06/03/2021

L’AT-5 « Yung Yin » bientôt prêt pour les tests opérationnels ! 

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L’avionneur taïwanais Aerospace Industrial Development Corporation (AIDC) a annoncé le 2 mars dernier que son avion d'entraînement avancé (AJT) AT-5 « Yung Yin » ( Brave Eagle ) serait bientôt prêt pour être livré à la Force aérienne de la République de Chine (RoCAF) afin de subir les tests opérationnels et son évaluation finale avant livraison.

L'annonce a été faite le jour où le président d’AIDC Hu Kai-hung a volé sur l'un des deux prototypes biplaces de l'AT-5 (11001, 11002) qui ont fait leur première présentation officielle en public. Le premier prototype du T-5, qui a été développé en collaboration avec le National Chung-Shan Institute of Science and Technology (NCSIST), a effectué son premier vol en juin 2020 soit environ neuf mois après son déploiement en septembre 2019. Le deuxième prototype a volé fin décembre 2020.

Le RoCAF devrait acquérir 66 AT-5 « Yung Yin » biplace dans le cadre d'un contrat de 2,2 milliards de dollars US attribué en 2017. L'avion devrait remplacer l’avion école AIDC AT-3 tandis qu'une variante d'attaque et de combat léger est destinée à remplacer les Northrop F-5 E/F Tiger II en service. La production de l'AT-5 devrait commencer fin 2021 et se poursuivre jusqu'en 2026. 

AIDC AT-5 « Yung Yin » (Brave Eagle ) :

Taïwan s'est engagé à développer un avion indigène pour répondre à ses besoins de formateur en février 2017, après avoir flirté avec l'acquisition du KAI T-50 ou du Leonardo M-346. À l'époque, le nouvel entraîneur taïwanais était connu sous le nom de « Blue Magpie ». L'avion « A1 » a été dévoilé lors d'une cérémonie le 24 septembre 2019, au cours de laquelle, il a été nommé Yung Yin (Brave Eagle) par la présidente Tsai Ing-wen.

Le développement de l'AT-5 a été dirigé parle le National Chung-Shan Institute of Science and Technology (NCSIST), qui a conçu une version simplifiée du chasseur de défense indigène F-CK-1D « Ching-kuo » biplace. Alors que l'IDF est propulsé par deux Honeywell / ITEC F125 avec postcombustion, l'AT-5 dispose des F124-200 similaires, mais sans postcombustion. Bien que basé sur le F-CK-1 « Ching-Kuo », l’avion incorpore 80% de nouveaux composants. Parmi les changements figurent l'utilisation accrue de matériaux composites pour réduire le poids, une plus grande capacité de carburant, le retrait du canon de bord. L'avion dispose d’une plus grande capacité de carburant interne que la variante opérationnelle, mais ne pourra pas transporter de réservoirs de carburant sous les ailes. Le profil aérodynamique dispose d’une section révisée, légèrement plus épaisse pour des vitesses d'approche et d'atterrissage plus basses, tandis que le train d'atterrissage sera également repensé. L’avion dispose d’une nouvelle avionique et d’un radar AESA. L’avion emportera les divers armements en service au sein de la RoCAF dont un canon en nacelle ventrale.

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Photos : le prototype 11001 de l’AT5 @ AIDC

04/03/2021

Le Diamond DA42 « Centaur » propriété d’armasuisse !

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Armasuisse louait depuis 2012 un aéronef spécial Diamond DA42 « Centaur OPA » pour effectuer des tests opérationnels et de développement. Dorénavant, l’avion est propriété d’armasuisse.

Aurora Flight Sciences, une société de Boeing, a annoncé aujourd'hui la vente internationale de son système Centaur OPA à armasuisse, l'agence d'approvisionnement de l'armée suisse.

« Centaur est une plate-forme idéale pour l'évaluation des capteurs aéroportés et le développement d'un système de détection et d'évitement pour les drones », a déclaré Roland Ledermann, responsable du programme des systèmes d'aéronefs sans pilote (UAS) d'armasuisse. « Après huit ans d'exploitation, l'achat de Centaur augmentera encore la flexibilité de son utilisation.

