30/05/2008

Turbulences pour les constructeurs aéronautiques !

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Boeing annonce un retard de 15 moins pour son B787 Dreamliner, Airbus qui a déjà 18 mois de retard avec le programme l’A380 retarde de trois mois les livraisons à Air France et KLM, sans oublier les deux ans de retard du  programme de développement de l’A350 et L’A400 militaire (12mois) ! Si les deux grands constructeurs ont décidément de la peine à tenir les délais d’industrialisation, ils ne sont pas les seuls ! Le premier vol  L’ARJ-21 chinois est d’ors est déjà programmé avec 9 moins de retard et le récent décollage du Superjet 100 de Sukhoi s’est fait avec également 9 mois de décalage sur le calendrier initial ! Que se passe-t-il donc chez les constructeurs, pourquoi autant de retard ?

 

Résultats plombés :

Le groupe européen EADS assume une perte nette de 446 millions d’euros ce qui a fait plongé le titre en bourse. Ces mauvais chiffres sont dûs aux difficultés que traverse l’avionneur Airbus qui accumule les retards sur les principaux programmes soit l’A380, A350 et A400. Sans parler de l’exposition du groupe au dollar ! Chez Airbus l’ensemble des coûts sont répertoriés en euros (achats, salaires) alors que les avions sont vendus en dollar US !

A Seattle, le problème est différent, si le B787 et d’ors et déjà un succès et rapportera de gros bénéfices, les retards accumulés risquent non seulement d’augmenter la facture, mais la possibilité d’annulation de commandes est bien présente !

Quelles sont les causes de ces retards ?

L’industrialisation d’un avion est une chose compliquée et longue qui comprend de nombreux défis technologiques auquel doivent répondre de nombreux sous-traitants, et c’est bien là que se situe le noeud du problème ! Chez Boeing, on s’explique que les retards répétés sont dûs à une pénurie de composants, notamment des fixations, ce qui a mené Boeing à accomplir lui-même une partie du travail dévolu à ses partenaires industriels. De plus, le constructeur a ainsi été amené à revoir la conception de certaines pièces, et redessiner le logement du train d’atterrissage principal. L’assemblage du 787 impose de nouveaux procédés et Boeing fait appel à des technologies complexes qui confrontent les sous-traitants à de multiples problématiques inédites.

 De l’autre côté de l’atlantique, Airbus a rencontré des problèmes similaires avec l’A380. Les livraisons de câblages électriques ont été retardées faute de matière première, puis ce fût l’installation de ceux-ci qui posèrent problème sur le site de Hambourg.

En Chine, si l’ARJ-21 (voir billet précédent sur l’ARJ-21)est une copie du vénérable MD-90 le manque d’expérience dans le domaine du personnel et s’ajoutant  les difficultés linguistiques et technologiques dues à la collaboration avec des entreprises occidentales qui fournissent les éléments clefs de l’avion. Même soucis chez le Russe Sukhoi ou la collaboration avec des partenaires étrangers n’a pas été chose facile.

Sous-traitants sous pression :

L’industrie aéronautique se voit dans l’obligation de suivre le modèle de l’industrie automobile avec une réduction drastique des fournisseurs, chez Airbus ont estime devoir passer de 3000 à 500 et en simplifiant la chaîne de commande.

Le marché attend, les compagnies sont sous le  stress !  On estime à 22 700 le nombre d’appareils civils qui devront être construits d’ici 2025 soit un renouvellement complet de la flotte mondiale ! Les compagnies ont la vie dure, car avec la flambée du baril de pétrole additionné aux problèmes d’environnement,  certaine d’entre elles comptait bien rapidement remplacer des avions vieillissants et gourmands en kérosène par la nouvelle génération qui se fait attendre !

00:07 Écrit par Pascal dans aviation | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

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