18.05.2009
Airbus, sortie de crise en 2010 ?
![media_object_image_highres_A380_QFA_inflight_hr[1].jpg](http://psk.blog.24heures.ch/media/00/01/1617637432.jpg)
L'avionneur européen, qui table sur une sensible réduction des livraisons de l’A380 et réduit la cadence de production des A320 pour 2009-2010, parie sur un retour de la croissance du transport aérien dès l'année prochaine déjà et avec un net rebond en 2011. L’analyse que je vous livre ici, rejoint celle de la FAA (voir billet sur le sujet) publiée en début d’année.
Analyse du marché :
Alors que le transport aérien continue de s'enfoncer dans la crise, mais il est vrai avec un sensible ralentissement de la chute au printemps, Airbus entrevoit déjà le bout du tunnel. D'après ses dirigeants, non seulement l'année 2009 ne serait pas catastrophique pour le constructeur, qui prévoit de livrer presque autant d'avions qu'en 2008 (483), mais 2010 devrait être l'année de la reprise pour le transport aérien, avec un net rebond attendu en 2011. C'est ce qui ressort des scénarios présentés aux analystes par le directeur commercial d'Airbus, John Leahy. Selon lui, le trafic aérien mondial ne devrait pas reculer de plus de 2% cette année et devrait retrouver dès l'an prochain entre 0% et 4,5% de croissance, pour rebondir ensuite jusqu'à 6% en 2011.
Des hypothèses sensiblement différentes des dernières prévisions d'IATA, qui table sur un recul du trafic de 5,7% cette année et ne voit pas de reprise avant 2011 (voir billet sur le sujet). Mais contrairement à IATA, Airbus intègre dans ses calculs les compagnies à bas coûts, ainsi que les compagnies chinoises, dont le trafic reste en croissance. Surtout, le directeur commercial d'Airbus part du principe que la crise actuelle n'est pas différente des autres, qui s'étaient toutes terminées par un fort rebond du trafic. Sur ce point, Airbus semble également rejoindre la FAA (voir billet sur le sujet).

Airbus & Boeing, une même vision :
La superposition des courbes de trafic des crises précédentes semble lui donner raison .La crise du début des années 1990-1993 et celle de l'après-11 septembre s'étaient traduites par un recul du trafic de 3% à 4% la première année. Mais l'une comme l'autre avaient été suivies de rebonds spectaculaires, de 8% pour la première et de 14% pour la seconde. Sur une plus longue période, cette tendance au rattrapage se confirme. Malgré les crises successives, le trafic mondial double tous les quinze ans. Et selon Airbus, les quinze prochaines années ne devraient pas faire exception.
Voilà pourquoi ni Airbus ni Boeing n'ont voulu, jusqu'à présent, réduire drastiquement leurs cadences de production, mais adapter celles-ci en fonction de la demande !
![media_object_image_highres_A330-300_Finnair_27Mar09_hr[1].jpg](http://psk.blog.24heures.ch/media/01/01/1480179650.jpg)
Frein de la production :
En janvier dernier, l'avionneur européen avait seulement annoncé vouloir se limiter en 2010 à 34 mono couloirs (A320) et 8,5 couloirs (A330) par mois, ainsi que 18 A380, soit au total quelque 483 avions, niveau équivalent à celui de 2008 et 2009. Et ce, malgré les incertitudes pesant sur le financement des avions commandés, qui pourrait contraindre les compagnies désargentées à annuler leurs commandes, quel que soit le trafic. Jusqu'à présent, celles-ci sont toutefois restées relativement peu nombreuses, bien qu'elles soient supérieures aux nouvelles commandes chez Boeing (32 annulations pour 28 commandes au premier trimestre) et presque équivalentes chez Airbus (21 annulations pour 22 commandes). Ramené au carnet de commandes d'Airbus, le taux d'annulation reste pour l'heure de 3%, contre 6% en 2001. Pas de quoi impacter la production d'Airbus, sachant que l'avionneur a engrangé plus de commandes d'avions qu'il ne peut en produire. Pour les mono couloirs, le taux de « surbooking » atteindrait même 15%. Boeing vient d'annoncer de son côté un ralentissement de ses cadences.
La hausse du prix du kérosène a incité les compagnies aériennes à investir dans des appareils neufs, plus performants, pour réduire leur consommation, donc leurs dépenses en carburant. Les carnets de commandes des deux constructeurs Boeing et Airbus sont pleins pour au moins sept ans.
Du côté des équipementiers :
Le ralentissement actuel entraîne une chute de 7% soit 9 milliards d’euro. Recul du trafic passagers de 5%, 20% dans le fret sur ces dernier mois. Les compagnies aériennes qui ont passé d’importante commandes ces dernières années s’interrogent aujourd’hui sur la marche à suivre : prendre livraison des avions commandés en misant sur une reprise de la conjoncture, ou bien les reporters dans la perspective de jours meilleurs ? L’annulation n’est en soi qu’une solution de dernier recours car elle entraîne une perte d’un créneau de livraison et donc de développement.
Des leçons du passé
Enfin, Airbus a tiré certaines leçons du passé. Lors des crises des années 1990 et 2000, alors que Boeing avait opté pour une réduction drastique de sa production, de l'ordre de 50% en 2001, par crainte de se retrouver avec des avions sur les bras, Airbus s'était contenté de maintenir sa production. Résultat, les livraisons de Boeing avaient fort logiquement chuté de 50%, alors que celles de son concurrent n'avaient reculé que de 7%. Deux ans plus tard, Airbus passait devant Boeing en nombre de livraisons.
![media_object_image_highres_A319_Armavia_17Mar09_hr[1].jpg](http://psk.blog.24heures.ch/media/00/01/1502056135.jpg)
Billets sur la crise déjà en ligne :
http://psk.blog.24heures.ch/archive/2009/04/24/reprise-du...
http://psk.blog.24heures.ch/archive/2009/03/27/les-low-co...
http://psk.blog.24heures.ch/archive/2009/03/09/chute-du-t...
Photos : 1 A380 Quantas, 2 Chaîne de montage A320 en Chine. 3 A330-300 Finnair, 4 A319 Armavia. @ Airbus press Center.
12:46 Ecrit par Pascal dans aviation | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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