Dans les opérations de routine depuis 2012, Centaur intègre les capacités des avions non pilotés sur l'avion bimoteur Diamond DA42. Le système offre une portée exceptionnelle et de faibles coûts de cycle de vie pour de multiples missions de formation de l'équipage, de renseignement et d'essais en vol. Le système Centaur OPA d’Aurora fait partie de l’offre élargie de Boeing de solutions autonomes offrant des capacités permettant des missions du fond marin à l’espace.

Armasuisse teste à l'aide de cette nouvelle plate-forme technologique des capteurs pouvant être utilisés dans de futurs systèmes de drones. Les activités portent également sur les procédures « Sense and Avoid » destinées aux aéronefs sans pilote (UAS). Il permet d'acquérir le savoir-faire pour l’engagement de charges utiles dans le domaine SAR/SIGINT et de tester des concepts SOA (Service Orientierte Architektur) et d’effectuer des engagements dans le domaine SatCom.

La plate-forme technologique Centaur OPA ( Optionally-Piloted Aircraft ) est réalisée sur la base d'un avion bimoteurde type  Diamond Aircraft ( DA-42 ). Le DA-42 a été transformé en OPA par la société Aurora Flight Science, à Manassas (USA) qui appartient à Boeing. En Suisse Aurora dispose d’une importante antenne à Lucerne.

Le « Centaur » prend en charge trois modes de fonctionnement via des options pilotées, non pilotées et hybrides. En mode non piloté, l'aéronef est autonome d'avant décollage à après atterrissage, y compris les opérations de roulage à distance. Le mode hybride permet un contrôle depuis le sol avec un pilote de sécurité à bord de l'avion pour faciliter les tests. La conversion entre les modes de vol habité et sans pilote ne prend que quatre heures. Centaur est capable de transporter sa propre station de contrôle au sol, ce qui en fait le premier système d'avion sans pilote auto-déployable au monde.

Les Suisses sont des leaders dans le développement des opérations UAS dans des espaces aériens complexes et denses.

Diamond DA42 « Centaur OPA » :

Économique le Centaur est un avion bimoteur qui offre à la fois une efficacité exceptionnelle et qui est extrêmement silencieux. Le Centaur brûle moins de 40 livres de carburant par heure et peut rester dans les airs durant trois jours. Le bruit des moteurs a été spécialement atténué au point que l'aéronef et pratiquement indétectable à des altitudes de plus de 3’000 pieds depuis le sol.

En service depuis les installations de l’aérodrome d’Emmen, le Centaur sers à tester différents systèmes de navigation ainsi que les futurs systèmes de capteurs pouvant équiper les drones qui équiperont les Forces aériennes Suisses.

Le Diamond DA42 « Centaur OPA » ne fait pas partie de l’inventaire des Forces aériennes et seuls des pilotes d'armasuisse en prennent les commandes.

Au total, l’OPA peut revêtir les trois configurations suivantes :

Avec équipage : 1 pilote et 3 passagers (PAX) comme avion de liaison VFR/IFR (vol à vue/vol aux instruments), ou 1 pilote et 1 payload operator (siège arrière), engagement VFR/IFR

Hybride :1 pilote et 1 payload operator (siège arrière, si le payload operator est nécessaire), engagement : VFR/IFR

Sans équipage : pas d’équipage à bord, engagement VFR/IFR

Photo : Centaur en service au sein d’armasuisse @ DDPS

 

La Thaïlande va moderniser ses Gripen !

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La direction de l'ingénierie aéronautique (DAE) de la Royal Thaï Air Force (RTAF) a attribué un contrat pour la mise à niveau des 11 avions de combat multirôles Saab JAS 39 Gripen C/D à la dernière norme MS20. Le contrat est estimé à 20,84 millions de dollars.

