètes ? pas sur ?

La Chine développe ses chasseurs légers comme l'Inde et bientôt le Brésil avec Dassault (qui est deja actionnaire d'Embraer) Donc SAAB sur ce créneau des "petits budgets" doit jouer son va tout pour survivre dans les 10 ans qui viennent. Après se sera encore plus dur tout seul !

Écrit par : 0fred | 19/02/2010

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