L'exigence de la mise à niveau au standard MS20 est désirée depuis 2018 afin de garder la flotte d’avion de combat Gripen C/D à un haut niveau opérationnel. Pour des raisons financière cette dernière a été repoussée. Cette exigence a été réitérée dans le Livre blanc 2020 de la RTAF, avec une date de début prévue en 2021. Selon les informations disponibles, l’objectif de la RTAF est de doté les Gripen des dernières capacités disponibles pour l’avion. L’achat d’armement complémentaire comme le missile à longue portée MBDA Meteor et la mise à jour des AMRAAM et diverses bombes sera effectué plus tard avec un autre programme d’équipement.

Gripen C/D au standard MS20 :

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La modernisation au standard MS20 du Gripen C/D englobe les systèmes suivants : une nouvelle architecture électronique pour faire face à l’évolution des menaces et de la guerre électronique à venir. L’arrivée du radar PS-05 Mk4 à antenne mécanique est le développement le plus récent du radar PS-05. Une nouvelle configuration et un nouveau « back-end » complètent et permettent de renforcer les performances en matière de plage de fonctionnement et de détection. Cette nouvelle version à antenne mécanique permet à la version actuelle du Gripen d’emporter le missile MBDA Meteor et la dernière version du Raytheon AIM-120C7 AMRAAM. 

Le Saab JAS-39 Gripen C/D MS20 comprend : 

Le missile MBDA Meteor.

La bombe SDB (Small Diameter Bombe) GBU-39 ainsi que les GBU-22, GBU-10.

Une nouvelle application radar.

Amélioration de l’autoprotection.

Le GCA Ground Collision Avoidance System.

Des nouveaux équipements de protection (CBRN) qui permettent un vol dans une zone contaminée.

Diverses sécurités en matière de cyberguerre.

Amélioration de liaison électronique Link16 (OTAN) et Link TAU (liaison Gripen).

Amélioration de la liaison au sol CAA/JTAC.

Fonctions de reconnaissance étendues.

Petit rappel :

La Thaïlande a lancé le programme de remplacement partiel de ses Northrop F-5 E/F Tiger II, soit 15 machines appartenant au Squadron 701 basé à Surat Thani (Sud de la Thaïlande). Pour mémoire, la RTAF avait choisi dans les années nonante le Boeing F/A-18 Hornet, mais le contrat fût dénoncé par les Etats-Unis, faute de moyen de paiement du pays du sourire. En effet, celui-ci avait proposé faute de liquidités de payer la moitié des Hornet avec de la viande de poulet et des fruits !

Suite à une seconde évaluation au début des années 2000, c’est le Gripen suédois qui remporta le marché. La commande fût lancée en 2008 pour l’achat d’un premier lot de 6 avions (2 biplaces et 4 monoplaces) assortit d’une option pour 18 autres aéronefs. En parallèle, la RTAF a commandé également au constructeur suédois un Saab 340 Erieye (AEW) ainsi qu’une seconde machine en version commandement aérien et contrôle de liaisons de données. La flotte actuelle de Gripen en Thaïlande est de 11 aéronefs, un appareil ayant été perdu.

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Photos : 1 Gripen C RTAF @ Teerawut W 2 Gripen suédois au standard MS20, le Meteor est engagé au côté de diverses bombes  3 Gripen D @ RTAF

03/03/2021

Après l’Australie, l’Allemagne pourrait se désengager du Tigre !

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Rappelez-vous, je vous annonçais le retrait de l’Australie du programme d’hélicoptère européen Tigre en janvier dernier. Il semble que l’Allemagne puisse en faire autant, du moins la réflexion est engagée.

Fiabilité en cause :

Si la question était taboue en Europe contrairement à l’Australie jusqu’ici, Berlin met en cause la fiabilité de l’hélicoptère comme première raison d’un désengagement. La critique vient directement de la Bundeswehr. Cette dernière parle maintenant ouvertement de la faible disponibilité opérationnelle du Tigre. Afin de confirmer la critique, la Bundeswehr met en avant son Rapport sur la situation matérielle des principaux systèmes d'armement de de 2018, le ministère de la Défense a révélé qu'en moyenne, de 11,6 hélicoptères Tigre sur 53 étaient opérationnels. En janvier 2020, le chiffre est tombé à 8.

La modernisation en cause :

L’autre point de discorde concerne la mise à jour de la flotte de Tigre. Lors du dernier Conseil franco-allemand de défense et de sécurité qui s’est déroulé le 5 février 2021, la chancelière allemande Angela Merkel a déclaré que « pour moderniser le Tigre au standard 3, il y a toute une série de négociations à mener pour la partie allemande ». En effet, pour l’Allemagne, le programme de mise à jour ne garantirait pas une amélioration de la disponibilité de l’appareil et le coût de ce dernier, soit 5,5 milliards d'euros serait prohibitif.

L’Apache en embuscade :

L'Allemagne se dirigera-t-elle en direction de l’hélicoptère Apache BlockIII ? La question n’est pas encore tranchée, mais elle est déjà évoquée, Berlin semble avoir discrètement envoyé une lettre d’information à Boeing. Une décision pourrait être prise cet automne déjà.

Photo : Tigre ASGARD @ Bundeswehr

02/03/2021

Spirit of Innovation, l’avion électrique de Rolls-Royce !

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Le motoriste Rolls-Royce spécialisé dans les moteurs d’avions travaille sur un projet d’avion électrique à haute performances qui répond au joli nom de « Spirit of Innovation ». Ce projet fait partie d'une initiative appelée Accelerating Flight Electrification (ACCEL). La moitié du projet est financé par l'État par l'intermédiaire de l'Institut de technologie aérospatiale (ATI), en partenariat avec le ministère britannique des affaires, de l'énergie et de la stratégie industrielle ainsi qu'Innovate UK.

Pour l’équipe constituée par Rolls-Royce, l’avion électrique « Spirit of Innovation » de type zéro émission doit atteindre des records avec une vitesse cible, de plus de 300 km/h plus tard cette année déjà. Cette initiative en vue d’accélérer le développement d’une aviation plus respectueuse de l’environnement fait partie d’un programme de recherche de type STEM (science, technology, engineering and mathematics in an interdisciplinary and applied approach).

Ce volet du programme national est centré sur le vol, l'électricité, le recyclage et l'énergie durable. De fait, les ressources proviennent d’élèves de 6e année (3 à 11 ans) et différentes personnes de la société civile. Comme ils sont libres, les parents, les soignants, les enseignants, les éducateurs à domicile, les ambassadeurs STEM et les enfants curieux y ont accès. Ces ressources ont été conçues pour utiliser les ressources quotidiennes de la classe et de la maison. A la base, il s’agit de faire intervenir les différentes idées pour finalement concrétiser de nouvelles approchent qui permettent au final de révolutionner un domaine.

En partant de cette approche Rolls-Royce est parvenu à présenter son prototype d’avion électrique dans un temps record. En fin de semaine dernière le « Spirit of Innovation » a terminé les tests de roulage, se rapprochant ainsi de son vol inaugural. L'avion a démontré qu’il était capable de rouler par ses propres moyens le long d'une piste, propulsé par son groupe motopropulseur électrique de 500 chevaux. L'avion devrait prendre son envol pour la première fois au printemps prochain.

Pour atteindre son objectif ambitieux, Rolls-Royce s'est allié à deux sociétés britanniques : YASA, fabricant de moteurs électriques légers et de haute puissance, et Electroflight, une start-up spécialisée dans les groupes motopropulseurs électriques haute performance, y compris les systèmes de stockage d'énergie. Rolls-Royce estime qu'à pleine puissance, la combinaison du groupe motopropulseur électrique de 500 ch (400 kW)et d'un système de batterie avancé propulsera l'avion à plus de 300 mph, établissant un nouveau record mondial de vitesse pour le vol électrique.

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Photo : Le Spirit of Innovation @ Rolls-Royce